mercredi 13 août 2014

Corinna Coulmas : Les Métaphores des cinq sens dans l’imaginaire occidental

Les Métaphores des cinq sens dans l’imaginaire occidental, en cinq tomes, sont une histoire culturelle d’un genre inédit. L’auteur y explore les significations du concept des cinq sens, et de ceux qui en découlent, à la fois sur le plan des idées et sur le plan historique, en suivant à chaque fois le travail métaphorique du langage et ses prolongements dans le réel. C’est donc un va-et-vient permanent entre les plans symbolique et événementiel. La réflexion est d’emblée pluridisciplinaire. Corinna Coulmas, docteur en sociologie, puise ses sources aussi bien dans la littérature, la philosophie, la théologie et la science, en tenant compte des expériences qui ont révolutionné notre manière de concevoir nos sens au cours du dernier siècle.


Dans Le toucher, premier volume sur cinq, l’auteur aborde ce sens, qui garantit notre ancrage dans le réel, en examinant sa place dans la vie quotidienne et dans l’art, à des moments charnières de l’Histoire et aujourd’hui, dans un monde qui se virtualise.
Dans le deuxième volume, Le goût, Corinna Coulmas nous montre la place du goût, notre sens le plus élémentaire et le plus complexe, à la charnière exacte entre la nature et la culture. Le goût est de caractère à la fois social et esthétique : ses deux éléments constitutifs sont aussi les deux piliers de la vie en commun. Dans la démarche toujours pluridisciplinaire qui singularise son travail, l'auteur retrace l'histoire tantôt commune, tantôt divergente, du goût alimentaire et du goût esthétique dans la pensée occidentale. Elle analyse les rapports entre le goût, la sexualité et la spiritualité et évoque les différentes représentations de la bouche, de la langue et du ventre dans notre imaginaire. Elle nous fait voyager avec Dante et Rabelais, nous amène jusqu'au pays de Cocagne et conclut les métamorphoses du goût par un exposé sur l'ivresse dont Falstaff aura le dernier mot.

L’odorat est le troisième volume des Métaphores des cinq sens dans l’imaginaire occidental. Corinna Coulmas nous présente notre troisième sens, médian entre les sens de contact (le toucher et le goût) et ceux de distance (l’ouïe et la vue), comme celui de la mémoire, qui se constitue à son image dans le système limbique, se passant de mots et de logique.

L’odeur est liée à l’élément le plus instable de tous, à l’air, au souffle qui passe – évanescent par définition. Si le goût incarne la matérialité, l’odorat nous met face à l’éphémère. Par le jeu continuel, qui lui est propre, de la présence et de l’absence, du plaisir et du regret, il devient le sens de l’imagination. C’est un sens secret et indiscret : il nous parle de la séduction et de l’impudence. Le parcours est long qui va des métamorphoses florales de la mythologie grecque via la puanteur propre à nos villes d’antan, et des représentations ambivalentes du nez, organe de l’odorat, jusqu’à l’analyse des multiples connotations de son support, l’air.


Dans le quatrième tome, Corinna Coulmas nous dresse une phénoménologie de l'écoute. Dans la partie « Concepts », elle présente la conscience humaine sous cet angle, en montrant comment elle prend naissance dans le sens de l'ouïe et s'articule autour de son fonctionnement. Dans « Phénomènes », l'auteure analyse le langage en tant que son humain et trace la dialectique de son fonctionnement entre le paradigme auditif et le paradigme visuel. La partie « Passerelles » consacrée à la musique, apporte des éclairages inédits sur les phénomènes du son, de l'harmonie et du rythme. Au bout de cette longue recherche multidirectionnelle, l'ouïe se révèle comme notre sens le plus complexe, le plus interactif et le plus synesthésique de tous, car elle contient trois sens en un. Sens de la communication sonore, qui ouvre l'homme à autrui et garantit la relation avec lui grâce au langage, elle est aussi, réflexive par nature, le sens de son intériorité. De par ses capacités d'analyse et de calcul, l'ouïe constitue le point de convergence entre le sens de l'espace et celui du temps. Et grâce à elle nous réussissons à garder l'équilibre - notion d'abord physique qui a des répercussions à tous les niveaux de notre psychisme. 


Corinna Coulmas définit son ouvrage comme une histoire culturelle d'un genre particulier, où elle "explore la signification du concept des cinq sens et de ceux qui en découlent à la fois sur le plan des idées et sur le plan historique, en suivant à chaque fois le travail métaphorique du langage et ses prolongements dans le réel. C'est donc un va-et-vient permanent entre les plans symbolique et événementiel. Ma réflexion est d'emblée pluridisciplinaire. Je puise mes sources aussi bien dans la littérature, la philosophie, la théologie et la science, en tenant compte des expériences qui ont révolutionné notre manière de concevoir nos sens au cours du dernier siècle."




Le site de Corinna Coulmas

http://www.corinna-coulmas.eu/metaphores-des-cinq-sens-dans-l-imaginaire-occidental.html



Les cinq sens selon le chanteur Renaud



À part Brassens et les oiseaux
Quoi écouter ?
L’eau qui rigole au caniveau
De mon quartier
Le vent qui vient tirer des plaintes
Aux peupliers
Et toujours la folle complainte
De Charles Trenet…

À part à ta peau de sirène
À quoi toucher ?
À l’outil taillé dans le chêne
Ou l’olivier
Au crayon que l’enfant promène
Sur un cahier
Aux touches d’ivoire et d’ébène
D’un vieux clavier

À part à tes fruits défendus
À quoi goûter ?
À l’impossible, à l’imprévu
Et au danger
À ce bon verre de vieux vin rouge
Si parfumé
À tes lèvres que tu entrouvres
Sous mes baisers

À part la lumière de Doisneau
Quoi regarder ?
La rivière au bord de l’eau
Au mois de mai
L’enfant qui joue du violon
Les Pyrénées
Ton joli cul, tes seins bien ronds
Tes yeux fermés

À part les coquelicots de juin
Quoi respirer ?
Le pain qu’on partage et le vin
Qu’on a tiré
À la santé d’un bon copain
À l’amitié
À l’amour que j’ai dans les mains
Que tu m’as donné
Que tu m’as donné

Renaud, Rouge Sang, 2006

4 commentaires:

  1. De JR59480. Bonjour Marc, la navigation sur votre site est considérablement ralentie par les nombreux affichages des vidéos musicales qui prolifèrent depuis quelques temps sur votre excellent blog. C'est dommage.Bientôt il ne me sera plus possible de m'instruire en parcourant votre site.
    Cordialement.

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    1. Bonjour, figurez-vous que je rencontre le même problème et votre remarque vient donc à propos car j'ai décidé de délester la colonne de droite pour voir si cela s'améliore. Faites-moi savoir, de votre côté, si la navigation est plus fluide.
      Cordialement

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    2. De JR59480. Bravo Marc, le délestage complet des vidéos dans la colonne de droite améliore grandement la navigation sur votre blog. Cependant il y a toujours une petite attente due aux vidéos dans la colonne principale. Peut-être ai-je tort mais il me semble que c'est parce que la plupart des vidéos affiche une image de fond qui met un certain temps si ce n'est un temps certain à s'afficher; quand il n'y a qu'une vidéo sur la page principale ça va, mais quand il y en a six comme je viens de le voir c'est ralenti d'autant. Cordialement.

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    3. En effet... J'ai demandé à Marie-Louise de ralentir un peu le flux des vidéos (je sais, c'est toujours la faute aux autres :-) Elle a un peu rechigné mais s'est finalement rendue à la raison. Une autre solution serait de mettre moins de billets sur la page principale, chose que j'ai déjà faite au demeurant. Merci en tous les cas d'avoir signalé le problème car vous n'étiez certainement pas un cas isolé.
      Cordialement

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