dimanche 6 janvier 2013

Épiphanie et héraldique

L'Épiphanie est à la fois une fête chrétienne (commémorant la présentation de l'enfant Jésus aux Rois Mages) et laïque (galette des rois). Les chrétiens orthodoxes fêtent Noël ce jour-là. 

Seul l'évangile de Matthieu relate cet épisode des rois mages venus d'Orient en suivant une étoile. Mais le texte ne précise ni leurs noms, fixés par la tradition orthodoxe, ni d'ailleurs leur nombre : «Jésus étant né à Bethléem en Judée,au temps du roi Hérode, voici des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer.» (Matthieu, II, 1)

Beaucoup d'exégètes des évangiles tiennent cet épisode pour une légende, un exemple caractéristique du travail d'imagination opéré sur les textes de l'Évangile et des formations mythiques produites parallèlement au développement du dogme et du culte catholiques. (E.-H. Vollet)

Côté héraldique, on lira avec beaucoup d'intérêt les études sur Herald Dick Magazine : l'une, publiée aujourd'hui même, Épiphanie et Noël orthodoxe, et la précédente, datée du 6 janvier 2012, également titrée Épiphanie et Noël orthodoxe.

Héraldique imaginaire des Rois Mages

Les armes de Melchior selon Pastoureau
D'azur semé d'étoiles d'or.

Les armes de Balthazar
D'or à un homme de sable vêtu de gueules.

Michel Pastoureau, L'Art de l'héraldique au Moyen Âge, éditions du Seuil, Paris, octobre 2009, 
(ISBN 978-2-02-098984-8), page 211.  

Sur le blog d'Héraldique européenne
(cliquez sur l'image)


La légende d' Étrabonne, village du Doubs, en Franche-Comté

De retour de Bethléem les rois mages se perdirent, en un lieu où coulait une fontaine. Après s’y être désaltérés, le premier y trouva l’eau à sa convenance, le deuxième ajouta qu’elle était bonne, et le troisième, s’écria: «Elle est très bonne». Ce serait en souvenir de cette exclamation que le lieu aurait depuis lors porté le nom d’Etrabonne.

Une autre légende veut que ce soient les Rois Mages eux-même qui firent jaillir une source aux vertus thérapeutiques. Une eau très bonne est encore employée pour expliquer l’origine du nom. La devise en Latin « Astra bona me ducit » («Une bon astre me guide ») nous rapporte à l’étoile du Berger.

Source : Nicolas Vernot

Blason d' Étrabonne
Coupé voûté et haussé : au 1) d’azur à la comète 
passante d’argent au 2) d’or au lion d’azur.


En 1164, l’empereur Frédéric Barberousse ordonne le déplacement de ce que l'on tenait alors pour les reliques des rois mages. Celles-ci vont partir de Milan, lieu de leur prétendue découverte, pour aller à la fameuse cathédrale de Cologne. C’est lors de ce voyage que le convoi fit halte à l’abbaye de Lieu-Croissant. L’été 1164 vit un afflux considérable de pèlerins dans cette abbaye qui fut rebaptisée l’abbaye des Trois Rois. Le blason qui, pour des raisons administratives, fut imposé à cette abbaye représente à nouveau l’étoile du berger mais aussi les couronnes des trois Rois.

Blason de l'Abbaye de Lieu-Croissant
(L'Isle-sur-le-Doubs, Franche-Comté)
D'azur à trois couronnes à l'antique d'or posées deux et une 
surmontées d'une étoile d'argent à huit raies, posée au milieu du chef.

Compléments iconographiques


Images pieuses 

Italie, 1907

Carte mettant en image une ancienne coutume alsacienne

Philatélie


Le thème des Rois Mages a donné lieu à une quantité surprenante d'émissions de timbres dont voici quelques exemple. Ils sont en grand format afin d'en pouvoir mieux apprécier le contenu.

Allemagne 1972

Australie 1986

Canada 1965

Canada 1998

Grand-Bretagne 1962

Ghana 1980

Guernezey 1996

Hongrie 1980

Isle of Man 1983

Isle of Man 1991

Royaume de Jordanie 1966 

Liechtenstein 1981

Nouvelle-Zélande 2012

Sénégal 1977

Monaco 1982

Monaco

République dominicaine 1979

Sénégal 1972