Signes et Symboles – l'Image des Choses – Les Choses par l'Image - Et Ailleurs aussi...

Héraldie, qui traverse sa quatrième année, est un blog essentiellement consacré à l'héraldique. Cependant, il est largement ouvert sur tous les domaines : histoire, géographie, philosophie, littérature, poésie, symbolique, logotypie, chromolithographie, vexillologie, philatélie, numismatique, sigillographie, tyrosémiophilie, tégestophilie, oenographilie... mais aussi la musique, la peinture, la sculpture et l'art en général. Ce blog a donc aussi vocation à constituer une banque d'images (environ 35 000 à ce jour) et, idéalement, un portail vers toutes ces spécialités singulières.

jeudi 28 mai 2015

Le chemin des étoiles

Toile de Tomasz Alen Kopera

Le chemin des étoiles ne se peut indiquer
Car il ne dépend point d'une direction précise,
N'étant pas un lieu, donc sur aucun plan marqué ;
Il échappe à toute prise autant qu'à toute emprise.

On ne peut dire qu'il est quelque part ni nulle part ;
Sa ligne se profile aussi vite qu'elle s'estompe ;
Beaucoup n'en perçoivent les contours que sur le tard,
Souvent au moment de descendre dans la tombe.

C'est un chemin ascendant vers les profondeurs
De sa nature propre car nul ne se dépasse
S'il ne descend en lui-même et sans faire l'impasse

Sur les parts d'ombre et même parfois de noirceur
Que Lilith voile de son lourd manteau d'inconscience ;
Se connaître soi-même est la première des sciences.

ML, Le chemin des étoiles

Detachment


Detachment is not
Recklessness, indifference
It is true freedom.

You become a lotus and
Mud doesn’t soil anymore.

Esther Ling

Le temps

Toile de Jacek Yerka

Depuis que l'homme s'en est remis à la machine,
Lui confiant son présent autant que son destin,
La hâte dévore tout son temps et lui courbe l'échine ;
Une machine l'arrache du sommeil dès le matin

Et cadence son jour découpé en tranches horaires ;
Le voici courant après le temps toujours fuyant ;
Et quand semble cesser ce rythme usuraire,
Le voilà poursuivant des rêves sur dépliants !

La peur ronge son âme et déteint sur son visage ;
Il sait qu'il ne fait dans ce monde qu'un court passage ;
D'où son empressement à poursuivre le temps,

Perdant sa vie à vouloir gagner son existence,
S'éparpillant partout, se trompant d'exigence,
Désireux de tout, n'ayant jamais son comptant.

ML, Le chemin des étoiles

Licorne de sable

Composition de l'auteur

La licorne de sable habite au ciel d’argent,
Elle trempe ses pieds dans l’océan de sable ;
Au fond de l’océan, combattants inlassables,
Deux chevaliers d’argent vont la mer ravageant.

— Grenouille de sinople, explique-moi cela.
  Il me faudrait, vois-tu, tout d’abord, le comprendre ;
Les choses que je vois ne font que me surprendre,
On dirait que leur sens quelque part s’envola. 

— Ou bien ces fantaisies sont l’œuvre d’un rhapsode,
Ce qui pourrait produire un peu n’importe quoi.
— Un poète, en effet, tu le dis, je le crois,
Alors, ne manquons point le prochain épisode.

Cochonfucius

Nef des bricoleurs

Composition de l'auteur

Quel étrange vaisseau s’éloigne du rivage !
Bien plutôt qu’une nef, on dirait un radeau
Guère fait pour porter son immense fardeau ;
Mais sa superstructure a de charmants étages.

Dessous s’étend la mer, verte comme un herbage ;
Les animaux marins y paissent en troupeaux,
Lesquels ne sont gardés par aucun pastoureau.
La nef jette sur eux sa grande ombre, au passage.

Elle suit son chemin dessous les rouges cieux ;
Elle va de l’avant, passant d’étranges lieux,
Tel un monstre des mers à lourde carapace.

Mais où doit-il aller, ce vaisseau merveilleux ?
Jamais ne répondront les marins orgueilleux,
Il semble, que, d’ailleurs, la chose les dépasse.

Licorne de sable

Composition de l'auteur

La licorne de sable habite au ciel d’argent,
Elle trempe ses pieds dans l’océan de sable ;
Au fond de l’océan, combattants inlassables,
Deux chevaliers d’argent vont la mer ravageant.

— Grenouille de sinople, explique-moi cela.
  -Il me faudrait, vois-tu, tout d’abord, le comprendre ;
Les choses que je vois ne font que me surprendre,
On dirait que leur sens quelque part s’envola. 

— Ou bien ces fantaisies sont l’œuvre d’un rhapsode,
Ce qui pourrait produire un peu n’importe quoi.
— Un poète, en effet, tu le dis, je le crois,
Alors, ne manquons point le prochain épisode.

Cochonfucius

mercredi 27 mai 2015

Dreams

 Painting by Edward Robert Hughes (English, 1851–1914) With the Wind

Alone with the wind,
I let my mind wander in
The unconsciousness.

Faded memories become
Winged dreams that take me high.

Esther Ling

Le temple près des nuages

Toile d'Alex Alemany 

C'est un temple fort ancien, tout près des nuages
Qui lui viennent rendre visite quand ils sont d'humeur
Flâneuse, ce qui est toujours d'excellent présage ;
Loin du monde, de son tumulte et de ses clameurs,

Il vogue sur un océan de paix que l'on respire
À plein cœur car l'ont élu comme demeure les dieux
Autant que les anges issus du céleste empire ;
Je crois bien qu'il préfigure le royaume des cieux ;

Au bout d'un long couloir est une porte mystérieuse
Qui, dit-on, s'ouvre sur une bibliothèque précieuse
Renfermant toute la mémoire du vaste univers ;

Très peu d'humains ont accès à cette connaissance
Car un tel savoir ne se prête à nulle nuisance
Et l'homme est prompt pour tourner l'endroit à l'envers.

ML, Le chemin des étoiles

Ciel, couvre-toi


Ciel, couvre-toi car aujourd'hui, l'azur blesse
Mes yeux qui n'ont comme horizon que l'instant
Refermé sur lui-même ; mon cœur est de tristesse
Et mon âme se retrouve errante dans le non-temps.

Je suis femme de sable car de deuil est ma chair ;
Je me suis voilée d'or pur et grimée du même
Car me voici devenue ma propre torchère,
Me consumant tandis que j'entends ce requiem

Qui monte du fond de mon âme meurtrie que déchire  
La langueur des nuits de glace que l'absence étire ;
Et je descends profond pour m'arracher ces mots

Qui ne disent de moi que le vide en sa demeure ;
Voici, je hâte ma plume avant qu'elle ne se meure ;
Mais saurai-je encore avec elle panser mes maux ?

Journey

Painting by Herman Marin

When you take me in
Your arms, Lady of Sheol
Will the journey end ?

I want to vanish into
Nothingness and the silence.

Esther Ling

Deux bouviers

Composition de l'auteur

Les gardiens des taureaux, ce sont deux joyeux drilles ;
Du bel oiseau de sable, ils ont cette santé
Qui permet d’arborer, sans façon, des guenilles
Au milieu du terrain de sinople enchanté.

Leurs bestiaux, c’est leur vie, c’est un peu leur famille ;
Par les autres métiers, point ne seront tentés,
Ils ne rejoindront pas le peuple qui fourmille
Matin, midi et soir, aux lieux trop fréquentés.

Animaux et gardiens, dont j’ai fait le portrait,
Par les beaux soirs d’été rivalisent d’attraits,
Créant une atmosphère à nulle autre seconde :

Car le taureau volant, ce prince de noirceur,
Est bien capable aussi de charmantes douceurs,
Et ses mots amusants font s’esclaffer le monde.

Cochonfucius

Licorne à bicorne

Composition de l'auteur

La licorne d’argent, comme elle est sympathique !
Et puis son chapelier, ce n’est pas un idiot,
Il fit un couvre-chef d’un joli matériau,
Je ferais bien un tour dans sa vieille boutique.

Observez cet objet, que maint seigneur aima :
Ce bel équipement, cette coiffure qu’orne
Une ronde cocarde : on l’appelle un bicorne,
Un polytechnicien en traça le schéma.

On peut y ranger l’or, comme dans une bourse ;
Ou des mouchoirs de poche, ou des marrons glacés,
Y porter un amour comme un oiseau blessé,
Ou le plan de Paris, ou la liste des courses.

Cochonfucius

Un petit carré vert

C'est juste un petit carré vert sur un plan. Mais ce carré, certains jours, en occupe toute la surface. Il s'y répand telle une tache d'huile sur la mer. Ces jours-là, le soleil est noir. Il luit au fond de la vallée.

mardi 26 mai 2015

La fin

Toile d'Alex Alemany

Généralement, on n'aime pas penser à la fin. Mais la fin fait que les choses ont une valeur. La mort est ce qui donne sa valeur à l'instant. Avez-vous déjà bien regardé la beauté de la personne que vous aimez ? Ou peut-être une goutte formant une si gracieuse onde ? Faites-vous attention aux petits riens du quotidien ? Un jour, ils vous manqueront et chaque petit rien deviendra un monde à vos yeux.  

Sabrine, 11 ans

L'époque antique en Héraldie

Lorsque les habitants d'Héraldie sont dans des situations tendues, l'atmosphère générale en subit immédiatement les conséquences or depuis la préhistoire il se passait un phénomène curieux en Héraldie : certaines bêtes se dédoublaient !

Enfant d’aigle et de vestale

Composition de l'auteur

Au temple sont quarante fleurs écloses,
Plus beau décor ne se peut concevoir ;
Un bel aiglon, tout ravi de les voir,
Au point du jour auprès d’elles se pose.

Pétale et plume un tel tableau composent
Que d’en parler n’est pas en mon pouvoir ;
Et resplendit le temple, à recevoir
Cette grandeur en ses parois enclose.

L’aigle est le fils, autant qu’il me souvient,
D’une vestale et d’un être aérien ;
Les desservants en ont fait leur idole.

Ah, combien fier, ce jeune et nouveau dieu,
Posant sur nous le rayon de ses yeux,
Au grand jamais ne prenant la parole !

Cochonfucius

Cauchemar de lièvre

Composition de l'auteur

Le lièvre, en rêve, soudain tombe
Au pouvoir de trois vieux renards ;
Il prie, pendant son cauchemar,
Que son faible cœur n’y succombe.

Les cruels renards oniriques,
Au long de cette longue nuit,
Narguent cet animal qui fuit ;
Ils ont des propos ironiques.

En rêve arrive un chien de garde,
Et notre lièvre est rassuré
(Même si encore apeuré)
Dans l’éclat de l’aube blafarde.

Cochonfucius

Erik Satie - Gymnopedie

video
Toile de Michael Cheval

lundi 25 mai 2015

Hommage

 Toile de Daniel F. Gerhartz 

L'Ami, point n'attendons du monde qu'il nous honore
Car sa reconnaissance est à double tranchant ;
Il arrivera un jour, c'est sûr, mais pas encore,
Où notre cercle refermera ses battants.

Ce que nous sommes, nous nous le devons à nous-mêmes ;
De l'Amitié, nous rendons ici témoignage ;
Comprenne qui voudra - chacun récolte ce qu'il sème -
Nos compositions contiennent un double message ;

Le premier, qui s'adresse au lecteur de passage,
Invite l'esprit à contempler le paysage,
À se poser dans l'unique réel qu'est l'instant.

Le second constitue le corpus d'un ouvrage
Sur l'unique chose qui mérite qu'on lui rende hommage ;
Cela seul nous honore, jusqu'à la fin des temps.

ML, La douceur angevine

Ainsi s'achève ce énième séjour angevin ;
L'encre a coulé et nos verres ont chanté le vin :-)

Les trois faces en trois phases

Toile de David M. Bowers

Seule et triple, je suis le spectre à trois faces ;
J'opère dans le plus grand secret et en trois phases ;
L'oiseau représente tel messager qui m'informe,
Le livre l'étude par quoi mon esprit se forme ;

Le miroir symbolise l'autre côté des choses ;
C'est la fenêtre qui révèle les pots-aux-roses ;
La plume traduit ce que je vois par l'écriture ;
Au fil du temps s'en allonge la nomenclature.

J'écoute aussi beaucoup ce que l'on me raconte ;
Certaines histoires inspirent de véritables contes ;
Beaucoup sont navrantes, quelques unes sont même sordides ;

Tantôt je m'en amuse, tantôt je m'en afflige ;
Ce que j'écris est vrai, c'est cueilli à la tige ;
Une haleine fraîche peut masquer des pensées fétides.

Le spectre à trois faces
Discours sur la méthode

Rien ou presque

 Toile d'Alex Alemany 

Tu écoutes une musique branchée tout en menant,
Entre le taf, la TV, les amis, les courses,
Une vie si insipide que c'en est effrayant ;
Toute ton existence est dirigée par ta bourse ;

Dans le fond, que fais-tu ? Tu bosses et tu consommes ;
Tu vois tes potes, un peu histoire  de s'updater ;
Tu sors avec ta copine qui parfois t'assomme
Avec ses lubies ; ou alors tu vas chatter

Sur les réseaux sociaux, te la faire virtuelle ;
Cliquant, surfant, zappant en un fol carrousel,
Confondant intensité et vertige du rien.

Et pour compenser, tu manges genre qui bien barbouille,
T'étonnant ensuite d'avoir une âme de gargouille,
Ne sachant plus trop où est le mal, où le bien.

Le spectre à trois faces
Sans commentaires

Dinosaure d'argent

Composition de l'auteur

C’est un monstre d’argent ; c’est un monarque, aussi,
Aimant la friandise, et puis, boire une goutte.
Il marche tout un jour sur la plaine sans routes,
Et son déplacement n’a pas de but précis.

Que donner, pour sa fête, au lézard que voici ?
Une grande galette (il la mangera toute),
Un grillon dans sa boîte (ah, vois comme il l’écoute)
Un grand trône de fer, pour qu’il soit bien assis.

Mais en ce temps présent, le roi n’est qu’un squelette,
Vestige bien léger de son grand corps d’athlète ;
Encore est-il coincé au creux des sédiments.

Jamais ne reviendra cette haute stature
Que se complut, jadis, à forger la nature,
Jamais plus, les refrains qu’il chantait hardiment.

Cochonfucius

Griffonnages

Composition de l'auteur

Simples griffons d’argent, toujours la coupe en main,
Souvent partant quérir une amphore nouvelle,
Disant que cette année, la vendange est fort belle ;
Simples griffons d’argents, connaisseurs du bon vin.

Le double griffon d’or a des plaisirs plus purs ;
Il monte dans les airs, atteint les hautes couches,
Et puis, pour s’enivrer, aspire à pleine bouche
Au long d’un jour d’été, la saveur de l’azur.

Cochonfucius

Pulsions

Toile de Boris Vallejo 

Es-tu capable de me charmer par des mots
Qui ne flattent pas ma vanité ni ne déguisent
Ta plate concupiscence que tu sertis d'émaux,
Me pensant dupe, du genre que l'on mène à sa guise ?

Es-tu bien capable d'étonner mon esprit
Sans devoir donner dans l'hypertrophie mentale
Ni me chanter quelque refrain mille fois repris,
Donnant vraiment de toi-même sans que tu t'étales ?

Es-tu même capable de faire battre mon cœur
Au rythme, non pas de ton désir névrotique
Ou de ta banale sensiblerie narcotique,

Mais de celui qui saura s'accorder au chœur
Des étoiles qui dansent sur la belle musique des sphères ?
Saurais-tu m'aimer sans déchaîner les enfers ?

Le spectre à trois faces
Modérateur de pulsions

Vivre

 Toile d'Elena Dudina 

Ceux qui disent vouloir bien profiter de la vie
N'en ont très souvent qu'une conception réductrice :
S'amuser, donner libre cours à ses envies ;
Idéalement, vivre selon ses caprices.

Beaucoup n'ont ainsi qu'une approche très égotique
De l'existence, s'intéressant peu aux autres,
Sinon dans les limites de leurs petites pratiques ;
Nouant des contacts sans faire de vraies rencontres.

Vivre, c'est ouvrir sa curiosité au monde,
Pénétrer en profondeur, entrer dans la ronde ;
Vivre, c'est simplement prendre le temps d'être ;

Regarder, écouter, entrer dans la présence
D'un lieu et d'un instant, en boire toute la substance ;
S'étonner, apprendre, connaître, renaître.

ML, La douceur angevine.

La Roue des Anges 8 : les Vertus


Les Vertus
Malachim (Les Envoyés) 

Ce Chœur régit la sphère de Tiphéreth (le Soleil). L'Archange régent est Michaël.

Les entités de cette Hiérarchie transmettent aux hommes l'énergie leur permettant de découvrir leur véritable identité, de la cultiver et de la défendre. Ils influent pour cela sur la position du Soleil dans l'Horoscope. Ils servent d'intermédiaires entre les desseins de l'Ego (Séraphins) et la volonté personnelle. Ils harmonisent les désirs humains et les besoins spirituels, et permettent les prises de conscience. 

Beth Hirsch - All I need

video

All I need's a little time
To get behind the sun and cast my weight
All I need's a piece of this mind
I can celebrate
All in all there's something to give
With you

All I need's a little sign
To get behind the sun and cast this weight of mine
All I need's a place to find
And there I'll celebrate
All in all there's something to give
All in all there's something to do
All in all there's something to live
With you

dimanche 24 mai 2015

A song

Painting by Daniel F. Gerhartz

When anything goes
Wrong, your arms are my shelter.
Your kisses soothe me.

You are my shelter, my nest.
Am I yours ? Am I your song ?

Esther Ling

L'eau

Toile de Daniel F. Gerhartz

L'eau c'est le temps qui passe ; j'en suis le paysage ;
Ses reflets mouvants intériorisent mon regard
Et dans l'envers du miroir, je vois mille visages
Qui furent miens et dont celui-ci est l'avatar.

L'eau c'est la mémoire de la substance qui voyage
À travers la grande diversité des contrées
Qu'elle pénètre car l'essence des choses se partage ;
L'eau est porteuse, même sous sa forme évaporée.

Elle a aussi des émotions la consistance
Et emprunte à tout contenant son apparence ;
Ainsi sa forme participe-t-elle de l'illusion.

Ces pensées me vinrent en voulant emplir un vase
À la rivière avec laquelle j'étais en phase ;
La nature nous enseigne avec profusion.

ML, La douceur angevine

Éconduite

Toile de Kris Lewis

Qu'as-tu à me proposer ? Partir en voyage
Vers je ne sais quel trou perdu de la planète ?
Il y a longtemps que j'ai déposé mes bagages
Et que j'ai cessé de jouer à la dinette.

M'emmener au restaurant diner aux chandelles ?
Crois-tu donc qu'un cadre ampoulé m'impressionne ?
Devant le luxe, je ne suis pas femme qui chancelle
Et je n'ai besoin d'être nourri par personne.

Écoute, mon nounours, si c'est pour la bagatelle,
Permets-moi de te dire que tu te trompes d'adresse ;
Tu trouveras moins cher dans une certaine ruelle ;
Les femmes sont vénales mais aussi de vraies bougresses ;

Avec celles-là, nul besoin de conter fleurette,
N'étant pas du genre à la jouer vertueuses ;
Tu paies cash ; merci au revoir ; c'est clair et net.
Pourquoi perdre ton temps en approches sinueuses ?

De toute manière, ta conversation est banale
Et tes rêves mesquins ; des comme toi, c'est à la pelle
Qu'on les ramasse. Connais-tu la chanson finale ?
Il n'est si bon repas qui ne finisse aux selles !

Tu me trouveras bien cruelle, mais c'est histoire
De te rappeler à la vanité des choses ;
Que j'ai déjà donné dans les amours déboires
Et que jamais tu ne supplanteras la rose.

Le monde que tu représentes est en plein naufrage ;
La vie que tu m'y proposes est vide et futile.
Regarde à l'horizon ; vois-tu venir l'orage ?
Fais donc le point sur ta vie, c'est bien plus utile.

Le spectre à trois faces
Détesté des ours comme des nounours