mardi 15 avril 2014

La mode au cours des siècles par les chromolithographies

Être à la mode vestimentaire consiste à se vêtir conformément au goût général d'une époque et d'une région donnée. Bon. Mais aujourd'hui, visiblement, la manière de s'habiller est la même de Paris à Tokyo, de Moscou à New-York ou de Pékin à Pretoria. La planète entière suit désormais la même mode ou sensiblement la même. Et cette mode est d'inspiration occidentale, sans conteste. On peut le déplorer ou s'en réjouir, c'est du moins un fait.

Plusieurs facteurs déterminent la mode. Le premier, c'est la plate nécessité de se vêtir. On s'habille donc avec ce que les boutiques proposent. Vu sous l'angle purement utilitariste, la mode, c'est tout simplement ce qui se porte maintenant, sans souci particulier d'originalité ni d'esthétique. La plupart des gens visent au mieux une certaine élégance et c'est déjà suffisant. Ils ont raison. Ce que l'on appelle proprement la mode, au sens "fashion" du terme, intéresse surtout les adolescents et les jeunes gens, très soucieux d'être en phase avec leur groupe en particulier et la société en général. Avec l'âge, cette crispation se relâche petit à petit, jusqu'à s'estomper tout à fait.

D'autres facteurs déterminent donc la mode - sans même parler de l'influence énorme et quasi dominante de la publicité omniprésente, de la télévision et du cinéma, du moins pour ceux qui la suivent au plus près - c'est d'abord le besoin de se sentir de son temps, d'être de son époque, même si, du reste, on n'y comprend pas grand-chose, la forme valant contenu et l'apparence donnant du sens. Ensuite, la mode permet d'affirmer son rang ou son groupe social, ou de se donner l'illusion d'y appartenir, une posture assez courante, à Paris notamment, où les rues sont autant de couloirs de défilés pour se donner à voir. Pour se mirer dans le regard admiratif ou envieux de l'autre. Se plaire à soi-même aussi (les vitrines des magasins sont alors autant de miroirs). Cette comédie est assez amusante. Mais on peut aussi la trouver pitoyable. Cela dépend des jours.

La mode permet également d'affirmer son pouvoir d'achat - et donc, implicitement, sinon sa supériorité, du moins son égalité - et sa personnalité (se singulariser par le vêtement étant censé attester du reste). C'est évidemment bluffant. En réalité, beaucoup portent leur fortune sur le dos, tout en vivant dans des cagibis plus ou moins améliorés et se nourrissant plutôt mal la plupart du temps. L'ostentation, qui est une stratégie de compensation, révèle souvent l'indigence par derrière. Si elle n'est pas forcément matérielle, elle peut être psychique. Ce besoin de se rassurer. Paris est à ce titre une vaste scène où ces choses-là peuvent s'observer à loisir. Il existe bien le même phénomène en province, mais de manière plus caricaturale, plus décalée. Paris c'est Paris, encore et toujours, quoi qu'on en dise.

Ils ont dit de la mode


La plupart des gens désirent bien plus avoir des vêtements à la mode, ou du moins propres et sans raccommodages, que d'avoir la conscience nette. (Walden ou la vie dans les bois)

Henry David Thoreau (1817-1862), essayiste, enseignant, philosophe, naturaliste amateur et poète américain.

 
L'influence de la mode est si puissante qu'elle nous oblige parfois à admirer des choses sans intérêt et qui sembleront même quelques années plus tard d'une extrême laideur. (Les Opinions et les Croyances) 

Gustave Le Bon (1841 1931), médecin, anthropologue, psychologue social et sociologue.
La mode est ce que l'on porte. Ce qui est démodé, c'est ce que portent les autres.
La mode est une forme de laideur si intolérable qu'il faut en changer tous les six mois.
 
Oscar Wilde 1854-1900), écrivain irlandais, né à Dublin en Irlande et mort à Paris à l'âge de 46 ans.

La mode est la plus excellente des farces, celle où personne ne rit car tout le monde y joue.

André Suarès (1868-1948), poète et écrivain français.

La mode, c'est ce qui se démode.

Jean cocteau (1889-1963), poète, graphiste, dessinateur, dramaturge et cinéaste français, élu à l'Académie française en 1955.
 
 Il n'y a plus de mode, rien que des vêtements.

Karl Lagerfeld, né à Hambourg en Allemagne, le 10 septembre 1933 est un grand couturier, designer, photographe, réalisateur et éditeur allemand. Il est le directeur artistique de la maison de haute couture Chanel à Paris depuis 1983, de la maison italienne Fendi à Rome depuis 1965 et de sa propre ligne depuis 1984.


Bon, l'objet de ce billet n'est pas précisément de digresser sur la sociologie de la mode mais de mettre celle-ci en image à travers des chromolithographies anciennes et diverses illustrations choisies.

Planche scolaire

Extrait du manuel d'Histoire de France Devinat de 1935


Chromolithographies du XIXe siècle


La mode sous Louis XII (XVe siècle)

La mode sous François 1er (1494-1547)

La mode sous Henri II (1519-1559)

La mode sous Charles IX (1550-1574)

La mode sous Henri III (1551-1589)

La mode sous Henri IV (1553-1610)

La mode sous Louis XIII (1601-1643)




La mode sous Louis XIV (1638-1715)
Première représentation du Bourgeois Gentilhomme à Chambord en 1670

La Manufacture des Gobelins créée en avril 1601 sous l'impulsion d'Henri IV, 
à l'instigation de son conseiller du commerce Barthélemy de Laffemas.




La mode sous Louis XV (1710-1774)

 

Sous Louis XVI




La mode sous la Révolution, l'Empire et la Restauration


Planche affiche


Les modes comiques


Diverses illustrations du XIXe siècle
 
La balançoire, de François Flameng
Gravé par Boussod, Valadon et Cie et publié dans l'Illustration de 1891

Ein lustiger Brief (Une lettre amusante)
Chromolithographie de Karl Gampenrieder (1889)

Im Freien (En plein air)
Chromotypographie de von Ficher & Wittig Leipzig 1889

Découpis publicitaire (entre 1900 et 1910)

Affiche publicitaire du Bon Marché (1903)


Chromo illustrant les essayages

Un mariage au XIXe siècle

Mode Art Déco René Giffey (1884-1965)

Ci-contre à gauche, autoportrait de Clémentine-Hélène Dufau (1869-1937)

"Au seuil du XXe siècle, la silhouette de la femme change radicalement. L’effet de cette transformation apparaît non seulement dans les modèles, mais aussi dans les pratiques : celle de l’amincissement en particulier, les corps étant moins dissimulés. Le couturier Poiret ose abolir le corset vers 1905 : il dessine des robes qui révèlent les formes. C’est sur cette évolution que s’inaugure la beauté du XXe siècle, « métamorphose » amorcée entre les années 1910 et 1920 : lignes étirées, plus grande liberté de mouvements. Plus de poitrine projetée en avant, ni de croupe rejetée en arrière. Les corsages cintrés, affinant la taille et soulignant les hanches, passent de mode, et les femmes portent désormais des robes en tissu léger censées rappeler les tenues Empire, qui aplatissent les lignes sans plus marquer la taille. Une silhouette androgyne s’impose avec les premières robes-foulards ou chemisiers. Les jambes se déploient, les coiffures se relèvent, la verticalité domine. Cette évolution est clairement perceptible à travers les quatre œuvres choisies." Julien Neutres