dimanche 24 août 2014

Expressions pittoresques de la langue française 3

Si vous avez toujours soif, peut-être êtes-vous altéré comme un carillonneur. Si vous êtes bâti comme un Hercule et fort comme un Turc, pensez tout de même à vous muscler un neurone de temps à autre...

Altéré comme un carillonneur
Altéré comme un carillonneur... C'est curieux que le fait de sonner les cloches donne si soif... Il ne doit plus guère y avoir de sonneurs de cloches, sauf en cas de panne de courant. C'est alors le sacristain qui tire sur la corde. À condition de la retrouver... Mais pourquoi un carillonneur serait-il plus altéré qu'un autre ? Je n'ai pas trouvé d'explication. Qu'il ait toutes les chances – ou malchances – d'avoir l'ouïe altérée est certain. Et que, s'étant désaltéré plus que de raison, les risques de se faire sonner les cloches en rentrant chez lui sont également certains. Sauf si sa femme est dans le coup, comme dans l'illustration... Car on ne saurait raisonnablement supposer qu'il s'agit là de quelque dame de paroisse venue fleurir les autels...

Bâti comme un Hercule
Bâti comme un Hercule... L'image nous montre un homme malingre regardant avec envie celui qui est bâti comme un Hercule et qui a l'air d'être dans toute sa superbe. Les hommes musclés ont-ils tous l'habitude de rouler les mécaniques ? Je l'ignore car c'est une catégorie que je ne suis guère amenée ni encline à fréquenter, préférant les muscles cervicaux aux pectoraux.

Détaler comme un lièvre
Détalant comme un lièvre... ou un lapin. Quand on détale, c'est que l'on a quelque chose à se reprocher, contrairement au pauvre lièvre qui cherche simplement à sauver sa peau dès qu'il voit un humain. L'homme, armé ou non d'un fusil, est pour lui synonyme de danger. Il n'a pas tort.

Fort comme un Turc
Fort comme un Turc... Pourquoi comme un Turc et pas comme un Suisse ou un Monégasque ? L'expression est née au milieu du XVe siècle, un peu après la prise de Constantinople (l'ancienne Byzance et l'Istanbul d'aujourd'hui) par les troupes du sultan Mehmet II en 1453. Ces combattants turcs ou ottomans impressionnaient par leur force, leur courage et aussi leur brutalité, leur cruauté. C'est ainsi qu'au XVIIe et XVIIIe siècle, le Turc symbolisait l'incroyant, l'ennemi brutal. On disait d'ailleurs de quelqu'un de rude et de sans pitié qu'il était "un vrai Turc" et traiter quelqu'un "à la turque", c'était le traiter sans ménagement.

Gentil comme un amour
Gentil comme un amour...Un chérubin en l'occurrence. On dit aussi « sage comme une image ». C'est ce que l'on attend des enfants : qu'ils se tiennent tranquilles. Les adultes aussi, on les aimerait plus sages. Au sens de « sagesse ». Plus gentils aussi. Au sens de « noblesse de cœur ».

Grand comme un tambour-major
Grand comme un tambour-major... Le tambour-major est le sous-officier chargé de diriger une formation musicale militaire lors d'un défilé. Sans doute que, du fait de marcher en tête, doit-il avoir une taille digne de sa fonction, de sorte, aussi, d'être bien vu par tous les musiciens, surtout ceux du dernier rang.

Hargneux comme un petit roquet
Hargneux comme un chien roquet... La zoologie nous apprend qu'un roquet est issu d'un croisement entre un doguin et un petit danois, le doguin étant lui-même issu du croisement d'un dogue et d'un petit danois. C'est dire à quel point le roquet est une diminution... Mais demeure le caractère du dogue, avec des moyens... diminués. Le roquet est donc un petit chien hargneux qui aboie souvent et de manière intempestive. Mais il est peu redoutable. Comme certaines personnes. Cependant, Paul Valery nous prévient tout de même : « Le plus sale roquet peut faire une blessure mortelle ; il suffit qu'il ait la rage. »

Jaune comme un citron
Jaune comme un citron... Rouge comme une tomate. Nous sommes dans la pure métaphore fruitière. Certes, il y a les citrons verts mais on ne dira jamais « il est vert de peur comme un citron ».

Sauteur comme un cabri
Sauteur comme un cabri... « Alors, il faut prendre les chose comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe ! » disait le général de Gaulle en 1965, lors d'un entretien télévisé. L'expression est synonyme d'enthousiasme exagérée. Peut-être même aussi un peu bêêêêlante...

Se battre comme des chiffonnier
Se battre comme des chiffonniers... c'est-à-dire violemment. Ce cher Wiki nous dit que « dans les temps anciens où le papier était exclusivement fabriqué à base de chiffes (chiffon, textile), le chiffonnier était celui qui ramassait les vieux chiffons pour les vendre aux papetiers. La langue française a retenu l’expression pour décrire l'action de se disputer, voire de se battre, d’une manière âpre et bruyante tant le gain qui pouvait découler d’une bonne prise de chiffons déterminait la survie de chacun. »

Trempé comme une soupe
Trempé comme une soupe...Auparavant, la soupe n’était pas le plat que l’on connaît de nos jours mais simplement une tranche de pain trempée dans du bouillon. On comparait alors à cette époque (fin du XVIIIe) une personne qui avait marché sous une averse à cette tranche de pain trempée.

Vantard comme Tartarin
Vantard comme Tartarin... Celui de Tarascon dépeint par Alphonse Daudet, un modèle de mythomanie vaniteuse, à la fantaisie exubérante servie par une faconde facile et l'usage immodéré de l'hyperbole. Les écrans sont pleins de vantards, vous l'avez remarqué ?