samedi 20 octobre 2012

L'émouvant sacrifice de la Reine Marie-Antoinette

Le 16 octobre 1793, il y a 219 ans, tombait la tête de la reine Marie-Antoinette... Il faut savoir que pendant la période de la Terreur qui dura de juin 1793 à juillet 1794, 50 guillotines furent installées en France, fonctionnant jusqu'à six heures par jour à Paris pendant les mois de juin et juillet 1794. On estime à environ 19.000, le nombre des guillotinés à Paris pendant cette période et à environ 42.000, en Province pendant la même période.

Dans le cadre d'une activité transdisciplinaire de lecture et d'histoire, les élèves peuvent essayer de déchiffrer un document manuscrit d'intérêt historique : une lettre écrite par la Reine Marie-Antoinette, alors qu'elle se trouvait incarcérée dans la prison du Temple.

Contexte historique

   Le 10 août, c'est l'insurrection. Les Tuileries sont prises d'assaut, les gardes massacrés, le roi et sa famille doivent se réfugier à l'Assemblée, qui vote sa suspension provisoire et leur internement au couvent des Feuillants. Le lendemain, la famille royale est finalement transférée à la prison du Temple. Pendant les massacres de septembre, la princesse de Lamballe, proche amie de la reine et victime symbolique, est sauvagement assassinée, démembrée, et sa tête est brandie au bout d'une pique devant les fenêtres de Marie-Antoinette pendant que divers morceaux de son corps sont brandis en trophée dans Paris.

   Pour tâcher de soustraire la Reine Marie-Antoinette au sort tragique qui l'attendait, de nombreuses tentatives avaient été faites qui, toutes, avaient échoué. Pourtant, le Général de Jarjayes, ami fidèle de la famille royale, avait établi un plan d'évasion dont le succès était assuré. Il avait, en effet, acquis à ses desseins, Toulan et Lepitre, chargés de la garde des prisonniers du Temple. Toutes les précautions étaient prises et les moindres détails réglés. Il ne s'agissait plus, maintenant, que de communiquer à la Reine le projet de son évasion...
    Sous les habits d'un Savoyard, le Général parvient jusqu'à son cachot et lui annonce la réussite complète de ses préparatifs... Mais Marie-Antoinette reste silencieuse. Elle pense à ses enfants et particulièrement à son fils, le petit dauphin, Louis XVII, emprisonné, comme elle, au Temple.


« Laissez-moi réfléchir jusqu'à demain, dit-elle simplement. Je vous ferai parvenir ma réponse. »

Et dans la nuit même, elle fait remettre au Général cette lettre héroïque et poignante...


Transcription de l'autographe ci-dessus :

Nous avons fait un beau rêve, voilà tout, mais nous y avons beaucoup gagné, en trouvant encore dans cette occasion une nouvelle preuve de votre dévouement pour moi. Ma confiance en vous est sans bornes, vous trouverez dans toutes les occasions en moi du caractère et du courage, mais l'intérêt de mon fils est le seul qui me guide et quelque bonheur que je puisse éprouver à être hors d'ici, je ne peux pas consentir à me séparer de lui. Au reste, je reconnais bien votre attachement dans tout ce que vous m'avez détaillé hier ; comptez que je sens la bonté de vos raisons pour mon propre intérêt et que cette occasion peut ne plus se rencontrer, mais je ne pourrais jouir de rien en laissant mes enfants et cette idée ne me laisse pas envie de regret.


 Marie-Antoinette à deux périodes de sa vie : en 1769-70 puis en 1787-88

 
The Royal Family in the Prison of the Temple in 1792
painting by Edward Matthew Ward 

Marie-Antoinette à trois périodes de sa vie : le second portrait, qui la montre à l'époque où elle fut à la prison du Temple, est attribué à Alexandre Kucharski (1741-1819) et le troisième est une représentation en cire la montrant peu avant sa mort.

L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793

 
Général français, né dans les Hautes-Alpes en 1745, mort à Paris en 1822. Aide de camp de son oncle, le général Bourcet, de 1769 à 1776, il fut nommé par Louis XVI, en 1791, maréchal de camp et directeur adjoint au dépôt de la guerre. Mari d’une des femme de chambre de la Reine, il fut chargé par cette dernière d’une mission à Turin auprès du prince de Condé, et de négociations avec Barnave, Duport et Lameth. Après l’exécution de Louis XVI, il tenta en vain de délivrer Marie-Antoinette, émigra en Sardaigne, rentra en France sous le Consulat, et reçut de Louis XVIII, en 1815, le grade de lieutenant général.
Source : Nouveau Larousse Illustré, Dictionnaire universel encyclopédique, tome V. 

Blason de Jarjayes
(Hautes-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Écartelé, au premier et au quatrième d'azur au serpent arrondi d'argent mordant sa queue; au deuxième et au troisième, d'azur au trois têtes de lion ordonnées 2 et 1, arrachées, lampassées et couronnée d'or.

La Tour du Temple et son enclos sont une ancienne forteresse parisienne située dans les IIIe et IVe arrondissements actuels, qui fut détruite en 1808. Construite par les Templiers à partir de 1240, pendant le règne de saint Louis, elle devint par la suite une prison. Elle doit sa célébrité au fait qu'elle servit de geôle à la famille royale en 1792 et 1793.

 L'enclos du temple vers 1450
Kirsten Dunst dans Marie-Antoinette, un film de Sofia Coppola (2006)

Tombe de Louis XVI et de Marie-Antoinette à la Basilique de Saint-Denis