samedi 9 février 2013

Ôte-toi de mon soleil !

Diogène de Sinope (v. 413 – 327 av. J.-C.) est un philosophe grec de l'Antiquité et le plus célèbre représentant de l'école cynique.

Disciple du sophiste Xéniade, maître entre autres de Zénon de Cition, le fondateur du stoïcisme, et de Monime de Syracuse, c'est sur Diogène que la légende a accumulé le plus d'anecdotes et de bons mots dont l'historicité n'est pas toujours avérée. Philosophe « clochard », débauché, hédoniste et irréligieux pour les eux, ascète sévère, volontaire, voire héroïque pour les autres, toujours est-il que Diogène a profondément marqué les Athéniens. Selon Sénèque, Diogène était vêtu d'un manteau grossier, allant pieds nus, vivant dehors, dormant dans une jarre de grande taille, ne possédant rien d'autre qu'un un bâton, une besace une écuelle et ne subsistant que grâce aux contributions de ses auditeurs ou mécènes. Dénonçant l'artifice des conventions sociales, invectivant ouvertement les grands hommes de son temps, il préconisait en effet une vie simple, plus proche de la nature, et se contentait d'une jarre pour dormir. La légende transforma la jarre en tonneau, ce qui n'est en soi pas improbable puisque ce type de conteneur existait déjà à son époque. Conformément à l'enseignement de son maître, il désirait vivre et se présentait comme un chien, d'où son autre surnom : Diogène le Chien. La légende raconte aussi qu'il serait mort suite à la morsure d'un chien. Ces deux anecdotes expliquent qu'on le représente souvent en compagnie d'un chien.

Diogenes par John William Waterhouse, 1882

On l'aurait également vu parcourir les rues d'Athènes en plein jour, une lanterne à la main, déclarant à ceux qui lui demandaient ce qu'il faisait : «Je cherche un homme» (parfois traduit «Je cherche l'homme» ou «Je cherche un vrai homme»).

Diogène par Jean-Léon Gérôme, 1860
Walters Art Museum (Baltimore)

Une de ses plus célèbres apostrophes s'adressa au roi de Macédoine Alexandre qui, venu lui demander s'il avait besoin de quelque chose, s'est entendu répondre : «Ôte-toi de mon Soleil !» Loin de s'en offusquer, Alexandre aurait avoué un jour : «Si je n'étais Alexandre, je voudrais être Diogène.»

Ôte-toi de mon soleil !

Diogène, détail de l'École d'Athènes de Raphaël

Diogène buvant de Girolamo Forabosco (1604-1679)


Le Diogène du square du Temple à Paris
Sculpture d'Eugène Marioton (1854-1933) 

La lanterne de Diogène dans le parc de Saint-Cloud
Aquarelle de R. Phené Spiers,1858

Éditions À l'Enseigne de l'Archer Vert 1950

Chromos

1 commentaire:

  1. Tu vivais, fier et fort, sans jamais obéir ;
    Les dieux et les démons, tu ne daignais les craindre.
    Des belles qu’un chacun toujours rêvait d’étreindre,
    Tu éteignais en toi le fugitif désir.

    Diogène, homme serein, maître de ton loisir,
    Quand s’allume un besoin, tu sais comment l’éteindre,
    Tu ne convoites point ce qu’on ne peut atteindre,
    Tu fais un geste simple en vue de ton plaisir.

    Un empereur survient, qui admire ta vie,
    Beaucoup moins que la sienne aux hommes asservie ;
    Il dit un mot aimable, avant de repartir

    Faire une autre conquête ou une autre victime.
    Tu restes bien au frais, de toi-même l’intime,
    Plus fort qu’un souverain, plus digne qu’un martyr.

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