Signes et Symboles – l'Image des Choses – Les Choses par l'Image - Et Ailleurs aussi...

Héraldie, qui traverse sa quatrième année, est un blog essentiellement consacré à l'héraldique. Cependant, il est largement ouvert sur tous les domaines : histoire, géographie, philosophie, littérature, poésie, symbolique, logotypie, chromolithographie, vexillologie, philatélie, numismatique, sigillographie, tyrosémiophilie, tégestophilie, oenographilie... mais aussi la musique, la peinture, la sculpture et l'art en général. Ce blog a donc aussi vocation à constituer une banque d'images (environ 35 000 à ce jour) et, idéalement, un portail vers toutes ces spécialités singulières.

dimanche 5 juillet 2015

Intégrité

Toile d'Alex Alemany

Being alone is better than losing one’s integrity.


Mieux vaut être seul que perdre son intégrité...
Il n'est rien de plus vrai, hélas, que cette sentence !
Combien de relations nées d'une ambiguïté
S'abîment dans le désamour et même la souffrance ?

Combien de compromis finissent compromissions ?
Mais n'est-ce pas le péché contre la solitude
Qui nous emprisonne dans cette forme d'aliénation ?
Un amour qui ne libère est une servitude ;

Aimer une personne pour d'autres raisons qu'elle-même,
C'est la réduire et l'enfermer dans un système
Qui fatalement la placera en défaut.

Mais quand l'âme est nourrie, la relation est belle
Toujours car elle n'est pas simplement idéelle ;
Un amour conditionnel est un amour faux.

ML, Les nuits de Chelsea

samedi 4 juillet 2015

Le Fablier d'Héraldie



Au fil des mois, au rythme soutenu de deux par jour, le recueil de Poésie héraldique s'est considérablement enrichi de compositions originales, autant par les textes que par les blasons qui les illustrent ou les inspirent. L'ensemble forme désormais une somme remarquable et une galerie de blasons qui mérite une mise en valeur spéciale. Quand Cochonfucius investit l'héraldique, il n'y va pas de main morte, c'est le moins que l'on puisse dire. Il puise largement dans les partitions et les meubles qu'il combine de manière étonnante et souvent désopilante. Petit à petit, jour après jour, le lecteur a vu naître tout un monde qui allait bientôt entrer en épopée sous la plume inspirée de Pierrette Colas. Un double pont fut ainsi jeté : d'abord entre la poésie et l'héraldique, puis entre la fable et le conte. Aujourd'hui, le binôme Cochonfucius-Pierrette Colas forme une solide quadrature qui tourne plutôt rond. Voici donc, en hommage à ce travail, la galerie des blasons (plus de 300 dont la plupart composés par Cochonfucius lui-même) ayant jusqu'ici illustré ce que l'on pourrait appeler le Fablier d'Héraldie.

Lettre à Cochonfucius



Pierrette,                                                                                    Cochonfucius , Héraldie                                                                                     Pays de poésie



                                                                                  Héraldie, Le 4 juillet 2015


                                                    Cher Cochonfucius,


      Je vous écris cette lettre pour vous dire que je pars bientôt en vacances dans des contrées où je ne serai pas connectée au blog Héraldie, et à mon grand regret je vais être dans l'obligation d'arrêter durant cette période, l'écriture des contes.

     Je vais au pays des Trolls, je ne manquerai pas de me promener parmi leurs menhirs et leurs dolmens, je sais qu'ils seront là et qu'ils m'observeront mais je les respecte infiniment et il n'y a jamais eu de problèmes entre eux et moi. Puis je partirai au centre de l'Héraldie, c'est une contrée magnifique, verdoyante et montagneuse, là vit l'homme aux mains d'or, cet Héraldien façonne les blasons de telle sorte qu'ils sont parfaits, lumineux, à tel point qu'on distingue leur âme.

                                                                     
      De temps en temps j'aurai sûrement l'occasion dans tel ou tel lieu public de jeter un œil sur le blog Héraldie et je ne manquerai pas de le faire pour me maintenir au courant des événements et regarder vos nouveaux blasons accompagnés de leur sonnet, sans doute aurais-je aussi l'opportunité de publier ici ou là quelques sonnets. Quel beau travail vous nous offrez là !

      Je vous souhaite un bel été, Cochonfucius, et soyez sûr qu'étant moi-même moins présente, ma pensée ne vous quitte pas, comment quitter ma Muse d'ailleurs ?

Pierrette

De la laïcité après l'affaire Charlie

Retour sur un événement marqueur qui avait ouvert l'année 2015 et dont on n'a pas fini de parler. Le sujet demeure d'une actualité brûlante et parfois bien trouble...


L'esprit de l'escalier 25/01/15

Élisabeth Lévy et Alain Finkielkraut débattent chaque dimanche entre 12h et 12h30
sur les thèmes marquants de l'actualité sur les ondes de RCJ - 94.8 à Paris.

Lâcher prise



Si le Bouddhisme est l'une des sept religions
D'Héraldie, bien qu'étant moi-même - et dire je l'ose -
L'une des principales vestale du culte de la Rose,
Rien ne nous interdit de changer de région

Spirituelle selon les besoins de notre âme ;
L'intelligence des Héraldiens est dans l'esprit
De convergence car l'unité n'a pas de prix ;
Et celle-ci est tout le contraire de l'amalgame.

Le chant des moines m'accompagne en lâcher prise,
Les jours où je suis trop tendue ou trop éprise ;
Je me laisse ainsi porter par la compassion

Qu'inspire cette musique si étrange, si apaisante
Que je la conseille à toutes les personnes passantes ;
Dans le fond, la liberté est ma seule passion.

Jeux matinaux

Composition de l'auteur

La danse des jongleurs et du taureau d’argent
Au tout début du jour éveille la nature ;
La place du village oublie la nuit obscure,
Ce grand jeu divertit les bêtes et les gens.

Le centaure entreprend un parcours diligent,
Contournant du palais la fière architecture ;
Par la suite, il galope et part à l’aventure,
Car son emploi du temps ne compte rien d’urgent.

En contemplant ces jeux, mon faible cœur palpite,
Mon âme s’enthousiasme et mon esprit s’excite
Quand le soleil d’été fait resplendir les murs.

Les merveilleux jongleurs se déchaînent encore,
Ponctuant leurs efforts avec des cris sonores ;
On dirait qu’ils sont prêts à rejoindre l’azur.

Cochonfucius

Temps des acrobates

Composition de l'auteur

Le petit soldat saute, on dirait qu’il s”envole,
Passe au-dessus d’un lion, tombe sur le côté,
C’est une acrobatie d’une étrange beauté,
Même si la pratique en apparaît frivole.

Le prince au chef de sable exécute une danse
Dans un tunnel d’argent, creusé sous le palais ;
C’est un déplacement qui n’est vraiment pas laid,
Le prince a du métier, ça semble une évidence.

Le public applaudit, boit de l’eau minérale ;
Quels spectateurs comblés ! Pas un d’entre eux ne râle.

Cochonfucius

Vraie beauté

Toile de Vladimir Volegov

L'Amie, j'aimerais me promener au parc ; viens-tu ?
Nous porterons une ombrelle sous nos robes légères ;
Si je pouvais, je sortirais toute dévêtue
Car je n'aime rien tant que mettre mon corps à l'air.

Me tarde de retrouver la douceur angevine
Et notre petit univers, bien à l'abri
De ce monde de pudeur hypocrite qui s'avine
De piquette en prétendant boire du vin de prix.

Nous y chanterons la rose, le vin et la Loire ;
Nous abandonnant au bienfaisant nonchaloir,
Sans nous retenir ni de rire ni de pleurer ;

Laissant nos courbes inspirer la rondeur des rimes
Qui disent ces choses dont nos regards se font les mimes.
Ma mie, la vraie beauté ne peut que s'effleurer.

L'autophagie du monde

Toile de Gil Bruvel

vendredi 3 juillet 2015

Canicule

 Toile de Vicente Romero

Vais-je écrire deux trois mots ou préféré-je me taire ?
Les uns penseront : « C'est le spectre ! Il vaut mieux
Qu'il ne dise rien car il met plus bas que terre
Plus d'un ; bien rares sont ceux qui trouvent grâce à ses yeux. »

Il y aurait pourtant de quoi remplir plusieurs pages
Car la bêtise humaine poursuit sa progression ;
À croire qu'elle est vraiment sous l'effet d'un dopage !
 Donc rien ne s'arrange, c'est partout la régression.

Je suis un peu avachie par la canicule
Qui nous accable tous, de l'aube au crépuscule ;
Cela éveille en moi le respect du soleil

Que les consommateurs de beau temps s'imaginent
À leur bon service, quelle que soit leurs origines,
Rêvant même, pourquoi pas, de le mettre en bouteille.

Le spectre à trois faces
Cloué sur sa méridienne

Tribute


They fight for freedom
Against the barbarians
Who despise life.

Those Kurdish women are brave,
The pride of humanity.

Esther Ling

Café de la Paix


Index du recueil de Marie-Louise

Lettres à l'Ami

Viens en ma demeure

Toile de Tanvi Pathare

Viens en ma demeure reposer ton âme,
M'y dire la pensée des anciens jours.
Que jamais ne meurt dans ton cœur la fâme
D'une belle amitié à son aube toujours.

J'entrevois des choses l'azur souverain
Qui nous a mandés aux ultimes tenues ;
Car de nous la cause, forgée d'acérain
Et d'heur légendé, est fort advenue.

Ne tarde plus tant, les heures vaines s'écoulent
Sur les cités vides de cœur et d'esprit ;
Doux ami, entends les palais qui croulent,
Sur les rires avides noirs de tromperie. 

ML, Les nuits de Chelsea

Dialogue de juillet

Composition de l'auteur

Une double licorne interroge un oiseau
Invisible qui fuit la chaleur infernale :
— Où trouve-t-on de l’air ? Une fraîche rafale ?
Est-ce au fond des forêts ? Serait-ce auprès des eaux ?

— Licorne, je ne peux rafraîchir tes naseaux !
À toi de consommer des boissons tropicales,
Des élixirs secrets, des potions médicales
Que saurait concocter l’ondine des roseaux.

— J’irai donc voir l’ondine, et qu’elle passe au crible
Ses fameux ingrédients, même les plus horribles,
Pour contrer les effets de ce soleil de feu.

— Demain verra peut-être une heureuse nuée
Qui baignera l’herbage en sa fraîche buée ;
En attendant, rions, profitons du ciel bleu.

Pays banal

Composition de l'auteur

Pays du monstre d’or, pays comme les autres,
Quelques champs de sinople et des cours d’eau d’azur,
Vieux arbres, vieux buissons, vieux chemins et vieux murs ;
Le monstre est fatigué, dans l’herbage il se vautre.

Dans l’inframonde rouge, on voit le Maître Cygne ;
Il se montre, entouré de créatures d’or
Qui boivent du bon vin et chantent un peu fort,
Aucun voisin ne râle, entends-tu, c’est bon signe.

Encore un jour qui passe, un jour de canicule,
Je l’orne du blason de ce pays banal ;
Je ne compose pas son hymne national,
De peur de composer un hymne ridicule.

Héraldie ou la Communauté du Blason


Index des contes héraldiens écrits par Pierrette Colas

La religion en Héraldie


Maladie, vieillesse et mort, tel est le fondement de toute religion. Pourquoi... pourquoi faut-il souffrir puis mourir ? Les Héraldiens se posaient souvent cette question et de même qu'il y a sept mers en Héraldie, il y a sept religions : Bouddhisme, Trollisme, Déisme, Polythéisme, Culte de la Rose, Culte du fils du charpentier, Culte du Coq d'or.




jeudi 2 juillet 2015

L'univers du cochon

Composition de l'auteur

Le cochon parcourait le ciel d’or en rêvant,
Écoutant des bestiaux la fraîche symphonie,
Admirant le centaure à crinière jaunie
Qui de futurs exploits s’en allait poursuivant.

D’une lyre archaïque, il était le servant,
Y faisant retentir des rimes infinies ;
Cet ensemble formait la sage litanie
Qui donnait sa substance au délire fervent.

Pour qu’un jardin produise une rose divine,
Il faut un jardinier sans crainte des épines ;
Il faut un jardinier qui ne soit jamais las.

Le cochon qui vieillit renonce à toute lutte,
Il aime simplement le son d’un air de flûte
Venant accompagner la chanson que voilà.

Univers d'azur et de gueules

Composition de l'auteur

Au ciel d’azur, un calice d’or porte
Un serpent rouge au merveilleux attrait ;
Il sait les mots qui font s’ouvrir les portes,
Il sait un livre, il sait bien des secrets.

En rouge mer, la sirène soupire ;
D’un temps trop calme, on croit qu’elle se plaint ;
Ses soupirs sont des notes pour ma lyre,
Loin de la mer, dans le jour qui s’éteint.

L’oiseau blanc vole, et n’a point d’amertume :
La nostalgie n’a pas pu le briser.
Dans un grand feu, ses regrets se consument,
Par ce moyen, son cœur est apaisé.

Cochonfucius

Vicki Genfan - Blow out that flame

Liberté

Toile de Karol Bak

Ne crois surtout pas que je me prenne pour quelqu'un
Ni même que je me pique d'une quelconque importance ;
Je ne suis qu'une pauvre mortelle, comme un chacun ;
J'essaie de traverser au mieux mon existence

Sans sacrifier au Veau d'or ni à ses idoles
Annexes qui ont toutes le masque de la vanité ;
Je ne fais pas semblant de donner mon obole
Pour duper ma conscience prompte à la fatuité.

Je ne fais pas non plus mes prières rituelles
Pour faire plaisir à quelque dieu dominateur.
Pratiquer c'est mener une vie spirituelle

Dans la vie elle-même, en tous ses instants uniques ;
Observer les gens est plutôt révélateur :
Rares ceux qui sont libérés de l'instinct clanique.

Le spectre à trois faces
Sur le chemin des étoiles

Serenity

Painting by Karol Bak

Between night and day,
Time stops its blind race,
Solitude wins.

Sea, ground and sky are still,
A hidden world is revealed.

Esther Ling

Amazon

 

This world does notcare
It is blind, deaf and tongue-tied.
Recklessness reigns.

You, Messiah, you are asleep
But the amazons don’t give up.

Esther Ling

Vicki Genfan - Jamanolo

video
Painting by Bec Winnel

mercredi 1 juillet 2015

Considérations religieuses

Toile d'Anita Arbidane

Des sept religions qui ont cours en Héraldie,
Laquelle correspond le mieux à mon caractère ?
Mon cœur penche plutôt pour le jardin de féerie
Où l'on célèbre la rose qui est la fleur-mère.

Pourtant, point ne me déplaît d'aller voir ailleurs
Si l'herbe, comme tu le dis l'Ami, n'est pas plus verte ;
Mais je crains d'être un élément torpilleur
Ou du moins de tenir les dévots en alerte.

Chacun façonne son dieu à son bonne convenance ;
L'essentiel est qu'il y ait le moins de dissonance
Entre ce que dit la bouche et ce que fait la main ;

Et c'est bien là, trois fois hélas, que ça se gâte !
Lors, tout bien pesé - inutile que je me tâte -
Je demeure en celle dont je sais les lendemains.

Le spectre à trois faces
qui ne croit que s'il croît.

Solitude d'une sirène

Toile de Victor Bauer (né en 1969)

Ô sirène, combien de temps restes-tu assise
Ainsi sur le même rocher battu par les flots ?
Guettes-tu le retour de celui dont tu t'es éprise,
Un beau jour où tu le rencontras en ces eaux ?

À moins que tu n'attendes un marin de passage,
Navigateur solitaire qui sera la proie
De ton amour que l'on prétend anthropophage ?
Comment toi, si belle, pourrais-tu jeter l'effroi ?

Longs sont les jours d'attente ! Ô cruelle solitude !
Toi, dont le chant est si beau ; quelle ingratitude !
Ton âme est triste et tes larmes se mêlent à l'océan.

Je me reconnais bien en toi, gentille sirène,
Car moi aussi j'ai souventefois le cœur en peine ;
La vie n'est-elle donc qu'un voyage vers le néant ?

ML, Les nuits de Chelsea

Confrérie de gueules

Composition de l'auteur

Dans l’air nous suivons la voie lumineuse,
Comme Dupanloup volant en ballon ;
Planant bien plus haut que l’herbage blond,
Faisant moins de bruit qu’une moissonneuse.

Passant par-dessus montagne et vallon
En la compagnie de l’oie ricaneuse,
Sans daigner ouïr le chant des glaneuses
Que nous n’aimons point, car il est trop long.

D’un de nos pareils, quand survient la chute,
On se réunit, puis on en discute ;
On le fait soigner dans un vieux manoir.

Une fois guéri, que de tintamarre !
Les gens du château en ont vite marre,
Nous déguerpissons, sous leur regard noir.

Cochonfucius

Rêveur de mondes

Composition de l'auteur

Dans le sable des nuits rêvait le Bouddha d’or.
Il voyait un coq d’or, un démon pris dans l’ambre,
Un séraphin d’avril, une nef de novembre,
Un vieux dragon d’argent parlant un jargon mort.

Au-devant d’une auberge, un cheval taciturne
Buvait un alcool fort, aux lueurs des flambeaux ;
Le roi des animaux, couché près d’un tombeau,
Écoutait la chanson d’un grand iris nocturne.

Le bouddha d’or songeait, dans le sable des nuits ;
De ce songe divin furent éclos neuf mondes
Et leurs neuf firmaments s’étendant sur les ondes.
Quand il s’est éveillé, tout ce beau monde a fui.

Cochonfucius