lundi 24 mars 2014

Promenade au Jardin des Tuileries

Sans doute le Jardin des Tuileries est-il loin de valoir celui du Luxembourg, plus récréatif et plus délassant, mais il gagne par son environnement architectural somptueux et le poids de l'Histoire dont les vibrations sont encore prégnantes, pour peu que l'on soit sensible et réceptif à ces choses qui sont de l'autre côté du temps. Le mieux est de s'y rendre le matin, quand la foule habituelle des touristes n'a pas encore investi le lieu. On peut alors admirer tout à loisir les nombreuses statues qui jalonnent l'allée entourant le bassin central que les canards colvert partagent en bonne intelligence avec les mouettes, peu farouches. Toute cette joyeuse compagnie emplumée, aux becs si drôlement rieurs, apporte beaucoup de légèreté à l'atmosphère ambiante. En ce dimanche 23 mars, le temps d'éclaircies, ponctué d'ondées soudaines, marque bien le début de la belle saison. L'on se dit alors qu'il fait bon vivre.

Thésée combattant le Minotaure

Réalisé entre 1821 et 1827, ce marbre d'Étienne Jules Ramey (1796-1852) fut placé en 1832. Il met en scène la lutte à mort qui opposa Thésée au Minotaure, selon le récit de la mythologie. Une copie bronze (1854) est conservée au château de Dampierre.

"Athènes vit un drame : depuis la mort de son fils et sa victoire sur les Athéniens, Minos, roi de Crète, exige que la ville lui envoie tous les 9 ans un tribut de sept jeunes hommes et de sept jeunes filles qu'il donne en pâture au Minotaure. Thésée décide de mettre fin à ce carnage et se rend en Crète avec les jeunes victimes afin de tuer le monstre. Égée fait tout pour le convaincre de rester, mais Thésée reste inébranlable.

Minos se moque de ce jeune homme qui prétend entrer dans le labyrinthe de Dédale, exterminer le monstre et en ressortir sain et sauf. C'est ne pas tenir compte de sa propre fille, Ariane qui est tombée amoureuse de Thésée et qui va lui donner une pelote de fil pour lui permettre de retrouver la sortie. Il abat le monstre avec le glaive qu'Ariane a volé à son père (glaive offert par Héphaïstos pour son mariage avec Pasiphaé), ressort du labyrinthe et se sauve en mer avec ses compagnons et Ariane qui a trahi son père à condition qu'il l'épouse. Il abandonne Ariane sur une île déserte après l'avoir endormie sur les conseils du capitaine du bateau. Il sait pourtant qu'Ariane a trahi sa famille pour lui et que si elle revient à Knossos elle se fera exécuter par son père pour trahison. Il rentre donc sans elle à Athènes. Égée attend du haut d'un promontoire le retour du bateau et guette la couleur des voiles : selon un accord passé avec son fils, elles seront blanches en cas de victoire. Mais Thésée a oublié de les changer et les voyant noires, Égée se jette dans la mer qui, désormais, porte son nom6. Après ce tragique événement, Thésée devient le roi d'Athènes."

D'après Wikipédia et Plutarque, Vies parallèles, Vie de Thésée, XXIV-XXVI, traduction Dominique Ricard (1884). 

Diane Chasseresse


Dans la mythologie romaine, Diane est originellement l'incarnation féminine de la lumière diurne, et donc, par extension, du divin. Assimilée à la l'Artémis des Grecs au IVe siècle avant J.C., elle devint la déesse de la chasse et de la lune. 

Photographies : Marc Sinniger

Le Centaure Nessus enlevant Déjanire

Ce marbre de 1892 est l'oeuvre de Laurent Honoré Marqueste (1848-1920). Il fut placé au Jardin des Tuileries en 1894.

Dans la mythologie grecque, Déjanire, fille d'Œnée (roi de Calydon) et d'Althée, est la dernière épouse mortelle d'Héraclès. Pour la conquérir, ce dernier doit se mesurer à un rival, Achéloüs, le dieu-fleuve, qui se transforme en vain en taureau pour l'affronter : Héraclès le terrasse et lui arrache une de ses cornes.

Alors qu'Héraclès et sa femme cherchent à traverser l'Evénos (fleuve), alors en pleine crue, Nessos leur affirme qu'il est le passeur accrédité par les dieux pour son honnêteté. Il propose à Héraclès de porter sur son dos Déjanire pendant que l'homme traverserait à la nage. Ainsi, Déjanire ne serait-elle pas mouillée. Héraclès accepte, payant le centaure, puis lance ses armes sur l'autre berge avant de plonger dans l'eau. Arrivant sur l'autre rive, il entend les cris de sa femme et, se retournant, il voit le centaure qui essaye d'en abuser. Saisissant son arc, il décoche une flèche sur le centaure. Héra, voulant toujours la perte du demi-dieu, aurait soufflé à Nessos son entreprise coupable ainsi que ses derniers mots. Ce dernier, la poitrine traversée par la flèche dit à Déjanire : "Si tu mélanges le sang de l' Hydre de Lerne à celui de ma blessure, que tu y ajoutes de l'huile d'olive et que tu donnes ma tunique à Héraclès, tu n'auras plus jamais à redouter ses infidélités." (Source : Wikipédia)

Laurent Honoré Marqueste est également l'auteur de Persée tuant Méduse (1876).


Le serment de Spartacus

Ce marbre de Louis Ernest Barrias (1841-1905), de style romantique-réaliste, fortement influencé par l'Art Nouveau, fut réalisé entre 1869 et 1871 et placé au Jardin des Tuileries en 1875. Spartacus sur Wikipédia.

Médée

Marbre de Paul Gasq (1860-1944) réalisé entre 1893 et 1896. Placé aux Tuileries en 1904.

Particulièrement sombre, la légende de Médée est constituée d'une succession de meurtres ponctuée d'une série de fuites. C'est pour cela qu'elle a accompli un voyage à travers toute la Grèce antique. Sa vengeance meurtrière a donné naissance au complexe de Médée.

L'histoire de Médée débute avec l'arrivée des Argonautes en Colchide. Ceux-ci recherchent la Toison d'or sous le commandement de Jason (la quête ayant été initiée par son oncle Pélias, roi usurpateur d'Iolcos). La Toison est détenue par le roi de Colchide, Aétès, père de Médée, qui accepte de la céder si les héros accomplissent certaines tâches apparemment impossibles.

Or Médée tombe amoureuse de Jason, charmée par sa détresse. Le héros convoite surtout l'aide providentielle que ses pouvoirs pourraient lui apporter, ainsi cède-t-il à ses charmes. C'est ainsi que les Argonautes peuvent triompher des différentes embûches et conquérir la Toison d'or, avant de fuir vers l'ouest du Pont Euxin. La suite sur Wikipédia


 
Cincinnatus


Marbre de Denis Foyatier (1793-1863), sculpté entre 1832 et 1834. Placé aux Tuileries en 1835.


Lucius Quinctius Cincinnatus (v.520 / v.430 av. J.-C.) est un consul romain en 460 av. J.-C. et dictateur à deux reprises en 458 et en 439 av. J.-C., fervent opposant à la plèbe et figure semi-légendaire. Il reçoit ce cognomen parce qu’il bouclait ses cheveux.





Le bon Samaritain

Marbre de François Sicard (1862-1934) réalisé en 1896 et placé aux Tuileries en 1905.

La parabole du Bon Samaritain met en scène un voyageur, attaqué et laissé pour mort par des bandits. Un prêtre et un Lévite, tous deux juifs, représentant l’orthodoxie religieuse de l’époque, passent à côté de lui et ne s’en préoccupent pas. Or un Samaritain, représentant d’une population que les Juifs tiennent pour impie se montre capable de compassion envers cet inconnu grièvement blessé, qui n’est pas de sa religion. Ce samaritain donnera du temps, prodiguera des soins et donnera de son argent pour sauver ce malheureux.

Le texte évangélique
«Mais le docteur de la Loi, voulant se justifier, dit à Jésus : «Et qui est mon prochain ?» Jésus reprit : «Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands qui, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un prêtre vint à descendre par ce chemin-là ; il le vit et passa outre. Pareillement un lévite, survenant en ce lieu, le vit et passa outre. Mais un samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié. Il s’approcha, banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l’hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier, en disant : “Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour.” Lequel de ces trois, à ton avis, s’est montré le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ?» Il dit : «Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui.» Et Jésus lui dit : «Va, et toi aussi, fais de même.» Luc, 10, 29-37

L'Homme et sa misère

Marbre de Jean-Baptiste Hugues (1849-1930) 
réalisé entre 1905 et 1907 et placé aux Tuileries en 1923.
(Photographies : Marc Sinniger)

Du même sculpteur, Oedipe à Colone, par Jean Hugues, 1885, musée d'Orsay, Paris.


Caïen venant de tuer son frère

Marbre de Henri Vidal (1864-1918) réalisé en 1896 et placé aux Tuileries en 1982.

Caïn est un personnage de la Bible et du Coran (qui raconte aussi l'histoire des deux fils d'Adam sans les nommer. En revanche la tradition musulmane leur donnerait des noms : Hābyl pour Abel et Qābyl pour Caïn). Dans ces textes qui fondent les croyances judéo-chrétiennes et musulmanes, il est le fils aîné du premier couple Adam et Ève, et tue son frère cadet Abel, devenant ainsi le tout premier meurtrier de l'humanité. 

Caïn est le fils aîné d'Adam et Ève. Il est paysan, et a un frère Abel qui est berger. Un jour, les deux frères apportent chacun une offrande à leur Dieu : Caïn offre des fruits de la terre, tandis qu'Abel présente des bêtes de son troupeau avec leur graisse. Dieu préfère ostensiblement l'offrande d'Abel. Puis il perçoit la colère et la tristesse de Caïn, et lui enjoint de dominer le péché. Mais Caïn échoue un peu plus tard, et tue son frère dans les champs.


Dieu l'interpelle mais Caïn nie son crime, puis Dieu lui apprend qu'il est maudit par le sol qui a recueilli le sang versé. Ainsi il ne pourra plus récolter, et il est condamné à errer sur la terre. Caïn assure qu'il sera tué par le premier venu, et Dieu déclare qu'alors il serait vengé sept fois, et le marque d'un signe pour qu'on l'épargne. Caïn gagne la Terre de Nod, à l'est d'Éden ; là, il connaît une femme (sa sœur Awan selon le livre des Jubilés) dont il a un enfant, Hénoch. Après sa naissance, Caïn bâtit une ville qu'il appela aussi Hénoch.

Cassandre se met sous la protection de Pallas

Marbre d'Aimé Millet (1819-1891) réalisé en 1877 et placé aux Tuileries 1894.

Dans la mythologie grecque, Cassandre est la fille de Priam (roi de Troie) et d'Hécube. Elle reçoit d'Apollon le don de prédire l'avenir mais, comme elle se refuse à lui, il décrète que ces prédictions ne seront pas crues, même de sa famille.

Pallas est une épiclèse d'Athéna, c'est-à-dire une épithète accolée à son nom pour préciser l'aspect de la déesse vénérée. Pallas Athéné est Athéna déesse de la sagesse, protectrice des sciences et des arts. 

Photographies : Marc Sinniger

Nelson Norris Bidford, In the Tuileries Garden, Paris, 1881

Le Palais des Tuileries vu du Louvre du côté de la place du Carrousel vers 1865.

Incendie volontaire des Tuileries le 23 mai 1871 
par les Communards Jules-Henri-Marius Bergeret, Victor Bénot et Etienne Boudin.

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