mardi 20 mai 2014

Le blason de la vanité

Écartelée en sautoir d’or et de plaisir à la vanité brochant sur le tout,
l’écu surmonté d’un masque cornu aux lambrequins de strasse griffée.

Elle tenait du Lion par le panache et du Scorpion par les chevilles. Son regard braisé appelait l’audace mais son sourire écarlate aux plis acides semblait un feu rouge à l’entrée d’une impasse.

Devise : Pareo ergo sum. (Je parais donc je suis.) 
Cri de guerre : Je suis jeune et belle !  
Moralité : Il n'est si belle rose qui ne finisse gratte-cul.


Le gratte-cul, c'est l'appellation vulgaire du cynorhodon car il fournit du poil à gratter. Le cynorhodon est, sur le plan botanique, le faux-fruit provenant de la transformation du réceptacle floral du rosier et de l’églantier, et plus généralement des plantes du genre Rosa, de la famille des Rosacées. Les fruits proprement dits des rosiers sont en fait les akènes situés à l'intérieur.

Le mot « vanité » provient du latin vanus qui signifie « vide », au propre comme au figuré. D'où vanitas, « état de vide », mais également « fanfaronade », « frivolité », « évanescence ».

La vanité est une attitude qui débouche sur le vide, c'est-à-dire sur rien. C'est la viduité du plein-de-soi, la creusité habillée d'affectations. C'est la confusion entre l'apparence et la substance, entre la posture et la stature, entre le contenant et le contenu, entre le paraître et l'être. Ce sont des vessies qui se prennent pour des lanternes. Une mystification d'autant plus dupante qu'elle est d'abord une automystification.

 La vanité, c'est la promesse implicite de l'ennui, en lequel tout s'évanouit... dans la nuit. C'est la puérilité qui se cristallise en niaiserie. Le soi-mêmisme revendiqué et légitimé. Au final, une tromperie. Toujours.

En peinture, une vanité est une catégorie particulière de nature morte dont la composition allégorique suggère que l'existence terrestre est vide, vaine, la vie humaine précaire et de peu d'importance.


Ci-contre, à droite, Vanité, femme devant le miroir, par Auguste Toulmouche (fin XIXème siècle).




Il y a une différence entre l’orgueil et la vanité. L’orgueil est le désir d’être au-dessus des autres, c'est l’amour solitaire de soi-même. La vanité au contraire, c’est le désir d’être approuvé par les autres. Au fond de la vanité, il y a de l’humilité; une incertitude sur soi que les éloges guérissent. (Henri Bergson, 1859-1941) 

Les synonymes de vanité : amour-propre, approbativité, autosatisfaction, baudruche, bouffissure, boursoufflure, caducité, chimère, complaisance, crânerie, désir, égoïsme, égotisme, enflure, erreur, fatuité, fierté, fragilité, frivolité, fumée, futilité, gloriole, illusion, importance, inanité, inconsistance, inefficacité, infatuation, insignifiance, inutilité, jactance, mensonge, morgue, néant, orgueil, ostentation, outrecuidance, pompe, présomption, prétention, puérilité, soif, sottise, suffisance, superbe, vanterie, vapeur, vent, vide

Antonio de Pereda (1611-1678) Allégorie de la Vanité,
Kunsthistorisches Museum, 1634.

Vanité, Nicolas Régnier (1591-1667) Musée-Beaux-Arts de Lyon

Johan Moreelse, Marie Madeleine pénitente, XVIIème siècle, Huile sur bois, 
Musée des Beaux-Arts, Caen - © Musée des Beaux-Arts, Caen. Photo Martine Seyve

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