Signes et Symboles – l'Image des Choses – Les Choses par l'Image - Et Ailleurs aussi...

Héraldie, qui traverse sa troisième année, est un blog essentiellement consacré à l'héraldique. Cependant, il est largement ouvert sur tous les domaines : histoire, géographie, philosophie, littérature, poésie, symbolique, logotypie, chromolithographie, vexillologie, philatélie, numismatique, sigillographie, tyrosémiophilie, tégestophilie, oenographilie... mais aussi la musique, la peinture, la sculpture et l'art en général. Ce blog a donc aussi vocation à constituer une banque d'images (environ 35 000 à ce jour) et, idéalement, un portail vers toutes ces spécialités singulières.

dimanche 26 avril 2015

Messiah



Faith illuminates
My path in the dark valley
– The delusion world.

The Hope is my walking stick.
Messiah, Don’t forget us !

Esther Ling



Painting by Jeremy Lipking

Lion-centaure

Composition de l'auteur

Surgit le lion-centaure, et chacun s’émerveille.
Ses crins d’or et d’argent, tels de divins cheveux,
Habillent sobrement son joli corps nerveux ;
Un dieu vient lui parler, chaque jour, à l’oreille.

Lui, son arc à la main, sur toute chose, il veille ;
Galopant par la plaine, il rêve, il est heureux,
Comme rit de plaisir un tout jeune amoureux.
Tout au fond de son cœur, des triomphes sommeillent.

Certains jours, toutefois, nous le trouvons distrait,
Comme l’est un soldat que tourmente un secret,
Comme l’est un joueur que la chance abandonne.

— Centaure, où vois-tu donc ce péril incertain ?
Quelle est cette pensée qui fait trembler ta main ?
— Une chanson d’humains, dans ma tête, fredonne.

Cochonfucius

Forteresse maritime

Composition de l'auteur

Un édifice qui tient tête
Aux plus redoutables tempêtes ;
Les habitants, malgré le bruit,
Passent une paisible nuit.

Ici sont de très sages âmes,
Pieux hommes, pieuses femmes,
Tous mangent du mouton bien gras
Et dorment dans de pesants draps.

Nul ennemi ne les assiège,
Nul félon ne leur tend de pièges :
On est satisfait, en ce lieu,
Et de la pluie, et du ciel bleu.

Cochonfucius

Spectre à trois faces


Je suis celle qui hante tes coulisses et j'ai trois faces :  
La première, neutre et distante, pour bien t'observer ;  
La seconde, rieuse et charmante, qui donne espace ;  
La dernière, furieuse, qu'il ne faut point énerver.  

Surtout ne me crois pas dupe de l'humaine nature ;  
L'ayant sondée en moi-même, j'en connais un bout ;  
Je ne juge jamais quelqu'un selon sa vêture  
Ni ne reste assise devant quelqu'un de debout.  

J'écoute les mots et regarde mieux encore les gestes ;  
Pour les analyser, je ne suis pas de reste ;  
Il est rare que je ne doive faire ma Cassandre.  

Je suis peu fréquentable, mieux vaut qu'on m'évite ;  
Beaucoup qui me voient en approche se sauvent très vite,  
Cherchant leur salut ailleurs sans plus attendre.  

Le spectre à trois faces

Hypothèque faciale


Comment peux-tu oublier que tu es tirée  
Des flancs de la Mère qui te donne sa nourriture ?  
Tu passes ton temps à t'admirer et te mirer  
Dans les vitrines et même les vitres de voitures,  

Ne vivant qu'à travers le regard des autres ;  
Tu as besoin de te rassurer et de plaire,  
Pour séduire certainement pas un apôtre,  
Mais un quidam que tu pourras aisément traire.  

Surtout ne me la joue pas vierge effarouchée  
Ou femme à principes ; j'en connais des vertueuses,  
Diplômées ès sainte-nitoucherie, aguicheuses  

Et compagnie ; qui plus, ne se sentent pas mouchées,  
Sous prétexte d'être de la comédie sociale,  
Oubliant qu'une figure n'est qu'hypothèque faciale.  

Le spectre à trois faces

Sagesse de la nature

Toile de Danie F. Gerhartz

N'est-ce pas la nature elle-même qui nous enseigne  
La poésie en nous prodiguant ses merveilles ?  
Là, une herbe empanachée que le vent peigne ;  
Ici, une fleur parée de sa belle robe vermeille ;  

Sur le chemin, une file ondoyante de fourmis  
Qui fait songer à quelque piste caravanière ;  
Dans le ciel, des nuages qui ont l'air endormis  
Et qu'un vent paresseux berce d'une brise balnéaire.  

Un canard se laisse porter au gré du courant,  
La tête recourbée et le bec dans son plumage ;  
Dans le saule, un oiseau donne son plus beau ramage ;  

Des peupliers, serrés dans le plus parfait rang,  
Me font haie d'honneur et révérence végétale.  
Et moi, je t'offre ces mots, ô ma douce terre natale !  

ML, La douceur angevine

Les dunes ne font pas des vagues


Qui n'a déjà pris des vessies pour des lanternes
Ou cru voir champ profond en simple jeu de glaces ?
Les dunes ne font pas des vagues ; le désert nous berne ;
Les leçons sont fragiles, les erreurs se déplacent.

On rejoue ailleurs et autrement les mêmes scènes,
Sachant que de postulants la salle est comble ;
On se donne la réplique et se dupe sans grande peine ;
Les hommes ne sont pas à refaire, ce me semble.

Du reste, c'est bien connu, l'imbécile c'est l'autre ;
On lance un caillou en l'air et puis l'on s'étonne
Qu'il nous retombe sur la tête en pesant une tonne.

Combien d'amis ont chanté « il est des nôtres »
Et qu'ensuite ont séparés les courants conformes ?
La vie triviale leur a taillé costumes aux normes.

Hommage

Toile de Daniel Gerhartz

L'Ami, lors que vous voilà tous deux repartis
Vers d'autres horizons auxquels la vie vous mande,
Je me sens bien seule ; mais j'en fais mon bon parti ;
Et même, chaque fois que je fléchis, je me gourmande :-)

Il n'est rien de plus précieux que d'être reliés
À ceux auprès de qui tout est profond partage,
Dans une confiance sans faille et une tendre amitié ;
Et ce lumignon que j'allume en est l'hommage.

Ce que nous cherchons à vivre de notre mieux,
Et dont nous acceptons de rendre témoignage
En cette table ouverte pour le lecteur de passage ;

Ce qu'ici nous pouvons offrir de plus précieux,
Est le désir le plus intense de toute personne.
Puissions-nous toujours trouver les mots qui résonnent !

ML, La douceur angevine

samedi 25 avril 2015

Ange gardien

Toile de Tomasz Alen Kopera 

Je suis ton ange gardien, celui que tu ignores  
La plupart du temps, me prenant pour une fable  
De bondieuseries ou au mieux une métaphore ;  
Tu m'imagines bienveillant, plutôt affable,  

Un esprit venteux avec qui l'on s'acoquine ;  
M'associant au chérubin joufflu qui volette  
Comme un petit Cupidon dont la flèche coquine  
Te fait voir l'amour là où il n'y a qu'amourette.  

Mais tu te trompes, homme passant, pauvre mortel ;  
Je suis le Toi profond, le fond de ta conscience ;  
Je suis la Porte du Soi, qui a toute prescience.  

Entends-moi : si le cœur que tu poses sur l'autel  
Est d'amour pur, alors je suis l'ange aux ailes blanches ;  
S'il est impur, c'est le démon que tu déclenches.

La Roue des Anges : introduction


Selon les traditions cosmogonique et kabbalistique, les anges gardiens sont des esprits qui existent à l’intérieur de notre conscience et qui s’éveillent à nos appels. L’ange n’est pas séparé de notre personne, mais il n’est pas directement perceptible tant que notre vision est dirigée vers l’extérieur. L’ange se trouve à l’intérieur et à l’extérieur de nous, en fait nous sommes à l’intérieur de lui. 





Conversation branchée à la terrasse

Toile de Madeline von Foerster

De retour en « ma bonne cité de Paris » (dixit Marc), après un séjour poético-bucolique en les « bonnes terres angevines » de mon amie :-) j'ai l'inénarrable plaisir de retrouver la poésie locale, au hasard d'un café. Je n'ai aucun mérite car j'étais assise juste à côté, fort discrètement d'ailleurs, grâce à une plante dans un pot.

En entendant ceci, la plume m'a démangée :
-Tu manges quoi ce soir ? Il y a que'que chose à la téloche ?
- Hervé veut manger chinois ou genre, pour changer.
- Je m'ferais bien une pizza... Vise celle-là... elle est moche !

- Allô... Ah ! C'est toi ! Là, j'suis avec Clarabelle...
Quoi ? Il a osé te faire ça ? Oh ! le salaud !
J't'ai dit qu'il est pas net ce type... Pleure pas ma belle.
Garçon, please, apportez-moi encore une menthe à l'eau.

Bon, écoute, Caro, là j'ai vraiment pas le temps...
Ouais, on s'verra d'main après le taf ; je t'embrasse.
Vache ! Son mec vient de la larguer pour une pétasse

Qui bosse chez Machin Truc, boulevard des Capucines.  
- Je croyais pourtant que... Allô ? C'est toi Aline ?
Lecteur, je te fais grâce du reste, vide tout autant.

Le spectre a encore frappé

Big Brother, branché sur la blablamétrie planétaire, doit périr d'ennui dans son bunker. Pour ma part, j'ai failli être morte de rire ou terrassée d'affliction. J'ai équilibré en écrivant cette composition, ayant changé les prénoms et pseudonymé le nom de la boîte où travaille ladite pétasse qui a dévoyé – la vilaine! - le bon gros nounours. Over.

Death


Death is my girlfriend
She awaits me in Sheol,
Smiling on her throne.

I quietly walk to meet her,
Dawn without tomorrow.

Esther Ling

Nef d'or

Composition de l'auteur 

C’est la nef d’or, portant un prêtre de l’Empire,
Sur l’océan d’argent s’avançant jour et nuit,
Rencontrant le bonheur, rencontrant les ennuis,
Parée à recevoir le meilleur et le pire.

Volent de beaux poissons dans le vent qui soupire,
Plane un lion magicien qui dans la brume fuit ;
La corne d’abondance offre ses bons produits,
Prodiguant son miracle à tout ce qui respire.

La nef n’a pas de mât, mais un clocher bien droit,
Son équilibre vient des vertus de la foi
Et d’un constant recours à la métaphysique ;

Elle va, sur les flots, suivant sa propre loi.
— Quelle destination, prêtre de bon aloi ?
— Je l’improvise au vol, comme on fait, en musique.

Cochonfucius

Monstreloup

Composition de l'auteur

Monstreloup va sur la roche,
Ses pieds souffrent salement ;
Il n’a point de pansements,
Et puis, le grand âge approche.

Monstreloup va sur la pierre,
Que n’est-il un écureuil,
Que n’est-il un doux chevreuil
Dont la démarche est légère !

Monstreloup, faut pas te plaindre,
Une fée te sourira
Et ton chagrin s’en ira ;
Tu n’as donc pas lieu de geindre.

Cochonfucius

Universal Mother

video

Rituel

Toile de Daniel Gerhartz

Le ciel se couvre de nuages menaçants
Qui s'en viennent de l'océan, remontant la Loire
Où ils s'attardent, comme si le vent les chassant
Leur accordait un court répit, le temps de boire

Une bonne gorgée d'eau angevine dont la douceur
Ondoyante flatte le regard autant qu'il inspire
L'âme à se laisser porter par son cours passeur.
Quelle est donc cette force étrange qui vers lui m'aspire ?

L'eau est comme le feu : il en émane un pouvoir
Fascinateur, qui renvoie à l'originelle
Condition ; c'est fulgurant comme une étincelle !

Le fleuve m'a montré ce que je voulais y voir ;
J'y trempe mon pied, pour sacrifier à la déesse
Du lieu, sans oublier, bien sûr, ma petite pièce.

ML, La douceur angevine

Et cette froide mécanique de fer qui m'emporte

 Toile de Daniel F. Gerhartz 

L'Amie, les paysages défilent à grande vitesse,  
Mais mon esprit flottant avance au ralenti ;  
Ce train de retour est un convoi de tristesse  
Vers les brumes de l'absence, je l'ai pressenti.   

J'ai beau raisonner, m'en vouloir de ma faiblesse,  
Rien n'y fait : ma gorge se serre, mon ventre se noue.  
Et cette froide mécanique de fer qui m'emporte blesse   
Mon âme d'une langueur à tomber sur les genoux.  

Point ne t'inquiète, j'ai du ressort, je serai forte ;  
La guerrière impétueuse n'est pas encore morte ;  
Mais si je ne m'épanche, je crains bien d'exploser  

Et d'en vouloir à quiconque passe dans mon sillage.  
Mais voilà déjà Paris car grince l'aiguillage  
Qui annonce le quai où mon pied va se poser :-)  

PS : voilà pourquoi je finis ce sonnet sur les chapeaux de roue car je veux le poster avant l'arrivée et la journée qui m'attend ne sera guère propice à l'écriture poétique.

Le théâtre à travers les âges


Ces deux séries de belles chromos anciennes illustrent l'évolution du théâtre à travers les âges, depuis la Grèce antique jusqu'à la Belle Époque, en passant par les "Mystères" du Moyen-Âge, le premier théâtre de Shakespeare et la Comédie Française de Molière.


Mélancolie

Toile de Vladimir Volegov

Les mêmes actes, chaque jour, accomplis par les mêmes gestes ;
Les mêmes pensées qui tournent, tels des rabâchements ;
Les mêmes mots qui se suivent, combinés autrement ;
Quelques parenthèses parfois, qui nous en délestent.

Où cesse le rituel et commence la routine ?
À quel moment la rigueur devient-elle raideur ?
Pourquoi une humeur câline devient-elle mutine ?
Cette chose, qui avait du goût, retombe en fadeur...

L'humain aime bien le changement mais le rattrape
Sa nature qui le renvoie dans le même moulin ;
Les mêmes ou d'autres erreurs, mais les mêmes chausse-trapes.

Je bois mon café, assise seule dans la cuisine,
Songeant, hagarde, avec des airs de Bécassine,
À l'évanescence des heures, en ce triste matin.

ML, La douceur angevine

Instant consolatoire


Les bons moments, point ne vous l'apprends, passent trop vite ;  
Le temps mécanique n'a aucune réalité  
Car la vie se vit selon sa nature induite,  
Sa sensibilité propre, son acuité...  

Autant de choses qui forment une alchimie intime,  
Très personnelle, et qui expliquent que le même temps  
Peut nous paraître ou éternel ou infime.  
Là-dessus, j'en suis certaine, tout le monde s'entend.  

Étrangement, l'existence semblerait bien brève  
Si nous nagions sans cesse dans le bonheur complet ;  
Peut-être même cesserions-nous d'en faire le rêve ?

Cruels paradoxes de la condition humaine !  
Mais n'est-il pas mieux de n'être jamais comblé 
Des choses où notre cœur a élu son domaine ?  

ML, La douceur angevine

vendredi 24 avril 2015

Peseur d'âmes

 Art Digital de Hans Peter Kolb

Je suis l'Archange Saint-Michel, du Premier Rayon ;  
Avatar de Thot l’Égyptien, le peseur d'âme,  
Du Grec Hermès-Psychopompe et du Bien le Champion  
Contre mon frère Lucifer le Déchu, l'Infâme.  

Avant qu'il ne soit longtemps, les Parques couperont  
Le fil de ta vie ; je serais la première Porte ;  
Ce que les hommes ignorent, les dieux le connaîtront ;  
Ton âme mise à nu n'aura fuyance d'aucune sorte.  

Ce bien que tu t'attribues était à dessein ;  
Tout ce qui n'est fait par amour tombe dans le vide ;  
Il vaut mieux maîtriser un seul désir avide  

Que d'en assouvir mille funestes à ton destin ;  
Chaque instant te sera compté et chaque parole ;  
N'oublie pas de donner à Charon son obole...

Ange-démon

Composition de l'auteur

L’ange-démon cornu s’avance prudemment ;
D’un vol majestueux, il descend de la nue,
Balances dans les mains soigneusement tenues,
Pour juger les mauvais et les bons éléments.

Un geste maladroit, qu’il fit secrètement,
Lui valut l’ornement dont sa tête est pourvue ;
De ce chef de bélier, la surprenante vue
À ses frères du ciel l’oppose nettement.

Mais lui, sans s’émouvoir, effectue ses pesées ;
La personne qui fut malveillante, ou rusée,
Face à cet enquêteur, doit s’en ressouvenir.

À ceux que, ce jour-là, dévore l’inquiétude,
Il rappelle qu’il est toute mansuétude :
«Je ne suis qu’un mouton ! Je ne sais pas punir.»

Cochonfucius

Coffret magique

Composition de l'auteur

Au paon d’or s’est montré un ange, en un jour faste,
Venu soudainement des immensités vastes
Et porteur d’un cadeau de l’Empereur des Cieux :
Une perle d’antan, présent digne d’un dieu.

Et le paon d’accepter, pour lui, c’est jour de fête ;
Cependant, disait-il, quelque chose m’arrête :
Je serais malheureux si l’objet s’égarait,
Je dois trouver un coffre, à ce qu’il me paraît.

C’est de là que provient la cassette divine,
La « boîte de Paon d’Or », lecteur, tu le devines.

Cochonfucius

Malicorne - Marion s'y promène

video

The Lady of Shalott (La Dame de Shalott) est une huile sur toile de 1888 du peintre préraphaélite anglais John William Waterhouse (1849-1917). Il représente la beauté de la nature ainsi qu'une scène tirée du poème du même nom, écrit par Lord Alfred Tennyson en 1832, dans lequel le poète décrit le destin d'une jeune femme (librement inspirée d'Élaine d'Astolat, languissant d'un amour non partagé envers le chevalier Lancelot), enfermée pour une raison secrète dans une tour voisine du château du roi Arthur, Camelot.

Promenade

Toile de Vladimir Volegov

L'Ami, il n'est pas une promenade, sur les bords  
De la Loire, qui ne me fasse penser aux paroles  
D'une chanson de Malicorne et dont les accords  
Traditionnels m'inspirent de bien douces paraboles ;  

Cette belle musique s'harmonise si bien à ces lieux  
Chargés d'histoire et que les anciens rois de France  
Tinrent pour être les meilleurs qui fussent sous les cieux ;  
Pour moi, ils demeurent liés à ma sphère d'aimance.  

Oui, c'est un grand bonheur que l'amour du terroir  
Et je désire m'en emplir encore davantage ;  
Ici, c'est bien simple, je ne me sens plus d'âge ;  

Ailleurs, il faut paraître et se faire bien voir ;  
En mes terres, je me sens libre, retirée du monde  
Mais entourée d'affection vraie et si féconde.  

ML, La douceur angevine

Plénitude

Toile de Vladimir Volegov

J'écoute le silence qu'ourlent mille petites rumeurs :  
Le bruissement des feuilles dans le peuplier qu'une brise  
Légère fait à peine trembler ; l'insecte bourdonneur  
Qui vagabonde, ivre, entre les fleurs éprises  

De lumière, la corolle offerte aux belles amours  
Butineuses de l'abeille dont le vol méthodique  
Contraste avec celui, plein de joyeux détours,  
Du papillon aux approches beaucoup plus pudiques.  

Une mésange charbonnière zinzinule dans la haie ;  
Parfois l'accompagnent les trilles lointaines d'une grive  
Ou d'un merle, plus modulées, plus expressives.  

Je respire l'air parfumé, encore un peu frais ;  
Mes yeux sont fermés ; mon cœur est dans la quiétude ;  
J'incline ma tête et rend grâce à la plénitude.   

ML, La douceur angevine