Signes et Symboles – l'Image des Choses – Les Choses par l'Image - Et Ailleurs aussi...

Héraldie, qui traverse sa troisième année, est un blog essentiellement consacré à l'héraldique et à la mémoire de l'École Lacordaire, dans le 15e arrondissement de Paris. Cependant, il est largement ouvert sur tous les domaines : histoire, géographie, philosophie, littérature, symbolique, logotypie, chromolithographie, vexillologie, philatélie, numismatique, sigillographie, tyrosémiophilie, tégestophilie, oenographilie... mais aussi la musique, la peinture, la sculpture et l'art en général. Ce blog a donc aussi vocation à constituer une banque d'images (environ 25 000 à ce jour) et, idéalement, un portail vers toutes ces spécialités singulières.

"The whole of heraldry and of chivalry is in courtesy." – Ralph Waldo Emerson

lundi 29 septembre 2014

Aux origines du commerce

Il est hors de doute que bien avant les temps historiques, les hommes ont pratiqué le commerce dans sa forme la plus élémentaire : l'échange d'un objet contre un autre. Les matières les plus diverses, comme le silex servant à confectionner les outils, le cristal de roche, le corail, des coquillages, etc., formaient la base de ces échanges. Dans les cités lacustres de la Suisse on a même découvert des coraux de la Méditerranée que le trafic seul a pu amener si loin de leur lieu d'origine. Les ateliers de fabrication d'outils en silex, que l'on sait avoir existé en masse dans l'île de Rugen, constituaient un centre important du commerce préhistorique.

L'Archange Michel en héraldique

L'archange Michel est principalement représenté en chevalier ailé qui terrasse le Diable (allégorie de la victoire de la foi chrétienne sur le mal). Il est également représenté avec la balance du jugement dernier, juge (psychostasie) et guide (psychopompe) du salut des âmes pour l'Enfer ou le Paradis. Il est fêté principalement les 29 septembre et 8 novembre, mais aussi le 8 mai, 6 septembre, 16 octobre et le troisième dimanche de Pâques (c'est-à-dire le deuxième dimanche après Pâques).

29 septembre : l'ancienne Louée de la saint-Michel

La Saint-Michel, fêtée le 29 septembre, était, dans la France rurale d'autrefois, la principale date de la louée d'hiver. Ce jour-là, les domestiques et les employeurs se rencontraient pour renouveler les contrats d'embauche et en débattre les conditions, chaque partie à son avantage, comme il se doit. D'un côté, le saisonnier faisait état de ses bons services et de son ardeur au travail, de l'autre, le patron vantait les avantages à travailler pour lui. Après avoir digressé sur la qualité des terres et du bétail, sur l'art de faire ceci ou cela, on discutait ferme sur les conditions pécuniaires, le manger, le coucher... Enfin, on finissait par s'accorder et la parole donnée avait valeur de contrat. «Tope-là, cochon qui s'en dédit !» Ces marchés à l’embauche restèrent très fréquentés jusqu’au milieu des années 50, car la bonne marche du monde paysan en dépendait. La mécanisation progressive des exploitations fermières, l'évolution du mode et du niveau de vie feront disparaître petit à petit tout ce petit monde laborieux des campagnes.

Le nouveau blason de Yann G.

Écartelé, le 1 de Bretagne, le 2 de sable au cheval passant d'argent criné, onglé et à la queue d'or, le 3 d'azur à la tête de pygargue au naturel contournée d'argent et le 4 de gueules au triskèle d'or.

dimanche 28 septembre 2014

Varus, rends-moi mes légions !

En l'an 6 de notre ère, Publius Varus Quinctilius est affecté à superviser la consolidation de la nouvelle province de Germanie. Bien qu'administrateur expérimenté, Varus a rapidement développé une réputation d'arrogance et de la cruauté. Sa politique de taxation lourde (la fiscalité outrancière est souvent à l'origine des grands bouleversements historiques) et son manque de respect pour la culture germanique amènent beaucoup de tribus, alliées à Rome, à reconsidérer leur position et conduisent d'autres, jusqu'alors neutres, à la rébellion ouverte. Au cours de l'été de l'an 9, Varus et ses légions travaillent à réprimer plusieurs petites rébellions le long de la frontière de l'Empire. 

Dans ces campagnes, Varus commande trois légions (les XVII,e XVIIIe et XIXe), six cohortes d'auxiliaires et trois escadrons de cavalerie. Cette armée considérable est complétée par les troupes germaines alliées, dont la tribu Chérusque dirigée par Arminius. Ce proche conseiller de Varus, avait passé du temps à Rome comme otage, un séjour au cours duquel il s'était familiarisé avec les théories et les pratiques militaires romaines. Conscient du fait que la politique de Varus est à l'origine des troubles, Arminius travaille secrètement à unir la plupart des tribus germaniques contre les Romains. Il infligera à Rome une des plus cuisantes et des plus humiliantes défaites de son histoire, lors de la fameuse bataille de la forêt de Teutobourg


Ce désastre militaire est vécu comme un traumatisme à l'époque. Les troupes romaines furent toutes massacrées, Varus se suicida en se jetant sur son épée. Sa tête fut coupée, son corps mutilé. Sa tête parvint ensuite à l'empereur Auguste, effondré, qui eut cette phrase: « Vare, legiones redde » « Varus, rends-moi mes légions ! ». 

Paris par arrondissements en 1882

Chromolithographies éditées par le Fabricant Horloger-Bijoutier E. Villard du Boulevard Magenta et comportant en leur verso le calendrier de l'année 1882. Chaque image donne le plan de l'arrondissement et illustre son monument le plus emblématique ainsi que ses activités humaines les plus caractéristiques.

samedi 27 septembre 2014

George Bernard Shaw (1856-1950) : citations choisies

George Bernard Shaw (1856-1950) est un critique musical et dramaturge irlandais, essayiste, scénariste, et auteur célèbre de pièces de théâtre. Irlandais acerbe et provocateur, pacifiste et anticonformiste, il obtint le prix Nobel de littérature en 1925. Bernard Shaw est un penseur à rebrousse-poil dont les propos n'ont rien perdu de leur mordant, c'est-à-dire de leur actualité. On ne refait pas les hommes, surtout pas ceux de notre temps.


Je suppose que vous pensez rarement. Il y a très peu de gens qui pensent plus de trois ou quatre fois par an. Moi qui vous parle, je dois ma célébrité à ce que je pense une ou deux fois par semaine.
Début d'une allocution

Un bourgeois est un homme modérément honnête, avec une épouse modérément fidèle, et des enfants modérément élevés, tous deux buveurs modérés, qui vivent dans une maison modérément confortable.

Une femme s'inquiète de l'avenir jusqu'à ce qu'elle ait trouvé un mari, tandis qu'un homme ne s'inquiète de l'avenir que lorsqu'il a trouvé une femme.

Madame est servie

Madame est servie ? Ne serait-ce pas plutôt Monsieur, tandis que Madame a passé la matinée derrière les fourneaux ? Certes, il arrive à Monsieur de se piquer de cuisine, après avoir, la veille, surfé sur Marmiton.com, mais pour la tambouille quotidienne - l'ordinaire, en somme - bonjour ! c'est le plus souvent Madame qui est commise aux casseroles, d'amont en aval. La cuisine est un plaisir ou une corvée, c'est selon. Il y a la cuisine routinière, souvent casse-tête (Que manger aujourd'hui ? Encore des pâtes...) et la cuisine festive, avec l'embarras du choix. Mais rien n'empêche de cumuler...

Ce soir, nous ferons bombance. Nous commencerons par une Soupe au Potiron suivie d'Oignons farcis puis de Merlans au gratin ; après ces aimables amuse-bouches seront servis, dans l'ordre : Poulet Carnot, Filet de Bœuf sauce aux olives et Daube de Sanglier au Cognac. Et comme nous sommes tout de même raisonnables, nous nous passerons de dessert. Le cas échéant, nous ouvrirons une boîte de salade de fruits. Il doit bien en rester quelqu'une dans le placard.

vendredi 26 septembre 2014

Le mur de briques

Le dernier billet de Marie-Louise sur la céramique évoque, entre autres, la fabrication de la brique... Cela m'a curieusement renvoyé à la photo d'un mur que j'avais prise dans la cour de l'école Lacordaire, il y a de ça quelques années déjà, un mur de briques justement. Je me souviens avoir longtemps considéré chaque brique, imaginant les mains inconnues, sans doute déjà disparues de ce monde, qui les ont façonnées. Les mains et la personne. Si à ce moment-là, on lui eût dit : « Les briques que tu es en train de mouler serviront à construire un mur que quelqu'un prendra un jour en photo et cette photo fera le tour du monde. »... peut-être eût-elle haussé les épaules, se demandant quel pouvait bien être l'intérêt de photographier un mur en briques semblable à d'autres murs en briques... Mais est-ce bien un mur en briques que j'avais alors photographié ou l'image matérielle de mon état intérieur ? Avais-je perçu ce mur en tant que tel ou comme le symbole de l'obstacle, de l'isolement, de la séparation, de la limite... ? Comme quelque chose qui enferme ou quelque chose qui protège ? Ce mur de briques était-il un signe prémonitoire ? le point alpha d'un enchaînement de choses ? D'enchaînement ou de déchaînement ? Allais-je être mis au pied du mur ou dos au mur ? Allais-je me heurter à un mur ou faire le mur ?

Le mur ne retient ni la lumière ni la nuit, écrit le poète Georges Drano. Il est le corps de l’ombre. Il sépare ce que nous savons de ce que nous sommes.

Les murs de briques qui se trouvent sur notre chemin sont là pour une raison : nous pousser à nous dépasser pour obtenir ce que nous voulons vraiment. (Randy Pausch, Le dernier discours, 2008)



Mais peut-être est-ce aussi pour cette autre raison : nous signifier que s'obstiner, c'est aller droit dans le mur...

L'esprit des murs ressemble parfois à un miroir imaginaire où vacille le reflet éteint du passé. (Michèle Lesbre, La Petite Trotteuse, 2005)

Les merveilles de l'art industriel : la Céramique

Petit exposé sur la fabrication de la brique, de la faïence, du grès cérame, de la terre cuite émaillée et de la porcelaine illustré par des chromolithographies de la Belle Époque...

jeudi 25 septembre 2014

Cochonfucius : Chevalier inexistant (sonnet)

Le poète Cochonfucius, déjà évoqué dans un récent billet, comble un quasi vide en terme de poésie héraldique. Après Armes de la Muse, voici Chevalier inexistant, un sonnet qui se lit comme une fable. Ou est-ce le contraire ?

Son blason est d’azur à deux vaches placides.
Il n’exista jamais, ce noble Chevalier,
Aux lois de l’existence il n’a su se plier,
Ni aux plages d’ennui, ni aux amours torrides.

Il ne connut la soif aux campagnes arides,
Ni les maris jaloux croisés dans l’escalier,
Ni d’un doux serviteur les propos familiers ;
L’on ouvre son armure et l’on voit qu’elle est vide.

 


Calvino, cependant, à grands coups de pinceau
Fait vivre devant nous l’étrange jouvenceau ;
Fable pour notre temps, récit mélancolique.

Il ne va nulle part, ce redresseur de torts,
Mais en plus des bovins, son écu métallique
Arbore, lumineux, deux candélabres d’or.

Le nouveau blason d'Alice M.

Écartelé, le 1 d'argent au cœur de gueules, le 2 d'azur au livre ouvert d'or, le 3 du même à la main de carnation habillée de pourpre tenant une plume du même, le 4 de sinople à la lettre A d'argent.

Le blason de Rami C.

Tiercé en pairle, le 1 d'azur au sautoir de raquettes de tennis d'or surmonté d'une balle d'argent, le 2 de gueules au loup statant et hurlant d'argent, le 3 de sable au serpent ondoyant d'or posé en barre.

Pour Rami, le loup représente la rapidité et le serpent la discrétion.

Le nouveau blason d'Amira S.A.

Écartelé, au 1 de gueules au livre ouvert et au 2 d'or à la feuille d'érable de l'un à l'autre, au 3 d'azur au symbole de paix et au 4 d'argent à la goutte d'eau de l'un à l'autre.






 

Le nouveau blason de Sabrine E.R.

Sabrine aime la lecture, une passion symbolisée par le livre ; du fait qu'il soit ouvert indique qu'elle en a une pratique régulière (toujours un livre en route et sous la main). La plume d'oie symbolise la communication par l'écriture et le dessin ; du fait d'être dans un encrier indique qu'elle est toujours prête à l'action. Les fleurs de lys évoquent la période classique, notamment celle de Louis XIV. Sabrine s'exprime naturellement de manière élégante et soutenue. C'est une marquise dans l'âme. Ce blason la représente parfaitement.

Parti de pourpre au livre ouvert d'argent et de sable à la plume du même posée en barre dans un encrier d'or, le chef cousu d'azur à trois fleurs de lys d'or aussi.

mercredi 24 septembre 2014

Costumes anglais du 12e au 16e siècle

Cette série de douze chromolithographies parues en 1927 met en scène différents personnages de l'Angleterre médiévale et illustre l'évolution des costumes. Ce billet s'inscrit dans la suite de ceux déjà publiés sur l'histoire de la mode.

La rue de la Convention à la Belle Époque

La rue de la Convention, dans le 15e arrondissement de Paris, débute dans le prolongement du Pont Mirabeau et finit sur la place Charles-Vallin. La rue de Vouillé assure la continuité de cet axe. Elle tient son nom de la Convention nationale, assemblée qui a siégé de 1792 à 1795. Ouverte en janvier 1888, cette voie a absorbé une partie de l'ancienne rue Lemoult, précédemment rue Caroline.

Le nouveau blason d'Arthur F.

Le nouveau blason d'Arthur s'inscrit dans une cohérence : l'étoile éclaire la nuit de l'ignorance grâce à la lecture et à l'étude, ce qui conduit finalement à la connaissance. Là est aussi l'intelligence.

Coupé mi-parti en chef, le 1er de sable à une étoile, le 2e d'azur à un livre ouvert, le 3e de sinople aux lettres grecques Alpha et Oméga entrelacées, le tout d'or.

Le nouveau blason de Lina B.

Lina nous revient avec un blason tout végétalisé : feuille de tilleul, rameau de pêcher et thé bu dans un mug idéalement british qui pour elle symbolise la zen attitude.

Tiercé en barre de pourpre et d'argent, le 1er à la feuille de tilleul du même, le 2e au rameau fleuri de pêcher au naturel et le 3e au mug d'argent aussi, portant l'inscription « THÉ » de sable.


mardi 23 septembre 2014

La poésie des saisons 1

Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l'obscurité, la lumière, les éléments, les aliments, le bruit, le silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine, et sur notre âme. (Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, 1782-1789)

Nouvelle-Zélande : l'Union Jack en flottement

Alors que les résultats du récent référendum écossais ont reconduit l'Union Jack, l'emblème par excellence du Royaume-Uni, voici qu'il se trouve à nouveau remis en question, mais en Nouvelle-Zélande cette fois-ci. L'ancienne colonie britannique, passée en dominion en 1907 et devenue indépendante en 1947, cherche à effacer le dernier signe de son ancienne vassalité. C'est du moins l'idée du Premier ministre néo-zélandais, John Key, qui estime que l'étendard de son pays ressemble trop à ceux d'autres anciennes colonies britanniques. La question pourrait donc être soumise à un référendum en 2015. En janvier dernier, John Key avait déjà envisagé d'apposer une fougère argentée sur le drapeau national, une plante qui, à l'instar de la feuille d'érable canadienne, symbolise davantage son pays. Mais la chose, pourtant périodiquement débattue depuis des décennies, est loin de faire consensus et la population reste très divisée sur la question. Plus de 72% de Néo-Zélandais ne sont pas prêts à changer de drapeau. C'est dire à quel point un emblème peut constituer un sujet sensible. Cela démontre du moins le poids des symboles dans leur fonction d'identité visuelle.

lundi 22 septembre 2014

Retour à André Citroën (le parc) : épisode 5

Léo Malet : Les Eaux troubles de Javel
Les Eaux troubles de Javel est un roman policier français de Léo Malet, paru en 1957 aux Éditions Robert Laffont. Il fait partie de la série ayant pour héros Nestor Burma et est le dixième des Nouveaux Mystères de Paris. Le roman se déroule en 1956 à Paris, dans un 15ème arrondissement populaire, rythmé par les embauches et débauches de l’usine Citroën du quai de Javel.

Paul Demessy, un ancien clochard devenu manœuvre métallurgiste, a disparu de son domicile de la rue de la Saïda. Sa femme Hortense, enceinte et inquiète, sollicite le détective Nestor Burma qui a bien connu l’ouvrier, l'ayant sorti de la rue, quelques années auparavant. Nestor Burma part donc à sa recherche. Usines Citroën, Bal Nègre de la rue Blomet, café maure de la rue Payen, pont Mirabeau... tel est l'itinéraire de la promenade que le fameux détective entreprend, avec des cadavres en guise de bornes kilométriques. Et se mouvant au milieu du mystère, tantôt pour l'éclairer, tantôt pour l'épaissir, trois femmes : Zorga-Tinéa, la voyante qui opère à l'ombre du Vel'd'Hiv ; Wanda, la blonde de la place de Breteuil et la capiteuse Jeanne, qui scandalise si fort les locataires d'une sinistre H.L.M. 

Le nouveau blason de Tiphaine G.

C'est Tiphaine qui ouvre la nouvelle saison héraldique. Celle-ci promet d'être féconde, d'autant plus que Sainte-Elisabeth est également de nouveau de la partie.

Tiercé en barre, le 1 d'argent à la groseille au naturel, le 2 de pourpre au renard passant contourné d'argent, le 3 d'azur à l'arum d'argent au pistil d'or et tigée du même.

La groseille évoque un souvenir heureux ; le renard est l'animal dans lequel je me reconnais le plus ; quant à l'arum, dont j'aime l'élégance, c'est ma fleur préférée.

15 leçons de morale ou presque

Jadis, les leçons de morale s'inscrivaient dans une pratique quasi quotidienne de la classe. On promouvait les devoirs comme aujourd'hui les droits. On célébrait les qualités et les vertus de l'urbanité dans le cadre d'une société aux valeurs partagées. Des gravures illustrées de scènes typiques servaient de supports.

dimanche 21 septembre 2014

Pays de Poésie ou Voyage en sonnets vers Ailleurs

Si vous aimez la poésie – il faut aimer la poésie car c'est la jouvence de l'âme – alors entrez de temps à autre en Pays de Poésie et lisez un et même plusieurs sonnets de Cochonfucius (qui vous expliquera lui-même les tenants et aboutissants de ce truculent pseudonyme). Le poète transmue le plomb des mots en or de la parole. Cochonfucius est à la fois un alchimiste et un bouilleur de cru. Toute pensée commence par un poème, écrivait Alain à propos de Valéry, comme en écho à ces mots de Victor Hugo : « La poésie contient la philosophie comme l'âme contient la raison. » (Post-scriptum de ma vie, œuvre posthume, 1901). La poésie de Cochonfucius est fluide et consistante, puissante et légère. Cet homme-là aime les mots et ils le lui rendent bien. La lecture quotidienne d'un de ses sonnets, d'une ode ou d'une ballade (la table est généreuse) est comme une cure de compléments alimentaires : ça immunise et renforce le terrain. Le métabolisme est garanti. L'Ailleurs aussi.
La muse a pour blason la très simple peinture
D’une femme qui tient la Lune (un croissant fin)
Sous le regard d’un monstre (ou serait-ce un dauphin ?)
Et qu’accompagne aussi un centaure immature.

Kutiman : Thru You Too - Give it up

Le musicien et compositeur israélien Kutiman a parcouru YouTube pour mettre bout à bout les compositions d'inconnus et créer le morceau Give It Up : Une chanteuse seule devant sa webcam, une petite fille filmée pour son premier morceau de piano, un guitariste en plein solo... Le résultat est extraordinaire. Du blues de chez Blues. Pour les mélomanes qui aiment la musique qui a de l'âme...

Retour à André Citroën (le parc) : épisode 4

En 1913, l’entrepreneur André Citroën crée une entreprise d’engrenage dont la denture en forme de chevrons deviendra le logo de la marque. En 1915, celui-ci achète un terrain de 22 hectares bordant le Quai de Javel, alors peu urbanisé, pour y monter une usine de munitions et d'obus dont a grand besoin l'armée française empêtrée dans la guerre de position. En 1919, l'usine sera reconvertie en fabrique d'automobiles.

Les Petites Mains ou histoire de mode enfantine

http://les8petites8mains.blogspot.fr/
Popeline, une ex-styliste en mode enfantine, passionnée d'histoire de la mode et du costume, s'est reconvertie dans l'écriture professionnelle. Son blog s'intéresse particulièrement à un domaine, sinon laissé en friche, du moins rarement traité : celui de la mode enfantine. Mais elle ne s'interdit pas de développer des sujets plus globaux. Popeline nous gratifie d'un blog très documenté, avec des articles de fond. Il constitue en même temps un véritable portail par les nombreux liens qu'il offre. Une mine à mettre dans vos favoris, sans l'ombre d'une hésitation. Cliquez sur l'image d'en-tête pour accéder au blog.

Retour à André Citroën (le parc) : épisode 3

En 1777, le comte d'Artois, le plus jeune frère de Louis XVI et futur Charles X, seigneur du petit village de Javel, y implante une manufacture de produits chimiques où sera élaborée la fameuse eau de Javel.

samedi 20 septembre 2014

Retour à André Citroën (le parc) : épisode 2

Je suis donc allé seul au parc André Citroën, pris d'une envie de verdure et de bord de Seine, malgré ma réticence à m'y rendre. Peut-être par crainte de basculer de l'autre côté du temps et d'y devoir affronter certains fantômes du passé... Vivre dans l'instant en pleine conscience c'est aussi entrer dans le temps vertical. Frôler l'éternel présent. Où il n'y a plus de chronologie. Tout alors est intérieur et tout s'interpénètre.

vendredi 19 septembre 2014

Retour à André Citroën (le parc) : épisode 1

L'atmosphère était particulièrement lourde et moite. Les élèves ont macéré toute la journée dans une étuve de quatre murs. Des envies de tartampionner mais un programme implacable qui accable finalement tout le monde. J'aurais pu leur lancer : « Laissons là nos cahiers et nos fiches et courons au parc. Roulons-nous dans l'herbe et chamaillons-nous pour des riens à n'en plus finir. Respirons la vie et humons l'instant. Soyons fous, il y aura toujours assez de temps - trop même - pour être raisonnables. » Mais c'eût été suicidaire. Autant donner de l'alcool à un alcoolique ! Les enfants sont naturellement joyeux, sans autre restriction que la fatigue. Ils ne jouent pas à se détendre, comme le font les adultes. Ce serait plutôt l'inverse : ils jouent à être sérieux. Par obligation. Comme les adultes d'ailleurs, mais sans s'encombrer de principes. Sans affectation donc. L'enfant est toujours vrai. L'adulte rarement. L'enfant, c'est du pur jus d'humanité. Une aube. Du meilleur comme du pire. Mais c'est une aube quand même et c'est cela seul qui compte. Le prendre tel qu'il est et non pas tel que l'on voudrait qu'il fût. C'est la base. Et cette base peut devenir un terrain d'envol. Rien n'est encore joué de manière irréversible. Tout demeure possible. C'est la clef. Quand, par instinct, les enfants sentent cet esprit-là, ils vous suivent. Avec toutes les casseroles de leurs imperfections mais de tout leur être. Les enfants sont toujours entiers. Leur côté partagé leur vient des adultes dont ils sont le reflet. Personne n'est terminé. Nous sommes tous à recommencer. Les enfants nous en apprennent beaucoup là-dessus. Mais il faut savoir appuyer sur le bon bouton. Et quand, enfin, on sait le faire, il est temps de quitter le navire. C'est normal. On risque, sinon, de leur faire brûler des étapes. Le contraste générationnel peut être explosif. Non pas d'un point de vue conflictuel – ce qu'il est de toute façon – mais en terme de transmission. Beaucoup d'enfants pourraient donner des leçons à beaucoup d'adultes. Beaucoup ? C'est peu dire : de plus en plus ! Car le monde d'aujourd'hui, qui file le mauvais coton de l'absurde, est de moins en moins crédible. Les choses tournerait même à la farce si n'était le côté dramatique des choses. Il y a, d'un côté, ceux qui savent bien parler de l'intérêt des enfants ; de l'autre, ceux qui s'y intéressent vraiment. C'est une question de pratique. Quand on ne l'a pas, il est sage de se taire. Difficile quand le bavardage est devenu un fond de commerce et même une profession...

God save the Queen !

Les résultats du referendum écossais sont tombés ce matin : le Royaume-Uni est sauf. God save the Queen ! Les Écossais ont donc décidé de demeurer dans l'Union. Ils ont peut-être eu de l'instinct après tout...  Car si le « oui » l'avait emporté, plus rien n'aurait été comme avant et les conséquences de cet événement auraient été lourdes des deux côtés. Certes, on eût pu se réjouir de la victoire du « oui » par quoi le peuple écossais était enfin rendu à lui-même, chose que l'on peut, par souci de cohérence, souhaiter à tous les peuples dont l'âme n'est pas morte. Les empires continuent de s'effondrer et l'Histoire est en train de se démailler. Mais on eût pu tout autant s'affliger de la chose dans la mesure où l'éclatement des pays entre tout à fait dans la logique ultralibérale de la liquidation des états souverains, au profit d'une redistribution géo-politique basée sur les régions réduites à des zones économiques, c'est-à-dire ramenées à une échelle plus flexible et idéalement transnationales. Certains y voient même comme un retour au patchwork territorial de l'époque féodale. Ce n'est pas tout d'être indépendant, encore faut-il être souverain. Or, c'est justement la souveraineté des états que le globalisme marchand et financier cherche à torpiller. Diviser pour régner, la recette est vieille comme le monde. L'éclatement des grands ensembles politiques en plusieurs pays est un facteur de fragilisation dans le contexte carnassier actuel. Les grands états sont endettés à un point tel que leur prétendue souveraineté n'est plus qu'une étiquette sur une boîte vide. Le château de cartes est à la merci du moindre éternuement et ceux qui s'imaginent que les choses vont aller en s'améliorant peuvent toujours rêver debout. Ils se retrouveront seuls au réveil et le choc sera brutal... Quand sonnera l'hallali, ce sera chacun pour soi. Yes, God save the Queen and our souls !

jeudi 18 septembre 2014

Paris, Londres, Byzance, Venise, Vienne et Berlin

Épisodes historiques de six villes célèbres...

La pensée du jour : Emmanuel Kant (1724-1804)

Celui qui aime peut encore y voir, mais l'amoureux fou est nécessairement aveugle sur les défauts de l'objet aimé, bien que, huit jours après le mariage, il recouvre ordinairement la vue.
Anthropologie d'un point de vue pragmatique (1798)
 
L'amour de soi, pris comme principe de toutes nos maximes, est la source de tout mal.
La religion dans les limites de la simple raison (1793)
 
Des pensées sans matière sont vides, des intuitions sans concepts sont aveugles. Critique de la Raison pure (1781)
 
La mode n'est donc pas à vrai dire une affaire de goût (elle peut être à un point extrême contraire au goût), mais simplement de vain désir de se donner de grands airs, et d'émulation à se surpasser de la sorte les uns les autres.
Anthropologie du point de vue pragmatique (1798)
 

mercredi 17 septembre 2014

Photo de classe Lacordaire : la 9ème B de 1967

Classe de 9ème B - CE2 prise le 19 juin 1967 par M. Choir

Fêtes religieuses de l'Antiquité

De tous temps, les hommes ont éprouvé le besoin de marquer particulièrement certaines périodes de l'année, notamment le printemps, la saison où la nature endormie renaît, et le moment de la moisson, au cours de l'été, un événement vital car il assurait l'essentiel de la nourriture pour le restant de l'année. Ces fêtes se faisaient toutes en l'honneur d'une divinité. Chez les anciens, le monde n'était pas une froide mécanique dépourvue de conscience mais le champ d'expressions d'entités supérieures qui présidaient à la destinée et à l'évolution des hommes.

mardi 16 septembre 2014

Le quartier Lacordaire (Paris 15e) à la Belle-Époque

Les cartes postales datent pour la plupart du début du XXe siècle, avec, notamment des vues de la rue Saint-Charles et de l'hôpital Boucicaut.

Proverbes bilingues franco-anglais

Des chromos d'avant-guerre, comme on dit, illustrant de manière truculente quelques grands proverbes classiques. L'humour d'une époque...

Proverbes bretons en images

Fall eo ar yar ma n'eo xed vid ar hog... La poule ne vaut rien si elle refuse le coq. Pa vez brasa ar brezel e vez tosta ar peoh... Plus la guerre bat son plein, plus la paix est proche.

dimanche 14 septembre 2014

Caravan : Nightmare

Le groupe de rock progressif Caravan est sans aucun doute l'une des formations les plus emblématiques de l'école dite de Canterbury. Formé en 1968, il est toujours en activité. La première version studio date de 1977 ; la seconde est en live, à Londres, en 2003.

Le petit homme rouge des Tuileries

Quel est ce mystérieux et inquiétant homme rouge qui hantait régulièrement le palais des Tuileries et le Louvre depuis la funeste Catherine de Médicis ? Son apparition annonçait toujours un drame à celui qui avait le malheur de l'apercevoir. Ainsi, en juillet 1792, il apparaît à la Reine Marie-Antoinette, peu de temps avant la chute de la Monarchie. Le romancier François de Nion (1856-1923) nous conte cette curieuse anecdote par la bouche d'une servante de la reine.

jeudi 11 septembre 2014

L'Union Jack en question

Le référendum sur l'indépendance de l’Écosse aura lieu le 18 septembre prochain, une date sous très haute tension. Le Royaume-Uni se trouve une fois encore à un tournant capital de son histoire, après plus de trois siècles d'existence. Le « Yes » écossais fait trembler Londres – on parle même de « vent de panique » - et les dirigeants britanniques tentent à tout prix de convaincre les Écossais de demeurer au sein du Royaume de sa très gracieuse Majesté qui, selon le Daily Mirror, aurait confié son inquiétude à David Cameron, lors d'une entrevue exceptionnelle avec le Premier ministre. Le quotidien titrait : « Ne me laissez pas être la dernière reine d’Écosse » avec une photo de la monarque. Rien n'est encore joué, mais les sondages placent le « oui » en tête des intentions de vote. Un électrochoc en perspective... Qu'arriverait-il à l'Union Jack si la vague indépendantiste devait l'emporter ? La question est sérieusement débattue par une association de vexillologues...

mercredi 10 septembre 2014

Maurice Mathis (1907-1982) : un homme et... des petites bêtes

Hommage à un savant original, un entomologiste excentrique, une pointure et une référence en apiculture, le Dr Maurice Mathis, ancien directeur de laboratoire à l'Institut Pasteur de Tunis, qui appelait ses abeilles, auxquelles il consacra la moitié de sa vie, «mes filles chéries », « des insectes sacrés massacrés par l'homme ». Dans un film documentaire de 1963, Maurice Mathis parle de son amour des abeilles, de ses recherches sur les poux (et de la difficulté d'en trouver en suffisance pour les besoins de leur étude), mais aussi de l'hydromel, le breuvage des dieux, et de la légende du veau d'or, déclarant que "dès que l'argent s'introduit quelque part, c'est foutu". Maurice Mathis, dont Jean Rostand dit que « toutes les opinions du Docteur Mathis sont solidement, logiquement raisonnées, et fondées sur l’interprétation d’un savoir peu commun. Tout ce que rapporte Mathis, il l’a vu ; tout ce qu’il affirme, il croit avoir sujet de le penser, et n'est-ce pas là tout ce qu’on peut demander à un homme de science ? De surcroît, ce naturaliste fervent, cet amoureux de l’insecte, est un homme chaleureux, enthousiaste, désireux de communiquer les leçons de son expérience et de faire partager ses convictions. Il aime son sujet, il le vit, il y croit. »

mardi 9 septembre 2014

Les proverbes en images

24 célèbres proverbes illustrés par le peintre, illustrateur, affichiste et dramaturge Henry Gerbault (1863-1930) de manière un peu décalée, très ironique en tous les cas et souvent satirique.

lundi 8 septembre 2014

La visiteuse du matin

Chaque matin, vers les sept heures, tandis que je suis assis face à la fenêtre ouverte, pianotant sur l'ordinateur, une charmante petite abeille vient se poser sur l'écran. Elle y demeure alors quelques instants, tranquille, presque sans bouger, avant de reprendre son envol. Sa visite est devenue si régulière qu'il m'arrive de m'inquiéter pour elle quand elle tarde. Elle est devenue ma compagne du matin, un peu comme une petite sœur de vie. Sans doute est-elle attirée par l'odeur de l'encens de rose que je fais parfois brûler... Mais il me plaît de penser qu'elle vient aussi un peu pour moi, d'autant plus qu'elle est toujours seule, comme si elle logeait à proximité, attendant le moment où j'ouvre la fenêtre pour se glisser à l'intérieur. Et quand elle repart, le plus gracieusement du monde, je l'imagine, volant vers le proche jardin des Tuileries pour y faire l'amour aux fleurs et son butin de pollen qu'elle déposera ensuite dans quelque ruche installée sur la terrasse d'une toiture des environs (peut-être les toits du Palais Garnier ?). Sa journée se passera ainsi jusqu'au soir, en d'incessants aller-retours. 

Quand je la vois, je pense à ces mots de Virgile en ses Géorgiques : « Poursuivant mon œuvre, je vais chanter le miel aérien, présent céleste. Je t’offrirai, à partir de tous petits êtres, un spectacle admirable. Quand le soleil d’or a mis l’hiver en fuite, et l’a relégué sous la terre, quand le ciel s’est rouvert à l’été lumineux, aussitôt les abeilles parcourent les fourrés et les bois, butinent les fleurs vermeilles et effleurent, légères, la surface des cours d’eau. Transportées alors par je ne sais quelle douceur de vivre, elles choient leurs couvées et leur nid, et façonnent avec art la cire nouvelle et composent le miel. » 

Le philosophe MicheL Onfray dit de l'abeille : « Elle porte en elle le mécanisme de l’univers : chaque abeille résume le secret du monde. » (La sagesse des abeilles - Première leçon de Démocrite, Éditions Galilée 2012)

Merci de tes visites, petite abeille de ville. Tu nous fabriques un nectar dont on dit le plus grand bien. Paris compte quelques 300 ruches pour la plupart installées sur les toits et le miel récolté est l'un des meilleurs qui soit. Même Monoprix propose le sien issu des 18 ruches installées sur les toits des magasins de Ternes et Porte de Châtillon. Les ruches du Centre Beaugrenelle produisent 500 kg de miel par an. La première récolte aura lieu ces jours-ci et sera commercialisée à raison de 6 euros par pot de 150 g.

Photo de classe Lacordaire : la 10e C de 1974

Quarante années sont passées depuis cette photographie... Une carrière d'enseignant. La 10e correspond au niveau CE1. Les enfants avaient alors 7 ans. Aujourd'hui, ils en ont 47. Presque le demi siècle... Et vous, madame Gironde, qu'êtes-vous devenue ? Allez, encore une bouteille jetée dans la mer du temps qui nous emporte tous !

dimanche 7 septembre 2014

Grandes figures féminines des 17e, 18e et 19e siècles

Duchesse de Longueville, Madame de Lafayette, Marquise de Maintenon, Marquise de Sévigné, Mademoiselle Clairon, Sophie Arnould, Madame de Staël, Charlotte Corday, Madame Roland, Madame Récamier, Madame Emile de Girardin, George Sand... autant de femmes d'esprit qui ont marqué leur époque...

La mode au cours des siècles (3)

Cette série de chromolithographies de 1898 retrace l'évolution des costumes à travers six périodes : celles de François 1er, de Henri III, de Louis XIII, de Louis XIV, de Louis XV et du Directoire. Ce billet complète les précédents déjà consacrés au sujet : La mode au cours des siècles 1 et 2.