lundi 23 juin 2014

Boucicaut, le père des grands magasins

Aristide Boucicaut (1810-1877), fils d'un modeste chapelier de l'Orne, en Basse-Normandie, après avoir appris pendant près de sept ans toutes les astuces de vente auprès d'un marchand ambulant de laines et tissus, décide de monter à Paris. Il y trouve rapidement un emploi et rencontre la gérante d'une crémerie, Marguerite Guérin, qu'il épouse. Quand la Révolution de 1848 éclate, les Boucicaut se retrouvent sans emploi.

En 1852, les Boucicaut s'associent avec les frères Videau qui tiennent une mercerie appelée Au Bon Marché. Aristide peut enfin mettre en oeuvre les idées révolutionnaires qu'il avait emmagasinées pendant des années.

Il supprimera le racolage de la part des vendeurs. Les clients entreront librement dans le magasin, pourront se déplacer à travers les rayons, toucher à la marchandise sans être obligés d'acheter. Les produits seront étiquetés au plus juste prix. Boucicaut choisira de vendre moins cher mais en plus grosses quantités. Les acheteurs pourront même, le cas échéant, rendre ou échanger leur achat s'ils n'en sont pas satisfaits. C'est la plus grande action médiatique du moment. Il fera également de la vente par correspondance et fera expédier les colis gratuitement par chemin de fer à partir d'un certain montant de commande. Boucicaut fait frémir d'inquiétude ses concurrents. Fort de son succès et d'un chiffre d'affaire qui ne cesse d'augmenter, il décide la création d'un nouveau magasin, plus grand, situé rue de Sèvres, dans le 7e arrondissement de Paris, à l'angle de la rue de Babylone et de la rue du Bac. Il s'élève sur 5 étages et emploiera une équipe de 915 personnes, un chiffre qui atteindra les 1788 en 1877. L'ouverture eut lieu le 2 avril 1872 : le premier grand magasin était né, celui-là même qui inspira le roman de Zola : Au Bonheur des Dames, publié en 1883.

 
Aristide Boucicaut n'arrêtera pas d'innover, surtout dans le domaine social, guidé en cela par ses origines modestes qu'il n'oubliera jamais. Ainsi, ses employés percevront une commission sur les ventes, bénéficieront du repos hebdomadaire, des congés annuels, du service médical et de la cantine gratuite, d'une caisse de retraite, etc.
 
 
 
 
 
Aristide et Marguerite Boucicaut

Le Bon Marché au 19e siècle