mardi 3 mai 2016

Ferveur Saisissante


                                 Dans l’entrebâillement du Subtil
                                 Les Ailes se sont suspendues en L'Intime
                                 Vois comme L'Oiseau s'étourdit en Son Secret
                                 Des Drapés du Monde Ultime
                                 En ces Vagues qui semblent être Exil
                                 Les Ondes de L'Azur sont à le submerger
                                 L'Oraison Vespérale des effluves vaporeuses
                                 Enveloppe le corps iridescent de volupté
                                 Lors que fusionne La Lumière Victorieuse
                                 S'enflamme L'horizon des Lueurs Éthérées
                                 Teintées des rougeoiements du long soupir
                                 Qu'exhale L'Oiseau épris du Pur Amour
                                 La Voie que tracent Ses Ailes en Cette Vallée
                                 Est la nostalgie perpétuelle du Retour
                                 En sa stabilité surgit Le Seul Souvenir
                                 Ainsi, observe son frémissement incessant
                                 Mille reflets jaillissent depuis le firmament
                                 En ce Regard où se noie L’Éternelle Vénusté
                                 Les splendeurs de La Prunelle de L'Amant
                                 Dévoilent La Permanence des Quintessences
                                 S'il est un trouble, c'est en ce Cœur du Cœur
                                 Au Centre irradiant du Lac des Théophanies
                                 Lors que le mouvement fluctue en L'Océan
                                 Immarcescible Demeure Des Odorantes saveurs
                                 Palpitations Des Sublimités de L'Essence
                                 En Ces Ondoiements de La Pure Présence
                                 Lors que soufflent mille et mille Vents
                                 Il est encore à s'élever si Haut en Sa Nuit
                                 Tandis que Le Soleil s'éclipse en Son Aimée
                                 Ou Bien est-ce La Lune éprise qui L'étreint
                                 En L'Étourdissante Beauté que revêt L’Écrin
                                 L'Oiseau est porté par Une Main Puissante
                                 L'Ivresse lancinante atteint Son Apogée
                                 Lors que Le Chant est Ferveur Saisissante.

Naïla

Porte épiphane

Blason de Piolenc (Vaucluse)

Nulle porte ne se franchit sans avoir les deux clefs :
Celle, d'or, qui ouvre au Savoir Initiatique
Et l'autre, d'argent, qui permet de décercler
L'esprit fort enclin à la pensée systémique.

Lumière sur Lumière ! L'âme cherche sa solarité
Car en elle se grave le Désir de l'Origine
Que la gangue charnelle de sa corporéité
Ne rend que plus cruciale ; tout en elle la destine

À aller toujours plus loin et toujours plus haut,
Rejoindre les Sphères Supérieures depuis les Eaux 
Primordiales et bien par-delà l'Onde océane.

C'est en soi-même que les étoiles sont à naître
Et que L'Univers cherche à se faire connaître ;
En l'Ailleurs tout instant se révèle épiphane.
_____

D'azur à une clef d'or et une clef d'argent liées d'or aussi et posées en sautoir, 
sous une arcature du même maçonnée de sable.

Perpétuelle Création

Peinture de Wieslaw Sadurski

                                  Les vibrations ouvrent les Portes Ignorées
                                  En ce Cœur ivre du Cosmos et des Univers
                                  Voici La Rose Éclose, Parfum de L'Ivresse
                                  Lors que La Corolle s'offre, chante Le Mystère
                                  Alangui par La Vision, étourdi par La Richesse
                                  Des Possibilités de La Pleine Conscience
                                  L'Amour est Vibrante Étreinte de La Présence
                                  Les Constellations sont Le Berceau de L'Êtreté
                                  L'Eden en Ton Regard est La Coupe de L'Abondance
                                  En ces Fleuves de La Subtilité où peu ont accès
                                  L'Esprit est à voguer en ce flux de La Transcendance
                                  Lors qu'il est à marcher en cette Vaste Terre
                                  Son cœur épouse chaque instant en Son Essence
                                  Viens, me dit L'Amant, ici les ruisseaux sont à parler
                                  Chaque bosquet, chaque fleur sont un langage dilaté
                                  La Lumière éclaire les yeux et révèle La Beauté
                                  Le Vivant est à chanter en cette matière éthérée
                                  La Terre est à te parler depuis des milliers d'années
                                  En ces ondoiements, Je suis Là à Me dévoiler
                                  Les soieries du Vent sont à me Louanger
                                  Les Frémissements de L'Eau sont à me Glorifier
                                  Ecoute, comme Je suis Là, en cette Pure Conscience
                                  Ton Corps l'a-t-il à ce point oublié que tu es à le nier ?
                                  Tous Les mondes sont en toi et je suis là à t'appeler
                                  Mon Bien-Aimé, y a t-il un autre à t'aimer
                                  Lors que Je suis là depuis L'Origine, Le Seul Aimé
                                  En tous ces univers, Je suis à rappeler chaque chose
                                  C'est en Moi que s'évanouissent tous les mondes
                                  C'est en Moi que Tout renaît en ces subtiles Ondes
                                  Perpétuelle Création depuis la Fleur Éclose.

Naïla

Obédience

Blason de Richmond (Québec)

Le trèfle rappelle l'ancienne figure du triskèle
Qui évoque le Passé, le Présent, l'Avenir,
Le Lever, le Zénith, le Couchant... à laquelle
S'associe toute triade qui est à maintenir

En son axe toute Royauté reliée aux Puissances
D'En-Haut, ce qu'indique la fleur de lys inversée
Car tout pouvoir procédant de cette Obédience
S'emplit de hautes vertus qui se peuvent déverser

Sur la Cité autant que dans le cœur de l'homme.
Malgré que l'existence soit à se partager
Entre la rose et le chardon, l'âme peut gager

Sur ce Fil qui la veut conduire en son Royaume.
Son destin est dans les étoiles, bien au-delà
De ce plan, par cette noble Voie du Par-delà.
_____

Écartelé d'or et de sinople à un rameau de trois trèfles, une rose, 
une fleur de lys et un chardon posés en croix leurs tiges jointes en coeur,
le tout d'argent.

Sobre hexapode

Image de l’auteur

L’hexapode d’argent, dont l’âme est éclairée,
Habite, en plein désert, une maison vitrée.
Dans tout le paysage, on ne voit rien de vert,
L’abri est une serre, on peut voir au travers.

L’étoile Fleur de Lys, protectrice adorée,
Répand, quand vient le soir, une lueur dorée ;
Le monstre aime l’air sec, il vit loin de la mer,
Mangeant, quand il a faim, les insectes des airs.

Il est sobre et pensif, indolente est sa vie,
Le plus clair de son temps se passe en rêveries,
Tranquille est son réveil, il s’endort sans effroi.

Serais-je heureux aussi, moi-même, loin du froid ?
J’aimerais le désert, ou du moins, je le crois :
Les dunes, peu à peu, deviendraient mes amies.

Cochonfucius

Martin Soldat et Martin Troll

Image de l’auteur

Voici Martin Soldat, le guerrier le pus brave,
Qu’ont pris pour saint patron cent villages français
Et qui nomme une rue par où Robert passait ;
Et voici Martin Troll, qui longtemps fut esclave.

Saint Martin proposa, dans un geste héroïque,
Un manteau pour quiconque en aurait le besoin ;
Le troll ne voulant pas, pur le coup, faire moins,
Les badauds attendaient un échange homérique.

Pourtant, l’apaisement se fit en quelques mots,
Car nos deux cavaliers étaient las des batailles ;
Ni le saint, ni le troll son vêtement ne taille,
Les voilà bavardant, comme des gens normaux.

Cochonfucius

Sagesse animale

Blason de Lens-Lestang (Drôme)

Un animal n'est jamais en-dessous de lui-même
Car il se comporte selon sa nature propre ;
Il n'est pas, comme l'homme, à récolter ce qu'il sème
Car de rien il ne fait un usage impropre.

La faim le tenaille ? Il prélève le nécessaire
Car il sait sa mesure, sans déborder jamais ;
Il est à l'instant, tout entier à son affaire,
Et jamais rien au lendemain ne remet.

De s'en inspirer, les humains seraient fort sages,
Eux qui ne sont que des locataires de passage
Sur cette Terre, grain de poussière en ces Univers

Où sont à évoluer des myriades de mondes,
Sublime Réalité infiniment profonde
Dont le Commencement n'est pas même découvert.
_____

De gueule au loup d'or emportant dans sa gueule
un mouton d'argent, accormé de sable.

lundi 2 mai 2016

L'Espace Sacré


Prière des Indiens Lakota

                                            
Ô Grand Mystère,
                                             Enseigne-moi à faire confiance à
                                             À mon cœur,
                                             À mon esprit,
                                             À mon intuition,
                                             À ma connaissance intérieure,
                                             Aux sens de mon corps,
                                             Aux bénédictions de mon esprit.
                                             Enseigne-moi à avoir confiance en eux
                                             Pour que je puisse habiter mon Espace Sacré,
                                             Ainsi que l'amour au-delà de ma peur,
                                             Et marcher ainsi dans la Beauté
                                             Au passage de chaque soleil glorieux.
_____

Pour les Amérindiens l'Espace Sacré se situe entre l'expiration et l'inspiration.
Marcher dans la Beauté c'est harmoniser le Ciel (spiritualité) et la Terre (le monde physique).

Manoir de la licorne

Image de l’auteur

Licorne, en ton manoir, loin des démons immondes,
Tu fredonnes un chant merveilleusement beau ;
Tu l’appris au jardin où sont des arbrisseaux,
Ceux qui te l’ont chanté ne sont plus de ce monde.

C’était l’ondin glissant dans la fraîcheur de l’onde
Et l’Esprit Créateur qui plane sur les eaux ;
La fileuse équipée de son fatal fuseau
La savante Artémise et sa soeur Cunégonde.

Mes vers ne peuvent point en dresser le tableau,
Il faudrait que Ronsard prît la plume, à nouveau,
Lui dont, depuis longtemps, l’horloge est arrêtée.

Moi, j’entends ta chanson qui monte vers les cieux ;
Les larmes, pour un peu, me monteraient aux yeux,
Mais j’admire une fleur, par la brise agitée.

Cochonfucius

Les chiens d’Héphaïstos

Image de l’auteur

Les chiens d’Héphaïstos, de pitance comblés,
Ont attisé le feu, car point ne faut qu’il meure ;
Plus clair est ce brasier que les grands champs de blé
Qui jamais ne croîtront auprès de leur demeure.

Ces deux fiers apprentis rêvent en regardant
Au coin de l’atelier monter la flamme haute,
Croyant voir transparaître, en ce feu si ardent,
La divine clarté, L’Esprit de Pentecôte.

Pour ces deux forgerons, la flamme est une fleur
Qui montre devant eux son âme inassouvie ;
Le fer entre leurs mains changera sans douleur,
Mourant pour entamer ne nouvelle vie.

Cochonfucius

Ta Rose Intouchée


                                   Te voulais-tu vivre Cette Absoluité
                                   Sans le Sacrifice des Éprouvés ?
                                   Retrouve le Chant Pur du Retour
                                   Ce Cœur Éternel est une Fleur d'Amour
                                   Sur La Cime Immaculée, elle est à danser
                                   Brise douce de L'Orient est suave Caresse
                                   D'un Bleuté de Cristal
                                   Sa Pureté Virginale
                                   Est L'Éclosion d'une Larme en détresse
                                   Le Ciel est à L'effleurer d'une myriade de baisers
                                   L’Éternité de L’Étreinte est Révérence du Roi
                                   Ni Temps ni Espace en cette Noce Secrète
                                   Intouchable, La Rose Céleste est Rosée
                                   Évanescente, Splendeur du Visage ineffable
                                   Cette Traversée est L'Enfer nécessaire
                                   En Elle, une Miséricorde Cachée
                                   Les Princes sont à jalouser Ces Soupirs
                                   Seuls les intimes en Ton Intimité
                                   Sont à voguer en Ta Réalité
                                   Ne leur en veux pas s'ils sont à enfreindre
                                   Leur fraude vient de L'Extase
                                   Et L'Oiseau de La Vision
                                   En L'Envol est un Puissant Ondoiement
                                   Lors que La Nuit me sépare de Toi
                                   Le Ciel est à se rapprocher
                                   Des enlacements du souffle Éthéré
                                   Voici Le Feuillet de ma douleur
                                   C'est en Toi, Âme pure que mon âme
                                   Retrouve sa virginité
                                   Toi qui suscites les Bassins Argentés
                                   L'Oiseau plonge en Ta Sainteté
                                   Tantôt à pleurer, tantôt à rire
                                   Tantôt à brûler les affres de L'Amour
                                   Préserve Son Cœur, même en L'Absence
                                   Conquiers La Terre de Ta Souveraineté
                                   En ces Nouvelles que rapporte Le Vent
                                   Il n'est aucune Demeure, ni aucun Séjour
                                   Pour L'Oiseau de L'Azur, aucune halte
                                   Jusqu'aux Rives de L’Éternel Amour
                                   Les liens se font et se défont
                                   Mais les mains sont soudées
                                   En ce Périple, lors que tout s’emmêle
                                   Préserve Son Cœur même en La Présence
                                   Les effluves de Ta Radiance
                                   Attise les feux du Noble Amour
                                   Éloigne de lui les troubles de son humanité
                                   Fais en Le Phénix de tous les Lieux
                                   Conquiers pour lui Ton Royaume
                                   Ô Roi en Ton Oeuvre Illimitée
                                   Sois Son Flambeau jusqu'au Plérôme
                                   En ce Cœur est Ta Rose Intouchée.



La vague de Camille Claudel


Je m‘extasie sans fin devant l’œuvre de Claudel.
La beauté de ses œuvres me plonge inlassablement dans une pure contemplation.
Cette artiste aux mains si prodigieuses, si délicates, nous montre la voie du sublime.
Ces baigneuses s’abandonnent, innocentes, gracieuses, pures au milieu d’un décor tumultueux.
Elles dansent innocemment, lascives sur une onde chatoyante, qui peu à peu prend la forme d’un monstre dévorant.
Les baigneuses semblent habitées par leur propre enchantement, par une force qui transcende le tragique du décor. Plus rien n’existe autour d’elles, elles sont seules au monde. Pourtant elles seront bientôt englouties dans les profondeurs des ténèbres.
Que reste t-il de ces baigneuses au plaisir éphémère ?
Le chant d‘une danse inachevée ?

Isabelle Ségovia

Midi à quatorze heures

Peinture de Conac Keyhole

Plus d'un est à chercher midi à quatorze heures,
Imaginant souvent loin ce qui est tout près,
Courant après des appâts qui ne sont que leurres
Et croyant offert ce qui n'est jamais qu'un prêt.

Chacun est à regarder le monde par la fente
De sa conscience sans voir qu'il est face au miroir ;
L'on verse à l'illusion une bien lourde rente,
Pensant que le droit est dépourvu de devoir.

La terre des hommes n'est-elle pas une foire d'empoigne
Qui se transforme périodiquement en fournaise ?
L'on s'y tire et s'y pousse, prenant plus que son aise.

Chaque jour est à voir le bon sens qui s'éloigne ;
Vaine fuite en avant sous les flagelles de la hâte,
En ces masses grégaires déambulantes et béates.

dimanche 1 mai 2016

La Roue des Anges 24 : les Anges de mai

L'Archange Métatron, l'ange de la Géométrie Sacrée

Selon la tradition cosmogonique occidentale et la Kabbale du Judaïsme, les anges sont des esprits qui existent à l’intérieur de notre conscience et qui s’éveillent à nos appels. L’ange n’est pas séparé de notre personne, mais il n’est pas directement perceptible tant que notre vision est dirigée vers l’extérieur. L’ange se trouve à l’intérieur et à l’extérieur de nous, en fait nous sommes à l’intérieur de lui. Selon ces mêmes traditions, 72 anges se relaient et partagent leur influence selon une période de 5 jours (pour l'ange physique), journalier (pour l'ange émotionnel) et horaire, par tranches de 20 minutes (pour l'ange spirituel).

Mon frère


Mon frère,

Je t’aime depuis l’Aube des Temps.
Il y avait comme une brise légère qui soufflait sur les cœurs.
T’en souviens-tu ?
Le Soleil était Splendeur du Vivant.
Le clapotis des clairs ruisseaux murmurait des douceurs.
Nos Cœurs unis s’envolaient si haut et traversaient tous les Cieux en une fulgurance.
Mon frère, les premiers hommes ont enfreint les liens sacrés.
Lors que l’un regardait l’autre faire, il avait le cœur déchiré !
Je ressens encore sa stupeur et les larmes ensanglantées de son cœur.
Il l’aimait.
Il a vu cet état de rupture et il en était stupéfait.
Que me fais-tu mon frère que j’aime ?
Mon cœur saigne car je n’oserais pas lever la main sur toi.
Si tu es à me faire du mal, alors je me laisserais faire, car ainsi est ma loi.
Je t’aime plus que moi-même et me sacrifie pour toi.
Comment pourrais-je lever la main sur toi, lors même qu’en toi, tu es à vouloir me détruire, et que moi je t’aime ?
Je sais que tu ne sais pas.
Je t’aime de L’Amour qui est ma foi.
En toi, j’ai vu tous ceux qui te suivront, jusqu’au Jour de La Rencontre.
En toi, j’ai vu les torrents de ténèbres.
Les feux du démon.
Le désir de possession.
Mille et mille séparations.
Surgies des abîmes de l’ignorance.
Les visages des troubles de la vigilance.
L’amertume des fruits de l’illusion.
En toi, j’ai vu surgir les vallées de l’enfer.
Oppression sans limite et plus que tout le mensonge !
Je t’aime cependant, de L’Amour qui n’a plus de Nom.
Mon cœur est le centre d’une Lumière, et Le Temple de La Présence.
Fais mon frère, accomplis ton Destin.
Je suis à courber l’échine et j’attends le Décret.
Cette séparation est celle de l’Humanité qui sera à s’entre-déchirer.
Pourtant, je brandis devant toi l’Étendard de la Paix.
Celle qui sera douceur, portée par le Vent de L’Amitié.
La Paix qui ne connaît le mal, même si elle est à le redouter.
Je tends les mains de L’Amour et je verse toutes les larmes du Regret.
Mon esprit voguera sur les Mers et les Terres et sèmera encore La Lumière.
Mon frère, mon cœur est empli d’Amour et il ne sait qu’aimer.
Les souffrances de te voir ainsi, sont plus douloureuses que celles que je subis en cette atrocité.
Je te regarde avec les yeux noyés de tendresse, et je suis à t’aimer en cette Éternité.
Tu es mon frère et je suis aussi cet Autre que tu n’as pas su aimer !

Tangerine Dream - Vanishing Blue

Kâf


Kâf

Vingt.
L’homme en Sa Perfection !
Terre en Son Centre Harmonique !
Parure initiale du Jardin en son sommet,
Dune de musc blanc couronnant la montagne paradisiaque,
Origine des parfums et des fleurs odorantes !
Lettre de l’occultation
De ce qui jamais ne paraitra au dehors !
Lettre de l’occultation
De ce qui, en son ordre, sera manifesté au grand jour !
Lettre lumineuse et irradiante,
Scellant le secret bien gardé de la Parole créative :
« Sois ! »
Enroulé dans la matrice de la synthèse universelle
Que les sages des siècles ont appelé Kâf,
L’Être attend d’être reçu dans la berceau des formes existenciées
Que les savants du temps nomment Nûn.
Entre ces deux consonnes, vêtement de l’ordre Divin,
Se cache un joyau invisible aux cœurs encore fermés,
Comme une perle en son écrin
Dépositaire et mandataire
Du mystère de la gestation des mondes et des êtres.
Lettre voyelle, imprononçable et fugace comme un instant passant…
Et qui pourtant vocalise la vie et entraîne les cycles de la naissance et de la renaissance !
Ainsi, tout l’Univers s’origine dans le Silence
d’un ordre que le Roi à conçu sans le décréter encore.
Lorsque la Main Seigneuriale fait tomber de la Table du destin
Son décret sur le Piédestal de Sa Puissance,
Le Calame devient Parole et ordonne à l’Être : « Sois ! »
Et il est.
La Parole et l’Être sont une seule nature,
La première s’occultant en faisant naître le second.
Car le Trésor était caché dans le non-être, beauté inaccessible.
Une blessure d’amour devint alors poignée de lumière radiante !
Dès lors, le miracles des mondes fut déployé en multitude sans fin
De sorte que la beauté sortit de son unicité,
Se difractant en myriades de créatures…
Gemmes éclatantes, quartz, jade, rubis, topaze…
Végétation luxuriante et nourricières, roses et lotus,
Oliviers, amandiers, chênes,
Froments et belles légumineuses…
Animaux sur la terre et dans le ciel,
Fourmis des cités souterraines, abeilles cultivant le miel et la cire,
Lézards colorés amoureux du soleil,
Léopards tachetés à l’affut, gazelles aux aguets,
Aigles royaux survolant leurs domaines, rossignols, princes des poètes ailés,
Êtres humains d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui,
Pensant et discourant, chacun en leurs langues musicales,
Élevant leurs prières d’une même voix,
Dans la souffrance et dans la joie,
Dans le mensonge et la vérité,
Dans la pauvreté comme dans la richesse !
Sommes-nous épris d’une amoureuse mélancolie
Lorsque nos yeux, soudain, se posent sur le souvenir d’une rose,
Jadis oubliée par l’Amie disparue ?
Ne sommes-nous pas subjugués par la générosité de notre Garant
Lorsqu’Il répond à nos serments rompus, par le pardon et la miséricorde ?
Comment ne pas ouvrir nos cœurs
A l’audition des versets lumineux,
Au souvenir des Noms bénis,
A la conversation spirituelle du maître des vertus ?
Car la coupe qu’il nous sert est son cœur vivant,
Emplit du vin de l’extase, rayonnant des lumières épiphaniques.
Buvons et rassemblons nos cœurs dans le sien
Jusqu’à nous absenter dans l’ivresse de la suprême essence,
Afin que Ses Attributs couvrent les nôtres,
Que ses Qualités embrassent nos défauts,
Que nos pâles lueurs se fondent en Sa Lumière
Et que nos actes soient le pur reflet de sa volonté !
Son nombre est cent.
Parole identifiée à la montagne qui enserre le monde
Et dont l’au-delà est le domaine réservé du Phoenix.
Son nombre est cinq sublimé par le vingt.
Homme du commun identifié à l’homme parfait
Au terme de sa pérégrination verticale.
Son nombre est cent un.
Unité dans le giron de la non manifestation,
Immuable générant l’Être muable.
Son nombre enfin est deux.
Retour à l’initiale,
Car à chaque instant, Il est à son œuvre.

Thomas Cole, The Voyage of Life : Youth, 1840

Démon mélomane

Image de l’auteur

Du démon mélomane, heureuse est la nature :
C’est un bon compagnon, je peux le garantir,
Il est sobre, il est doux, il s’abstient de mentir,
Je ne l’ai jamais vu commettre une imposture.

Il absorbe des sons, pour toute nourriture ;
Puis il les restitue, et les fait retentir :
Qui dira le plaisir qu’il nous fait ressentir ?
Ce n’est pas au pouvoir de mon humble écriture.

Il chante la vertu, la justice et la foi,
La lune du printemps qui brille au fond des bois
Dont sa chanson produit une aimable peinture.

Quand arrive le soir, le concert se poursuit,
Et cela va parfois jusqu’au coeur de la nuit ;
Mais alors, je m’endors au creux des couvertures.

Cochonfucius

D’un chien et de deux papegaults

Image de l’auteur

Le chien de la maison coulait des jours heureux,
Ayant peu d’occasions de lancer une alarme ,
Rarement affamé, rarement amoureux,
D'un aimable printemps, il savourait le charme.

Soudain, il crut entendre, à son grand déplaisir,
Son maître qui disait quelques paroles dures.
S’approchant d’une porte, il écoute à loisir ;
Une autre voix répond, et ça dure, et ça dure.

Il s’en trouve perplexe. Il pénètre au salon
Pour trouver la raison de cette humeur acerbe.
Aussitôt détrompé, il se rassure : « Allons,
C’est, de deux papegaults, le ridicule verbe. »

Cochonfucius

Les outils en héraldique : l'enclume du forgeron

L'enclume, comme meuble héraldique, se rencontre plutôt rarement. Sa présence sur un écu met généralement l'accent sur l'activité de la forge, pour en souligner l'importance économique dans une commune ou une région. Elle peut être représentée seule ou accompagnée des outils emblématiques que sont le marteau et la pince du forgeron. Selon L. Fourlques-Delanos, en son Manuel héraldique ou Clef de l'art du blason (Limoges 1816), une enclume symboliserait une impression fixe dans un esprit sain.

Maurice Carême - Le muguet

Blasons de Kleinheppach (Allemagne - Bade-Wurtemberg) & Boppelsen (Suisse - canton de Zürich)

Cloches naïves du muguet,
Carillonnez ! car voici Mai !

Sous une averse de lumière,
Les arbres chantent au verger,
Et les graines du potager
Sortent en riant de la terre.

Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !

Les yeux brillants, l'âme légère,
Les fillettes s'en vont au bois
Rejoindre les fées qui, déjà,
Dansent en rond sur la bruyère.

Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !


Maurice Carême (1899-1978)
____

Le muguet en héraldique