samedi 29 mars 2014

Des différentes catégories de personnes


Les esprits d'élite discutent des idées, 
les esprits moyens discutent des événements, 
les esprits médiocres discutent des personnes. 
Jules Romains (1885-1972)





Face à la diversité du vivant, la simple observation de points communs induit naturellement de procéder à des recoupements et donc aussi à des regroupements. Cela naît surtout du besoin inné d'établir une grille de lecture et de compréhension du monde. L'espèce humaine n'échappe pas à la classification dont les critères sont aussi variés que les domaines considérés : physiologique, culturel, socio-économique, politique, comportemental, etc. La pratique des sondages multiplie par ailleurs les angles d'approche. Ainsi, l'individu se trouve-t-il être une combinaison, variable et changeante, d'expressions nomenclaturées. Mais intéressons-nous ici à des classifications qui esquissent des typologies plus en rapport avec les personnalités et les comportements, des approches moins courantes mais qu'il est néanmoins loisible d'observer sur soi-même et dans nos entourages. 

La classification de Jules Romains est certes lapidaire mais elle a le mérite d'être concise et pertinente. Percutante donc. Elle établit trois niveaux de préoccupations majeures et récurrentes et donc, en quelque sorte, l'échelle de perception et d'appréhension du monde et d'autrui vers laquelle on est ramené par l'effet magnétique d'un pôle d'intérêt et qui pousse à rechercher la compagnie de personnes ayant le même dénominateur. 

Jeff Green (Pluto: The Evolutionary Journey of the Soul) établit une classification selon le stade d'évolution du sujet et dont le principe trouve son origine dans la philosophie de l'Inde antique. La classification et la terminologie sont remaniés pour s'adapter à notre civilisation moderne et aux théories sociologiques en vigueur à l'heure actuelle. Chacun peut observer par soi-même ces quatre stades d'évolution dans notre société.

Le stade de la conscience embryonnaire ou de régression
Cette condition ne concerne que deux à trois pour cent de l'espèce humaine, ce qui n'est déjà pas négligeable. Il s'agit d'une part d'êtres ne faisant qu'émerger d'états non-humains - tels ceux du règne animal - en voie d'accéder à la conscience humaine, et d'autre part d'individus en état de régression à un état antérieur d'évolution (...) Ces individus n'ont que faiblement conscience d'eux-mêmes, et le sentiment qu'ils ont de leur situation spatio-temporelle est proportionnellement limité. Ils peuvent présenter des symptômes d'hébétude. dans certains cas, ce stade d'évolution inférieure peut être associé à une déficience intellectuelle, au crétinisme ou à l'arriération mentale.
Le stade du consensus
On y trouve quelque soixante-quinze pour cent de l'espèce humaine. Ce groupe est constitué des individus dont l'identité est une simple extension des normes, croyances, coutumes et tabous de la société. En fait, cette catégorie d'individus constitue le corps principal de la société. Ces individus sont la société. Ils ne remettent pas sérieusement en question ce qu'ils ont appris à croire ou à penser ; et, quand ils le font, ils s'accordent finalement sur une réponse consensuelle dictée par la société. (...) Ceux qui sont restés assez longtemps à ce stade d'évolution peuvent développer des aptitudes à diriger les masses.
Le stade de conscience individuelle
Approximativement vingt pour cent de l'espèce humaine a atteint ce stade : il s'agit de ceux qui remettent en question les croyances, coutumes, normes et tabous de leur société. ces individus cherchent à découvrir leur identité personnelle, par contraste avec leur identité sociale. Ils désirent agir selon leurs propres lois, leurs propres convictions, valeurs, besoins, coutumes et tabous. Ils apprennent à les rechercher à l'intérieur d'eux-mêmes. Un sentiment d'indépendance les habite, et ils revendiquent le droit à la quête de soi et à la liberté de conscience.
Le stade de conscience spirituelle
Les deux à trois pour cent qui ont atteint ce stade d'évolution tentent de considérer leur vie et celle de leurs semblables selon un cadre universel ou holistique. En fait, ils désirent comprendre la nature de la Création en fonction de ce cadre et s'alignent sur des enseignements spirituels, principes directeurs de leur vie. Ils essaient de découvrir les valeurs, croyances et vérités intemporelles, et de vivre en accord avec elles. dans ses plus plus hauts degrés d'accomplissement. Ce stade d'évolution s'est reflété dans ceux que nous appelons des "Avatars" ou Maîtres Spirituels : Jésus, Bouddha, Lao Tseu, Mahomet, Moïse... C'est le stade des individus qui ont éliminé, ou travaillent à éliminer, tous les désirs de séparation ou d'extériorisation présents dans leur Âme.
Jeff Green souligne qu'il ne faut cependant pas utiliser ces quatre stades d'évolution comme une classification rigide car il y a un mouvement interne entre eux et à l'intérieur de chacun. Par exemple, un individu peut se trouver dans un état intermédiaire entre le stade du consensus et le stade de conscience individuelle : il est alors marqué par des caractéristiques propres à chacun d'eux. 

Michel Larivière, La foule

Dans son livre Le manuscrit des Andes, l’écrivain James Redfield rapporte que nous sommes en compétition les uns avec les autres pour acquérir de l'énergie. Et nous le faisons inconsciemment chaque fois que nous rencontrons autrui. En observant nos propres interactions et celles des autres, nous pouvons devenir conscients de cette lutte acharnée et commencer à comprendre ce qui sous-tend les conflits humains. Lorsque notre conscience progressera, nous nous rendrons compte aussi que l'énergie obtenue de cette façon ne dure pas très longtemps. Puis nous découvrirons que la véritable énergie que nous cherchons provient d'une source universelle. Nous n'avons pas besoin de la soutirer à une autre personne.
Plus nous comprendrons notre tendance à vouloir contrôler, affaiblir, devancer et soupçonner les autres ou leur complaire, plus rapidement nous nous débarrasserons de ces habitudes.
La quatrième révélation (du manuscrit) explique que les êtres humains se sont souvent coupés eux-mêmes d'une connexion intérieure avec cette énergie mystique. Le résultat est que nous avons eu tendance à nous sentir faibles et peu sûrs de nous-mêmes, et que nous avons souvent cherché à récupérer des forces en nous procurant de l'énergie auprès d'autres êtres humains. Nous le faisons en cherchant à manipuler ou à absorber l'attention de l'autre. Si nous pouvons forcer son attention, alors nous sentons qu'il nous donne du tonus, nous rend plus forts grâce à son énergie, mais évidemment cela l'affaiblit. Souvent, les autres réagissent contre cette usurpation de leur force, créant ainsi une lutte de pouvoir. Tous les conflits en ce monde proviennent de cette bataille pour l'énergie humaine.


La sixième révélation nous enseigne que chacun de nous représente une nouvelle étape de l'évolution par rapport à l'héritage que lui ont laissé ses deux parents. C'est en prenant conscience de ce que nos parents ont accompli et du point où ils se sont arrêtés que nous pouvons atteindre notre but le plus élevé sur terre. En conciliant ce qu'ils nous ont donné et ce qu'ils nous ont laissé à résoudre, nous pouvons obtenir une image claire de ce que nous sommes et de ce que nous sommes appelés à faire.

La sixième révélation nous enseigne que nous entravons notre évolution en nous obstinant à essayer de contrôler l'énergie par un processus appelé "mécanisme de domination". Nous bloquons systématiquement l'évolution de notre destin en répétant un schéma de domination appris dans l'enfance, au lieu de permettre aux phénomènes synchronistiques de nous faire progresser. (...) Dans ces moments-là, nous recourons souvent à notre technique personnelle, inconsciente, de manipuler autrui pour lui prendre son énergie. Généralement, ces manipulations sont soit passives, soit agressives. Quatre stratégies sont dénombrées :
- La plus passive est la réaction de la Victime, ou du Plaintif : toujours envisager les événements de façon négative, compter sur l'aide des autres, décrire les faits de façon à les culpabiliser (et les obliger ainsi à vous fournir de l'attention et de l'énergie).

- Prendre ses distances - la stratégie de l'Indifférent - est moins passif : donner des réponses vagues, ne s'engager en rien, faire que les autres s'efforcent de le comprendre. Quand ils lui courent après, il capte leur attention et donc leur énergie.

- La méthode critique de l'Interrogateur est plus agressive que les deux précédentes : il cherche à trouver ce qui ne va pas dans les actions des autres, il les surveille sans cesse. S'il nous surprend en train de commettre ce qu'il considère comme une erreur, il nous met dans l'embarras, nous devenons exagérément prudents et nous nous préoccupons de ce qu'il pourrait penser. Il nous guette du coin de l'œil et nous lui apportons ainsi de l'attention et de l'énergie. 

- Le style de l'Intimidateur est le plus agressif : il paraît incapable de se contrôler, il semble explosif, dangereux et belliqueux. Les autres l'observent avec crainte et lui apportent ainsi de leur énergie.

Du fait que nous tendons à répéter ces manipulations avec tous ceux que nous rencontrons, et à organiser notre vie autour de ces procédés, ces derniers peuvent être qualifiés de "mécanismes de domination", de schémas répétitifs qui semblent nous ramener sans cesse aux mêmes situations. Mais, dès que ces mécanismes sont devenus conscients, nous nous surprenons à récidiver chaque fois que nous y recourons, ce qui nous permet de nous relier davantage à notre énergie intérieure. Une analyse de notre petite enfance peut révéler comment ces mécanismes se sont élaborés, mais, une fois que cela est dépassé, nous voyons les raisons plus profondes qui nous ont fait naître dans une famille donnée. À partir des points forts de nos parents et des problèmes de développement personnel qu'ils n'ont pu résoudre, nous pouvons découvrir la questions centrale de notre vie et notre tâche ou notre "mission" dans ce monde.
Une belle société a pour fondement une somme d'individus conscients et donnants. A contrario, une masse normalisée, inculte et consumériste est l'attribut d'un vil système. F.T.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire