mardi 13 mai 2014

Le canard en héraldique

 
Le canard symbolise l'union et la félicité conjugale. D'après Hanns Kurth, en son Dictionnaire des rêves (Ed. Ariston 1976, Genève), rêver de canard est un symbole en liaison avec des espoirs. Le voir peut annoncer un honneur. S'il nage, des nouvelles défavorables sont à craindre. Vouloir le capturer sans y parvenir annonce des pertes. Réussir à le capturer signifie la réussite prochaine d'une entreprise. Si on lui donne à manger, on récoltera de l'ingratitude pour un bon acte accompli au bénéfice d'un de ses amis.


Oiseau palmipède, le canard est généralement représenté de profil et les ailes serrées, tourné vers la dextre. Il arrive parfois qu'il soit représenté au vol éployé. Si son bec ou autres membres sont d'un émail particulier, il faut le spécifier en blasonnant.



Campagne
(Landes, Aquitaine)
De gueules au clocher de l'église du lieu mouvant de la pointe, adextré d'un canard et senestré d'une salamandre contournée regardant vomissant des flammes, le tout d'argent, au chef cousu d'azur chargé d'un léopard accosté de deux fleurs de lys, le tout d'or.
La Chapelle-en-Serval
(Oise, Picardie)
 
D'azur au chevron accompagné au chef de deux étoiles et en pointe d'une canette contournée, le tout d'or.
Saint-Avaugourt-des-Landes
(Vendée, Pays de la Loire)
D'argent au canard en vol de sinople posé en pal, à la champagne ondée d'azur, au chef de gueules.
Sost
(Hautes-Pyrénées, Midi-Pyrénées)

D'azur à la fasce ondée d'argent soutenue d'un canard d'or, au chef du même chargé de deux canards affrontés de sinople.
Villemoisson-sur-Orge
(Essonnes, Ile-de-France)

D'azur au chevron accompagné, en chef, de deux étoiles et, en pointe, d'un faisan, le tout d'or, au chef d'argent chargé de trois canes de sable becquées et membrées aussi d'or.
À gauche : blason de la famillenobiliaire hongroise Nádasdy ; à droite : blason de la ville allemande Karlsdorf-Neuthard (Bade-Wurtemberg).


Canards

de Jules Renard, Histoires naturelles

I
C’est la cane qui va la première, boitant des deux pattes, barboter au trou qu’elle connaît.
Le canard la suit. Les pointes de ses ailes croisées sur le dos, il boite aussi des deux pattes.
Et cane et canard marchent taciturnes comme à un rendez-vous d’affaires.
La cane d’abord se laisse glisser dans l’eau boueuse où flottent des plumes, des fientes, une feuille de vigne, et de la paille. Elle a presque disparu.
Elle attend. Elle est prête.
Et le canard entre à son tour. Il noie ses riches couleurs. On ne voit que sa tête verte et l’accroche-cœur du derrière. Tous deux se trouvent bien là. L’eau chauffe. Jamais on ne la vide et elle ne se renouvelle que les jours d’orage.
Le canard, de son bec aplati, mordille et serre la nuque de la cane. Un instant il s’agite et l’eau est si épaisse qu’elle en frissonne à peine. Et vite calmée, plate, elle réfléchit, en noir, un coin de ciel pur.
La cane et le canard ne bougent plus. Le soleil les cuit et les endort. On passerait près d’eux sans les remarquer. Ils ne se dénoncent que par les rares bulles d’air qui viennent crever sur l’eau croupie.
II 
Devant la porte fermée, ils dorment tous deux, joints et posés à plat, comme la paire de sabots d’une voisine chez un malade.

Chromolithographies anciennes