mercredi 16 avril 2014

L'époque Louis XV vue par le peintre Henri-Victor Lesur

Le XVIIIe siècle, plus précisément la période couvrant la Régence de Philippe d'Orléans et le règne de Louis XV, évoque la dentelle, les ombrelles, les perruques poudrées et la mouche sur les joues blanchies à la céruse, le chatoiement des costumes, le baise-main, la pâmoison et le boudoir, la badinerie la plus exquisément frivole, le libertinage le plus décomplexé qui fût, le "tirez les premiers, Messieurs les Anglais" et autres joyeusetés. C'était le temps des fêtes galantes, qui font actuellement l'objet d'une exposition à laquelle nous avons consacré un billet tout récemment. Henri-Victor Lesur, né en 1863, est une sorte de Fragonard ou de Boucher perdu en plein XIXe siècle. Ses tableaux rendent à merveille l'esprit baroque à son apogée. Le rococo n'est pas que dans l'architecture. Il se décline autant dans les modes vestimentaires que dans les manières, les conversations et les écrits. Tout un art de vivre. Cette flamboyance vous avait un côté flambeur qui sentait déjà sa fin de règne. Un peu comme notre époque...

Né dans la seconde moitié du XIXe siècle, Henri-Victor Lesur était âgé de seulement sept ou huit ans quand la guerre franco-prussienne éclate. C'était une période particulièrement tumultueuse, tant sur le plan politique que social et économique. Elle inspirera le mouvement du réalisme dans les arts et les lettres dont l'écrivain Emile Zola et le critique d'art Champfleury sont parmi les figures les plus emblématiques.

Le public commence néanmoins à se lasser du réalisme et de ses images déprimantes. On se tourne ainsi vers des scènes plus gaies, inspirant une certaine insouciance. C'est là que Lesur entre en scène, dépeignant la vie quotidienne d'une autre époque, perçue comme plus heureuse, plus ludique, avec Paris en toile de fond.

Beaucoup de ses œuvres sont réalisées, comme pour nombre de ses contemporains, sur de petits panneaux de bois. Son style est en partie inspiré de peintres du XVIIIe siècle tels que Jean-Honoré Fragonard et François Boucher. Il sera primé aux Expositions universelles de Paris de 1889 et de 1900. Il a donné son nom à un prix décerné par le Salon des artistes français.


Une couleur marque l’apogée de cette rutilance : le rouge, la marque du pouvoir aristocratique. Quand une femme voulait séduire, elle ajoutait du rouge sur les joues.

Danse du menuet dans les jardins du château de Versailles.

Marchande de fleurs dans les jardins du château. 
La rose est par excellence la fleur de cette période

Marchande de fleurs au jardin des Tuileries.

Une rue de Paris sous Louis XV.

On se déplace en chaise à porteurs pour éviter 
de se crotter les escarpins et le bas de la robe.

Lesur semble avoir eu une prédilection pour les marchandes de fleurs. 
On les retrouve sur la plupart de ses tableaux.











Petite bibliographie



Le siècle des Lumières a été porté à sa plus haute expression par des femmes de génie dont quelques-unes ont été réunies dans ce volume.
Ce livre rassemble treize romans écrits entre 1735 et 1824, pour certains très courts et plus proche de la nouvelle que du roman .Beaucoup sont aussi des romans épistolaires ou des journaux, deux genres très prisés à l'époque.
Contrairement à la poésie et au théâtre, le roman, à l'âge classique, ne connaît pas de règles fixes. D'ou un foisonnement sans précédent de récits en tout genre : romans épistolaires, pseudo-mémoires, romans d'aventure, romans sentimentaux. Les auteurs femmes y prennent une part importante et affirment clairement leur différence en revendiquant, pour la première fois peut-être, le droit au bonheur, à une vie sentimentale, à une sexualité qui leur soient propres. Elles instruisent, avec plus de force et d'humour que les hommes le procès des conventions sociales, des interdits, des tabous ; elles cultivent une langue plus libre en se montrant moins respectueuses des normes traditionnelles que leurs confrères masculins. Ce volume réunit treize textes représentatifs couvrant tout le siècle des Lumières et la période révolutionnaire et qui n'avaient guère été réédités.


Au XVIIe siècle, le libertinage est un courant philosophique qui met en question et les limites de la raison et les dogmatismes religieux ; il récuse les systèmes métaphysiques et les superstitions et révèle la diversité des croyances et des opinions, sapant ainsi les principes de la morale traditionnelle. Au siècle suivant, le mot se spécialise : il renvoie surtout à des moeurs dissolues, à la transgression des règles morales ; le libertinage s'allie à l'érotisme comme à la jouissance égoïste, à la volonté de puissance comme à la peinture d'une société essoufflée qui cherche dans le plaisir une fin en soi. Ce seront là les thèmes privilégiés pour tout un courant romanesque qui en exploitera les ressources et les raffinements. De Crébillon fils, initiateur du genre, à Vivant Denon, en passant par Duclos, Dorat, Nerciat, Voisenon, La Morlière, Godard d'Aucour, Chevrier, Fougeret de Monbron et la scandaleuse Thérèse philosophe attribuée à Boyer d'Argens, on lira ici l'essentiel de la production libertine du siècle des Lumières. La liberté de pensée et d'imagination de ces auteurs n'a d'égale que leur absolue maîtrise d'une langue scintillante d'intelligence, de beauté et de désir.


Du siècle des Lumières si souvent visité, il restait une image audacieuse à donner : laisser parler les témoins. Voix singulières et variées : Mercier, Saint-Simon, Morellet, d'Argenson, et d'autres issues de toutes catégories sociales et de tous les âges, Brancas, Ligne, Vigée-Lebrun, Wille. Chacun a un style, une manière de raconter, des préoccupations et des sentiments divers. Tous ensemble nous sommes conviés à un véritable enchantement où l'humour, les sens de la beauté ou celui de l'anecdote, la profondeur des réflexions et le sentiment du tragique, parfois, attisent tour à tour l'attention ou comblent les sens. Tout est raconté de ces choses qui ont fait le caractère d'une époque : des perruques toujours plus hautes aux intrigues de la Cour, de l'attentat de Damiens au sacre de Louis XVI. Assortie de notices biographiques, d'un index et d'introductions, la présente anthologie promet à ses lecteurs de vrais bonheurs à la mesure de la grande diversité des textes présentés. De telles promesses sont parfois illusoires : elles ne peuvent ici qu'être exaucées.