jeudi 31 juillet 2014

Les joies simples de l'été

Ces chromos de 1910 mettent en scène les joies simples de l'enfance d'une manière un peu idyllique. Mais, à y réfléchir, pas tant que cela. Il est vrai que ces illustrations évoquent un peu l'atmosphère des contes de fées... Et c'est peut-être pour cela que nous aimons les enfants (quand ils sont sages comme des images) : ils inspirent un monde meilleur ou, du moins, un monde encore possible. Il y a chez eux cette fraîcheur, cette innocence, cette candeur que nous, adultes, avons perdues et que nous tentons vainement de retrouver à travers nos moments de décontraction ou de turbulence, frôlant souvent la puérilité, quand certains n'en deviennent pas carrément infantiles. Les enfants sont enfantins, mais jamais infantiles.

La brouette qui devient une calèche, voire un carrosse pour promener ces princesses... Les enfants sont très inventifs et un rien leur inspire plein de choses. Ils ont l'art de détourner les objets pour un usage à leur façon.

Le coup classique de la vieille chaussure au lieu d'un poisson... L'ennui, c'est que les fonds de rivières, d'étangs ou de lacs -sans même parler de la mer- sont remplies de cochonneries bien pires. L'espèce humaine est la seule à détruire son milieu de vie, dit-on. C'est vrai. Aucun animal ne fait cela... Pour l'heure, ces enfants sont tout à leur joie. Nous sommes en 1910. C'est encore la Belle Époque. Quatre années plus tard, la guerre leur rappellera que le monde des hommes et des adultes s'adonne parfois à d'autres sortes d'amusements...

Un coup de vent aura probablement emporté le chapeau de la demoiselle qui tente de le récupérer avant que les cygnes ne lui fassent son affaire. Les enfants, ça aime bien faire de la barque. Ce sont des marins d'eau douce dans l'âme.

En été, lors des grandes chaleurs, après les travaux, on menait les chevaux à la rivière afin qu'ils puissent se désaltérer et se rafraîchir. En 1910, la plupart des cours d'eaux n'étaient pas encore pollués. L'agriculture était encore largement traditionnelle.

Les enfants aiment bien jouer avec le sable ou la terre. Ils ont la sensualité de la matière. Mais tandis que le groupe s'active à mouler des formes, la petite demoiselle s'amuse à coiffer le chien de son bonnet. Lequel chien se laisse faire débonnairement. Le garçon à la pelle semble lui faire quelque remontrance. 

Promenons-nous dans  les bois, voir si le loup n'y est pas... Mais il n'y a déjà plus de loups dans nos forêts à cette époque. Ils ont tous été exterminés par l'homme. Cependant, il y a encore des biches que l'on peut parfois surprendre dans des clairières, en train de brouter l'herbe tendre. Et puis, il y a aussi plein d'autres animaux à observer, pour peu d'avoir le pas feutré. Mais avec un groupe d'enfants, autant y renoncer et se contenter de regarder les fourmis...