jeudi 14 mars 2013

La Parisienne dans tous ses états

La Parisienne est réputée élégante, voire coquette. Paris est à cet effet une ville très inspirante. Une galerie de douze cartes postales éditées par R. Gaudron...

La ville de Paris
Un ensemble aux armes de Paris, le chapeau couronné d'une nef battue par les flots mais ne sombrant pas, selon les mots de la devise. Cet équipage démontre une fois encore que l'héraldique n'a pas de frontière.

Bastille
Un bonnet phrygien portant cocarde tricolore et rameau de lauriers, une robe rayée rappelant le sans-culottes... Il y a pourtant dans cet équipage deux éléments contradictoires : la lanterne et la croix en collier. Or, on sait que la Révolution fut férocement antireligieuse, du moins pendant la Terreur. Quant à la lanterne, elle renvoie au fameux "Discours à la lanterne" de Camille Desmoulins, en 1790, qui entraîna les Parisiens dans la violence populaire et au déchaînement. A l'angle de la rue de Grève (aujourd'hui place de la République) et de la rue de la Verrerie, au-dessus d'une boutique d'épicier, se trouvait une branche de fer. La lanterne qu'elle soutenait autrefois ayant disparu, ce fut à cet endroit que les émeutiers amenèrent pour les pendre, le 21 octobre 1789, un espion du gouverneur de la Bastille, Joseph Foulon de Doué, adjoint au ministère de la Guerre qui fut accusé d'avoir voulu affamer les Parisiens, et le boulanger Denis François. Ce furent les deux premiers morts de la révolution (des centaines de milliers d'autres allaient bientôt les suivre...). Pour faire connaître aux contre-révolutionnaires le sort qui leur était réservé, on criait et chantait : «Les aristocrates à la lanterne !» Lors des massacres de septembre 1792, Camille Desmoulins en eut des regrets en disant : «C'est un grand mal que le peuple se familiarise avec ces jeux» .

Les Beaux Arts
Paris est la ville des arts en général et de la peinture en particulier. Le bas de la robe est orné de motifs de couleur, rappelant la palette du peintre. L'ensemble respire la décontraction et évoque ainsi la vie de bohème des artistes.

La chansonnette parisienne
Le chanteur de rue a toujours occupé une place de choix dans le monde traditionnel des petits métiers. Au XIXe siècle, Paris compte des centaines, voire des milliers de chanteurs et de musiciens ambulants. On lira avec beaucoup d'intérêt La grande histoire des musiciens-chanteurs de rue en France, d'Arnaud Moyencourt. Le costume de la Parisienne se transforme ici en partition musicale, une énorme clef de sol brochant sur le couvre-chef empanaché.

Le Chat Noir
Paris c'est aussi la ville des cabarets, dont le Chat Noir, fondé en 1881 par Rodolphe Salis. Situé au pied de la butte Montmartre, ce cabaret fut l'un des grands lieux de rencontre du Tout-Paris et le symbole de la Bohème à la fin du XIXe siècle.

Le Moulin Rouge
Marquée par le progrès industriel et un foisonnement culturel particulièrement riche, la Belle Époque est une période de paix, d'optimisme et même d'insouciance. Les expositions universelles de 1889 (célébration du centenaire de la Révolution française et présentation de la tour Eiffel) et de 1900 en sont les symboles les plus emblématiques. Le japonisme, courant artistique d’inspiration orientale avec pour brillant disciple Toulouse-Lautrec, est à son apogée. Au sein d'un Paris de plus en plus gigantesque et dépersonnalisé, Montmartre a su garder une ambiance de village bucolique. Le quartier devient à la mode et les bourgeois viennent s'y encanailler, se mélangeant aux gens de toutes conditions. Le cabaret a cette vocation initiale : un établissement cosy, chaleureux, convivial où l’on pouvait s’amuser et lâcher prise. C'est donc dans ce contexte qu'est né le Moulin Rouge.

Les Folies Bergère
Le théâtre des Folies Bergères, ouvert en 1869, a symbolisé la vie parisienne de la Belle Époque aux Années Folles. Autrefois, ce théâtre présentait des revues dansées et des spectacles de variétés. Aujourd'hui, il propose des comédies musicales, des spectacles de théâtre musical et des concerts de musiques actuelles.

La Comédie Française
Fondée par Molière, la Comédie Française continue d'offrir à la ville les classiques de la comédie humaine. Paris compte plus de 130 salles de théâtre et trois d'opéra. Mais le costume de la Parisienne n'oublie pas d'évoquer les théâtres de marionnettes, encore nombreux dans la cité.

Opéra de Paris
L'expression "Opéra de Paris" désigne le Palais Garnier, inauguré en 1875, un des fleurons architecturaux de la transformation de Paris (période haussmannienne). Le genre opéra (théâtre chanté) est symbolisé par la coiffure garnie d'une lyre ailée et un masque brochant sur l'épaule.

Le Louvre
 
La Parisienne s'est costumée en reine, rappelant ainsi que le lieu était résidence royale depuis Philippe Auguste (1165-1223) jusqu'à Louis XVI (1754-1793). L'ancien château féodal, maintes fois transformé, devint musée le 10 août 1793. Il est aujourd'hui l'un des plus grands du monde et accueille une moyenne de 10 millions de visiteurs par an (2012).

Le Quartier latin
Avec pour cœur historique la Sorbonne, le lieu tire son nom de l'usage exclusif du latin dans les cours donnés par les écoles et universités médiévales installées dans le quartier, un des plus connus au monde, le centre intellectuel de la ville qui regroupe de nombreuses écoles et universités ainsi que des collèges et des lycées prestigieux et historiques. Le livre symbolise le savoir, la couronne feuillée le diplôme et la seringue évoque la Faculté de Médecine, sise à côté de l'ancien Collège des Cordeliers, dans le 5e arrondissement.

Les Grands Magasins
Les principales enseignes de grands magasins, Le Bon Marché (1852), le Bazar de l'Hôtel de Ville (1856), le Printemps (1865) les Nouvelles Galeries (1867), La Samaritaine (1869-2005), les Galeries Lafayette (1893)... sont autant de lieux qui invitent à la frénésie d'achats (à éviter le samedi).





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