mercredi 19 juin 2013

Le poisson en héraldique

Le poisson est lié à l'eau et participe ainsi de sa symbolique, notamment celle qui touche à l'émotionnel, à l'affect. Par son exceptionnelle prolificité, le poisson est aussi un emblème de vie et de fécondité. Dans la tradition chrétienne, le poisson symbolise également le Christ (le fameux Ichtus représenté par deux arcs de cercle formant un poisson). En héraldique, l'usage du poisson comme meuble est très courant. L'espèce peut être précisée ou non selon qu'elle représente le poisson privilégié ou emblématique d'un lieu. Les plus usitées sont les anguilles, les bars et barbeaux, les brochets, les carpes, les chabots, les goujons, les sardines, les saumons, les truites. Quant aux cétacés (baleine et dauphin), ils se blasonnent de la même façon dès lors que les attributs sont d'un autre émail que celui du corps : barbé pour la barbe, crêté pour la crête, lorré pour les nageoires, oreillés pour les ouïes et peautré pour les écailles.

Le poisson sans précision d'espèce
L'espèce n'est pas toujours préciser sur les blasons. Le dessin représente alors un poisson passe-partout, un modèle qui est parfois utilisé pour une espèce précise.

Ballancourt-sur-Essonne
(Essonne, Ile-de-France)
D'azur à deux épis de blé d'or passés en sautoir, cantonnés de quatre poissons d'argent, à l'écusson de gueules à la croix de Malte d'argent brochant en abîme.

Boron
(Territoire de Belfort, Franche-Comté)

De gueules à trois poissons d'or rangés en bande.



Cornillac
(Drôme, Rhône-Alpes)

D'or à la fasce ondée d'azur chargée d'un poisson d'argent.




Kriegsheim
(Bas-Rhin, Alsace)

D'azur au poisson d'or posé en bande sur un livre fermé du même.



Poissy
(Yvelines, Ile-de-France)

D'azur au poisson d'argent posé en fasce, accompagné de deux fleurs de lys d'or, l'une en chef et l'autre en pointe, et adextré d'une autre fleur de lys du même mouvant du flanc.

Binic
(Côtes-d'Armor, Bretagne)

D'azur à deux poissons d'argent nageant l'un sur l'autre (superposés en fasce), au chef d'hermine.



Chavannes-sur-l'Etang
(Haut-Rhin, Alsace)

De gueules à deux poisons courbés d'or, celui du chef la tête sur le flanc dextre, celui de la pointe la tête sur le senestre. 

Guémar
(Haut-Rhin, Alsace)
De sinople à une herse sommée d'une croix pattée d'or et soutenue d'un poisson contourné d'argent, le tout accompagné de trois écussons d'or, deux en chef et un en pointe.

La Turballe
(Loire-Atlantique, Pays de la Loire)
D'azur à quatre sardines posées en fasce et rangées l'une sur l'autre ; au chef d'azur à cinq mouchetures d'hermine de sable.

Soisy-sur-Seine
(Essonne, Ile-de-France)
De sinople à trois chênes d'or, à la champagne d'argent chargée de cinq trangles ondées du champ, surchargées d'un poisson d'or, sur le tout parti d'hermine et de gueules.
















 
Jettingen (Haut-Rhin, Alsace)
De gueules au poisson ailé d'argent posé en bande.

L'anguille
Selon l'héraldiste Foulques-Delanos, l'anguille symbolise la sédition (Manuel héraldique ou Clef de l'art du blason, Limoges, 1816). Elle est également liée à l'idée de dissimulation (d'où l'expression "il y a anguille sous roche").

Aiguebelle (Savoie, Rhône-Alpes)
Coupé de gueules à la croix d'argent, et de sinople à trois anguilles d'or nageant en fasce rangées en pal.
Chaillé-les-Marais (Vendée, Pays de la Loire)

Écartelé : au premier d'or au château de gueules, ouvert et ajouré du champ, maçonné de sable, au deuxième d'azur à l'île d'argent, au troisième d'azur à l'anguille d'argent ondoyant en pal, au quatrième d'or à la fasce fuselée de gueules de cinq pièces.
François II de Jouvenel des Ursins (1570-1650) marquis de Trainel, seigneur de La Chapelle-Gauthier et de Doue, chevalier du Saint-Esprit (brevet n°180, reçu le 2 janvier 1599).
Bandé d'argent et de gueules de six pièces ; au chef d'argent, chargé d'une rose de gueules, soutenue d'une trangle d'or chargée d'une anguille d'azur.
Glénac (Morbihan, Bretagne)
Taillé : de sinople à un héron contourné d’argent becqué et membré d’or et d’azur à une anguille ondoyante d’argent lorée d’or ; une traverse d’argent, chargée de trois mouchetures d’hermine de sable dans le sens de la barre, brochante sur la partition.
Monteton (Lot-et-Garonne, Aquitaine)
De gueules au chevron d'or, à une branche de prunier de sinople en barre, feuillée de même et fruitée de deux pièces de pourpre, posée sur une claie de sable, brochant sur le tout et soutenue d'une anguille d'argent, lorée d'or, la tête et la queue brochant sur le chevron; le tout accompagné en pointe d'une jumelle ondée d'azur.

François II de Jouvenel des Ursins (1570-1650), baron puis comte de Selles-sur-Cher, baron de Charost, de Mors, seigneur de Font-Moireau (1565-1649. 
Écartelé : aux I et IV, de Melun ; aux II et III, bandé de gueules et d'argent, au chef d'argent, chargé d'une rose de gueules et soutenu d'une trangle d'or chargée d'une anguille d'azur (Orsini / (Jouvenel) « des Ursins ») ; sur le tout d'argent à une fasce de gueules (Bethune).
Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne, Ile-de-France)
D'azur à la bande d'or, chargée d'une anguille tortillée du champ, accompagnée en chef de trois fleurs de lis d'or, au bâton de gueules péri en bande, et en pointe d'une couronne d'épines enfermant le mot PAX surmonté d'une fleur de lis et soutenu de trois clous, le tout d'argent.
Saint-Perreux (Morbihan, Bretagne)

Saint Perreux, Patron de la commune, qui avait fondé dans la Cornouaille insulaire un monastère qui prit plus tard le nom de Padstow et de Botmin. La barre ondée d’azur représente la rivière « l’Oust ». L’anguille, emblème de la commune, représente la pêche .





Le bar

Surnommé aussi loup ou perche de mer, le bar tient son nom du germanique bars signifiant "pointe", rapport à ses dangereuses épines dorsales. Sa représentation héraldique traditionnelle n'a, comme on le voit, rien de commun avec son aspect réel. 


Comtes puis ducs de Bar

D’azur semé de croisettes d’or et aux deux bars d’or.
Bar-le-Duc (Meuse, Lorraine)

Parti, au premier d'azur semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or à deux bars adossés d'argent brochant sur le tout, et au second du même à trois pensées tigées et feuillées au naturel. 

Comtes de Chiny
De gueules semé de croisettes d'or et aux deux bars d'or.
Louis III, premier comte à porter ces armes, est neveu d'un comte de Bar.
Comtes de Clermont-en-Beauvaisis
De gueules semés de trèfles d'or et aux deux bars adossés de même.

Renaud II, premier comte à porter ces armes, est marié à une fille d'un comte de Bar.
Comtes de Ferrette
De gueules aux deux bars adossés d'or.

Les comtes de Ferrette étaient issus de la même famille que les comtes de Bar.
Anderny (Meurthe-et-Moselle, Lorraine)
Écartelé : au premier et au quatrième d'azur aux deux bars adossés d'or, accompagnés de quatre croisettes recroisetées au pied fiché du même, au deuxième parti au I d'azur aux trois coquilles d'argent rangées en pal et au II fascé d'or et de gueules de huit pièces, au troisième de gueules à la clef d'or en pal.
André de Montbard

Écartelé, au 1 et 4 d'argent à la croix pattée de gueules (qui est du Temple) et au 2 et 3 d'azur aux deux bars d'argent (qui est de Montbard).
Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle, Lorraine)

De sable semé de croix pommetées au pied fiché d'argent à deux bars adossés de même.
Dommartin-la-Chaussée (Meurthe-et-Moselle, Lorraine)

D'azur semé de croix recroisetées au pied fiché d'or chargé de deux bars de même, l'écu chapé d'or à deux taux de sable.
Guewenheim (Bas-Rhin, Alsace)
Écartelé, au 1er d'argent au lion de sable lampassé de gueules, au 2nd de gueules au soc de charrue d'or en pal au coutre de même en bande les deux pointes se touchant en chef, au 3ème de gueules aux deux bars adossés d'or, au 4ème d'argent à la balance potencée de gueules, le balancier posé en barre.
Naives-Rosières (Meuse, Lorraine)

De gueules à la lance d'argent mouvant de la pointe, accostée de deux bars adossés d'or, flanqués de deux clefs adossées aussi d'argent.
Oermingen (Bas-Rhin, Alsace)
Parti : au premier d'azur semé de billettes d'or au lion couronné du même ; au second d'argent aux deux bars adossés de gueules, accompagnés de quatre croisettes du même.
Plesnois (Moselle, Lorraine)

D'azur à deux bars adossés d'or, accompagnés de quatre roses du même, feuillées de sinople.







Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle, Lorraine)

De gueules au pont de trois arches d'argent flanqué de deux tours crénelées couvertes du même, le tout posé sur des ondes de sinople mouvant de la pointe et surmonté d'un écusson d'azur semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or, chargé de deux bars adossés du même brochant sur le tout et d'une bordure aussi d'or.






Le brochet


Basse-Goulaine (Loire-Atlantique, Pays de la Loire)

Coupé : au premier d'argent au pelven d'azur adextré de sa pierre ronde du même, au second d'azur au brochet d'argent posé en fasce.

Bonnetan (Gironde, Aquitaine)

Gironné d'argent et d'azur au chef burelé aussi d'azur et aussi d'argent de huit pièces ondées chargé d'un brochet du même.
La Chevrolière (Loire-Atlantique, Pays de la Loire)

D'or au chevreuil passant de sable posé sur une terrasse de sinople ; au chef d'azur chargé d'un brochet d'argent accompagné de deux fleurs de nénuphars du même feuillées d'or.
Luçon (Vendée, Pays de la Loire)

De gueules au brochet d'argent posé en pal.

Mantes-la-Ville (Yvelines, Ile-de-France)
D'azur à la couronne dentée d'argent remplie de gueules, accostée et engrenant deux pignons dentés aussi d'argent, surmontés chacun d'une fleur de lis d'or, à la lyre du même, cordée de sable, enfermée dans la couronne dentée et brochant en issant de la partie supérieure de la couronne dentée, à la champagne ondée d'argent chargé d'un brochet d'azur.
Nernier (Haute-Savoie, Rhône-Alpes)

D'azur aux deux brochets adossés d'argent.

Robert Brochereul (Chancelier de Bretagne, 1399)
D'azur, au brochet d'argent mit en bande.
Saint-Maurice-de-Beynost (Ain, Rhône-Alpes)
De sinople à la bande cousue de gueules, chargée en chef d'une aigle d'or, en coeur d'une épée d'argent garnie d'or, et en pointe d'une tête de saint Maurice de profil nimbée d'or et au col d'argent, accompagnée en chef d'une croix tréflée d'argent et en pointe d'un brochet contourné en bande du même.






 La carpe
 

Chalou-Moulineux (Essonne, Ile-de-France)
Écartelé : au premier d'azur aux trois fleurs de lys d'or, au deuxième de gueules à la croix pattée d'argent, au troisième de gueules à la carpe d'argent posée en pal, au quatrième d'azur à la gerbe de blé d'or.
Huelgoat (Finistère, Bretagne)
De gueules au cerf passant d'or, au chef ondé de sinople soutenu aussi d'or, chargé d'une moucheture d'hermine accostée de deux carpes posées en face et affrontées, le tout aussi d'or.








Amt Peitz 
(Brandebourg, Allemagne)
Deetz
(Saxen-Anhalt, Allemagne)
Muehlenrade
(Schleswig-Holstein, Allemagne)
Reinfeld
(Schleswig-Holstein, Allemagne)
Wallendorf (Luppe)
(Saxen-Anhalt, Allemagne)
Brieskow-Finkenheerd  
(Brandebourg, Allemagne)
Heilshoop
(Schleswig-Holstein, Allemagne)
Nauen
(Brandebourg, Allemagne)
Teupitz
(Brandebourg, Allemagne)
Westerau
(Schleswig-Holstein, Allemagne)


Le chabot

Famille Chabot  Bas-Poitou (en deux versions)
 D'or à trois chabots de gueules nageant en amont, deux en chef, un en pointe.

Écartelé : en 1 et 4, d'or à trois chabots de gueules (qui est deChabot) ; en 2, de gueules à l'épée d'argent en pal (qui est des barons tirés de l'armée) ; en 3, d'azur, à la forteresse donjonnée de trois tourelles crénelées d'argent, ouvertes, ajourées et maçonnées de sable, soutenue d'un rocher d'argent, cantonnée à dextre et en chef d'une botte éperonnée d'argent, à senestre d'un casque taré de profil d'or, et en pointe, à dextre d'une galère antique d'or, à senestre un cygne nageant d'argent.
Léonor Chabot (+1597) Marquis de Mirebeau
Écartelé: aux 1 et 4, de (Chabot); au 2, d'argent, au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'or, la queue fourchée et passée en sautoir (Luxembourg); au 3, de gueules, à l'étoile à seize rais d'argent (Baux).

Saint-Jorioz
(Haute-Savoie, Rhône-Alpes) 
D'or à trois chabots d'azur au chef de gueules papelonné d'or.

Les tuileries fonctionnèrent jusqu'en 1953 et la grande cheminée fut détruite en 1960. Elles étaient spécialisées dans la fabrication des tuiles « écailles ». Cette activité se trouve représentée dans la partie supérieure du blason sous la définition héraldique.
Les armoiries de la famille DE GRUEL : Leurs couleurs, présentes à partir de 1625 au château de Villard-Chabot ont inspiré l'autre partie du blason. Et les chabots, poissons d'eau douce à tête plate servent « d'armes parlantes ».

Saint-Léger-Triey
(Côte-d'Or, Bourgogne)

D'argent aux deux filets ondés en fasce d'azur, au pal de sinople chargé d'une crosse d'or brochant sur le tout, au chef de gueules chargé de trois chabots aussi d'or.

Le corégone

Trois-Rivières
(Québec, Canada)
 
D'azur au chevron d'argent chargé d'une fleur de lis du champ,
accompagnés de trois grands corégones nageant aussi d'argent.
  • Le chevron provient des armoiries de Pierre Boucher, célèbre gouverneur de Trois-Rivières.
  • Les trois poissons (corégones) symbolisent les trois rivières. Ils sont aussi le totem des premiers occupants des lieux, des Indiens Attikameks.
  • La fleur de lys indique les origines françaises de la ville.

Le goujon

 
Armes de la famille Goujon (Condomois)

D'azur à trois goujons d'argent, l'un au-dessus de l'autre.

Silmont
(Meuse, Lorraine)
Coupé vouté d'or à deux goujons d'azur posés en bande ; et de gueules 
à deux lances d'or en sautoir soutenues d'une fleur de lys de jardin d'argent.

Villiers-Saint-Frédéric
(Yvelines, Ile-de-France)
Parti, premier d'or aux trois abeilles de sable, au second d'azur semé de billettes d'or aux deux goujons adossés du même brochant sur le tout, le tout sommé d'un chef d'azur semé de quartefeuilles d'or. 

Le lavaret

Brison-Saint-Innocent
(Savoie, Rhône-Alpes)

Coupé : au 1) parti au 1° d'argent à l'aigle de sable et au 2° contre-écartelé d'hermine et de gueules, au 2) d'azur au lavaret d'argent soutenu d'une grappe de raisin tigée et feuillée d'une pièce d'or. 


La loche


Idron-Ousse-Sendets
(Pyrénées-Atlantiques, Aquitaine)
D’or à la roue de sainte Catherine vidée du champ et enfermant un cèdre au naturel ; 
au chef d’azur chargé d’une loche [poisson du lieu] d’argent.

Loches
(Indre-et-loire, Centre)

De sinople à six loches d'argent posées en fasce ordonnées 3-2-1,
au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or.


Loché-sur-Indrois
(Indre-et-loire, Centre)
De gueules à une crosse contournée d'or, aux deux loches contournées
d'argent nageant l'une sur l'autre brochant en cœur sur le tout.


L'ombre


Fontaine-de-Vaucluse
(Vaucluse, Provence-Alpes-Côte-d'Azur)

D'azur, à une truite et à un ombre d'argent, nageant l'un sur l'autre.

Germiny
(Meurthe-et-Moselle, Lorraine)
Écartelé : au premier et au quatrième d'azur à l'ombre d'argent posé en fasce, 
au deuxième et au troisième aussi d'azur à l'écusson d'argent.

Le requin
Le requin est plutôt rare en héraldique. Pour notre part, nous n'avons trouvé qu'un blason où il figure : celui de Tuléar à Madagascar (ci-dessous). Si notre ami Herald Dick devait passer par là, il nous confirmerait ou infirmerait la chose.


Cependant, le requin apparaît parfois sur des insignes militaires (écusson, sceau).

L'insigne de l'Escadrille 12S (à gauche) représente un requin surgissant de la mer, encadré dans un viseur quadrillé (allusion au sous-marin faisant surface et visé par les appareils de détection de l'avion de lutte ASM). A droite, l'insigne de la Flotille 23F.

Ci-dessus, deux versions du sceau du sous-marin d'escadre Requin.