mardi 23 octobre 2012

Bestiaire fantastique : le centaure

Tout comme le sphinx, le centaure est une figure rare en héraldique. Inspiré de la mythologie, c'est un être hybride qui symbolise l'animalité en l'homme mais plus encore le couplage parfait entre l'instinct et la raison, l'intelligence et la force brute. Il est souvent représenté tirant à l'arc, ce qui l'associe au signe du Sagittaire.
Le centaure et l'Amour (Musée du Louvre)  et Centaure d'après un vase trouvé à Pompéi.

Blason de Sicambrin le Troyen, chevalier de la Table Ronde
De sable à un sagittaire d’or, armé d’un arc du même et d’une flèches de gueules.

Blason d'Honoré Charles Michel Joseph, comte Reille (1775-1860)
général de l'armée napoléonienne
De sinople au centaure passant d'argent, 
l'arc tendu du même et décochant une flèche d'or.

Armes du baron Ameil
Écartelé : au 1, d'azur, à une harpe d'or; au 2 du quartier des Barons militaires de l'Empire ; au 3, de gueules, au centaure Sagittaire d'argent, la tête contournée, décochant une flèche vers senestre; au 4, de sinople, à un sauvage d'or, tenant une massue du même, posée sur son épaule. 

Claude Desmeules, Montreal (Québec)
De sinople au centaure cabré d'or tenant de ses mains une 
meule de moulin d'argent chargée d'une anille de gueules.

Détail au bas de la cuve du sarcophage de Saint-Médard-d'Eyrans (près de Bordeaux) Centauresse et son enfant, vers 230-240. Musée du Louvre

 
Détail d'un vase


Les Centaurides
Tu croyais que les centaures étaient nés des chênes, des pierres, ou même de cavales fécondées, dit la fable, par le fils d'Ixion, ce qui expliquerait comment ils réunissent en eux une double nature : la vérité est que dans l'espèce des centaures les mères ont toujours eu de la ressemblance avec des femmes, leurs petits avec les enfants des hommes, et qu'ils avaient dès le principe le plus agréable des séjours. Je ne pense pas, en effet, que tu aies quelque prévention contre le Pélion, contre la vie qu'on y mène, contre les forêts de frênes cultivées par le vent, qui donnent des lances bien droites, à la pointe aussi dure que le fer. Que dire de ces belles cavernes, de ces sources que fréquentent les femelles des centaures, semblables à des Naïades si nous oublions leur nature chevaline, rappelant à certains égards les Amazones : c'est le cheval uni à la femme, c'est la force s'ajoutant à la délicatesse des formes. Quant aux enfants des centaures, les uns sont encore couchés dans leurs langes, les autres commencent à en sortir; ceux-ci semblent pleurer; ceux-là sont heureux et sourient à la mamelle qui leur verse le lait en abondance ; d'autres bondissent sous leur mère ; d'autres embrassent les centaurides agenouillées ; en voici un qui dans sa précoce insolence lance une pierre contre sa mère ; ceux-ci n'ont encore que les formes indistinctes de l'enfance aux chairs gonflées de lait ; ceux-là, qui bondissent déjà, montrent je ne sais quelle rudesse de mœurs malgré leur crinière à peine naissante et leurs sabots encore tendres. Vois aussi comme les mères sont belles, même à ne considérer que leur partie chevaline ; blanche chez les unes, jaune chez les autres, ailleurs de teintes variées ; toutes brillent de cet éclat qui est propre aux cavales bien entretenues. Celle-ci, sur un corps de cheval tout noir, élève un buste d'une blancheur parfaite : ce violent contraste contribue à la beauté de l'ensemble.
Philostrate l'Ancien, Une galerie antique, Livre II, chapitre III

Centauresse allaitant son Petit, par Alexandre-Henri Delvaux
Salon de 1908

La Centauresse et le Faune, par Augustin Courtet
(Parc de la Tête d'Or, Lyon)

Centauresse, peinture contemporaine

Chromolithographies (Belle Époque)

Philatélie



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