lundi 26 mai 2014

La boîte de Pandore

Prométhée ayant volé le feu des dieux qu'il donna indûment aux hommes, Zeus, dans sa colère, jura de sa venger. Il décida de créer une jeune femme avec l'aide des autres dieux. Héphaïstos la façonna dans de l'argile, Athéna lui donna la vie et lui enseigna l'art du tissage, Aphrodite lui apporta la beauté, Apollon lui fit don de la musique, Hermès lui apprit l'art du mensonge et de la persuasion et Zeus la dota d'une grande curiosité. 

Hésiode, en sa Théogonie rapporte : « Il donne le nom de Pandore parce que ce sont tous les habitants de l'Olympe qui, avec ce présent, font présent du malheur aux hommes. »


Zeus envoya Pandore auprès de Prométhée, en lui donnant une boîte parfaitement scellée, comme cadeau de noces, lui précisant que celle-ci ne devait jamais être ouverte. Quand Pandore voulut se présenter devant Prométhée, il refusa immédiatement de voir la jeune femme. Tout présent venant du roi des dieux était suspect ; il savait très bien que Zeus cherchait à se venger. Il avertit son frère, Epyméthée, pour qu'il agisse de même, au cas où Pandore s'adresserait à lui.

Comme présumé, la jeune femme alla voir Epyméthée, qui tomba amoureux d'elle ; cependant, les avertissements de son frère résonnaient bien dans sa tête. Il épousa Pandore, mais lui fit promettre de ne jamais ouvrir la boîte offerte par Zeus. Il pressentait, comme son frère, que ce coffret était un piège et qu'il fallait absolument obéir aux paroles de Zeus.

Pandore, tenant sa promesse, les années passèrent tranquillement. Mais un jour, pendant que son époux s'absenta, elle céda à sa curiosité et ouvrit le coffret. Sans le savoir, elle libéra tous les maux de l'humanité, tels que la vieillesse, la maladie, la guerre, la famine, la folie, le vice, la passion. Terrorisée, elle referma le coffret, mais malheureusement tous ces maux s'étaient déjà échappés et dispersés.

Quand Epyméthée revint, il trouva Pandore effondrée et comprit ce qu'elle avait commis. Très vite, il se rendit compte qu'une lueur douce brillait dans la boîte ; il l'ouvrit, puisque de toute manière le mal était fait. Ainsi, il libéra l'espoir, seule chose que Zeus accorda aux humains, pour faire face à tous les maux qui allaient désormais les frapper.

 Pandore, par John William Godward (1861-1922) et Jules Joseph Lefebvre (1836-1911)

Pandore, par Lawrence Alma-Tadema (1836-1912)

Pandore, par Boris Vallejo

9 commentaires:

  1. Comme vous dites. La boîte de Pandore du dernier tableau est terrible. La libération des démons... Les enfers sont déchaînés. J'ai lu quelque part que le mythe de Pandore n'est pas sans rappeler l'histoire d'Adam et d'Eve.

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  2. Et même bien avant Adam et Eve...
    L'ange Lucifer, dont le nom signifie "qui porte la lumière" entraîna avec lui certains anges devenus orgueilleux et qui se sont révoltés contre Dieu. Lucifer devint leur chef on l'appela Satan: le prince des démons. Mais saint Michel, grand prince des armées célestes, son nom signifie "qui est comme Dieu" organisa le combat contre Satan et ses démons. Ils furent chassés du ciel. Précipités en enfer, un lieu de souffrances éternelles, ils sont dans la haine de Dieu et de sa Création.

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  3. Il convient de préciser que Lucifer est d'abord une déité des mythologies grecque et romaine. Il est le dieu de la lumière et de la connaissance. Son nom signifie en effet « porteur de lumière » (du latin "lux" « lumière » et "fero" « porter »). A l'origine, c'est l'un des noms que les Romains donnaient à l'« étoile du matin », autrement dit la planète Vénus, appelée également Vesper quand elle devenait « étoile du soir ».

    Dans la Vulgate (la version latine de la Bible, traduite par saint Jérôme, entre la fin du IVe et le début du Ve siècle, directement depuis le texte hébreu) le nom « Lucifer » est utilisé pour traduire le « porteur de lumière» du Livre d'Isaïe mais qui désigne en fait Nabuchodonosor, le roi de Babylone contemporain d'Isaïe, raillé pour sa volonté de s'élever au-dessus de sa condition d'homme et de dépasser Dieu. Associé à l'orgueil, le nom est progressivement devenu un des noms du Diable, que la tradition chrétienne ultérieure au Livre d'Hénoch présente comme un puissant archange déchu à l'origine des temps pour avoir défié Dieu et ayant entraîné les autres anges rebelles dans sa chute.

    En fait, Lucifer n'est nulle part mentionné dans l'Ancien Testament, pas plus dans les écrits hébraïques qu'Esséniens. On n'y parle pas davantage d'une quelconque déchéance d'anges rebelles entraînés par Lucifer, leur chef. Mais ce dernier est alors assimilé au Satan des Livres de Job et de Zacharie et au personnage que l'Apocalypse selon Saint Jean désigne sous les noms de « Grand Dragon » et d'« Antique Serpent ».

    Citons Isaïe :

    « Comment es-tu tombé des Cieux
    Astre du Matin, fils de l’Aurore
    Comment as-tu été jeté par terre
    Toi qui vassalisais toutes les Nations
    Toi qui disais en ton cœur :
    J’escaladerai les Cieux par-dessus les étoiles de Dieu
    J’érigerai mon trône, je siégerai sur la montagne de l’assemblée, dans les profondeurs du Nord,
    Je monterai au sommet des nuages noirs
    Je ressemblerai au Très Haut
    Comment ! Te voila tombé au Schéol, dans les profondeurs de l’abîme »
    Isaïe, XIV, 12-15


    Dans la mythologie romaine, Lucifer, le porteur de lumière donc, est le fils de Jupiter et de la déesse Aurore. Il personnifie la Connaissance, à travers une figure qui mêle les attributs d'Hermès et d'Apollon dont il est également chargé d'atteler et de dételer les chevaux du char .
    Son nom fut longtemps assimilé à Vénus, l'étoile du matin qui éclaire l'Orient mais aussi l'étoile du soir qui éclaire l'Occident. Elle change alors de nom pour s'appeler Vesper, comme dit plus haut.

    On sait que de nombreux dieux ont été surnommés Lucifer par les Romains, dont Osiris Apollon, Ishtar, Mithra et même Prométhée. Diane chasseresse portait elle-même le nom de Lucifera. Ailleurs, chez les Gaulois, le dieu Lug représentait la Lumière et l’Intelligence. Le Christ, lui-même, se donne le nom de l’étoile du matin et désigne l’esprit saint sous le nom d’HEYLEL, c'est-à-dire « astre du matin » en hébreu. (Apocalypse II 8 ; XXII,16)

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  4. Lucifer est l’équivalent latin du judéo-païen Hillel (ou Heylel), dieu de l’étoile du matin (donc Vénus) et fils d'Astoreth ou Astarté, la déesse de l'amour et de la guerre chez les anciens peuples sémites (en Phénicie, en Syrie et au pays de Canaan). Dans la Bible, son nom est parfois employé au pluriel, désignant ainsi un groupe de déesses. Lucifer est donc souvent assimilé à Vénus ou alors à son fils, c'est-à-dire au Phosphoros grec.

    Dans la mythologie romaine, Lucifer est le chef et le guide des Astres. Son autre fonction, qui est d'atteler et de dételer les chevaux du char d'Apollon, l'assimile de ce fait à Horus, le dieu égyptien qui conduit sur son char le Soleil Rà, lui-même identifié avec Priape (parfois aussi assimilé à Saturne / Satan), d'où le caractère phallique dans certains des cultes qui lui sont dédiés. Mais Horus c'est l'Hélios des Grecs, et non Phosphoros ; de même Lucifer est aussi assimilé à Prométhée.

    Dans la Bible hébraïque, Satan (alias Saturne) n'est jamais identifié à Lucifer (alias Vénus). Il est considéré comme une déité bien distincte. De même qu'Astarté pluralisée devient Astoreth (ou Ashtoreth), de même il y a plusieurs Satan car tout ce qui est le mal devient satanique et, par conséquent, s'y assimile. Ainsi, la femme étant largement diabolisée, elle est donc aussi Satan,
    Ce n'est qu'au Moyen Âge que le nom de Lucifer désignera le plus grand et le plus brillant de tous les anges. Ce dernier fut poussé par son orgueil à se rebeller contre Dieu, car il voulait régner à la place de son créateur. Il restera dans la tradition comme : Satan, le « Tentateur », le « Menteur », le « Diviseur » (signification du mot « diable ») ou encore l'« Adversaire », roi des « démons » (en fait, les anges qui, avec lui, se sont révoltés et ont chuté, ennemis de Dieu et de l'humanité).

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  5. Sur le site de Wikipédia, un article est consacré à l'ange déchu (extrait) :

    "Dans la mythologie juive, les Grigori sont des êtres célestes descendus sur terre pour surveiller les hommes, mais qui se sont mariés avec des femmes humaines et ont eu des enfants, appelés nephilim. Les « fils de Dieu » se réfèrent aux anges dans l'Ancien Testament :

    Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées, les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent.
    Alors YHWH dit : Mon esprit ne jugera plus l'homme pour ses fautes, car l’homme est fait de chair, et ses jours seront de cent vingt ans.

    Les Nephilim se trouvaient sur la terre en ces jours-là, et aussi après cela, quand les fils du vrai Dieu continuèrent d’avoir des rapports avec les filles des hommes et qu’elles leur donnèrent des fils: ils furent les hommes forts du temps jadis, les hommes de renom. 

    La tradition juive regarde les Grigori comme des anges déchus, mais le mythe peut être un fragment d'une mythologie païenne, où les dieux se croisaient avec des humains pour produire des héros. La tradition chrétienne considérera que les fils de Dieu ici évoqués ne sont pas des anges et ne puisera pas dans ce passage la source du concept d'anges déchus."

    L'analogie entre les deux mythologies (juive et grecque) saute à l'esprit.

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  6. Pandore (Pays de Poésie 5-8-13)
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    Pandore, ouvrant la boîte, a déchaîné les maux.
    Seule, ne sortant pas, nous resta l’Espérance ;
    Mais nous ne savons pas expliquer sa présence
    Au milieu des fléaux. On nous dit que ce mot,

    “Espérance”, est mal dit, qu’il faut penser plutôt
    A une vaine attente, à la folle puissance
    De l’imagination qui fait que lorsqu’on pense
    Au mal qui va venir, on en souffre trop tôt.

    Moi je sais que l’amour est surtout un espoir,
    Que loin dans l’avenir on ne peut jamais voir,
    Que dans le désespoir nous espérons encore.

    Et si nous revenions à ce temps d’autrefois
    Pour vivre cette histoire une nouvelle fois,
    Alors je rouvrirais la boîte de Pandore.

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