vendredi 22 août 2014

Faites-moi un peu d'air, je vous prie

Bon, la météo actuelle n'appelle guère à s'éventer. On serait même plutôt tenté de se donner du souffleur thermique. L'arrière-saison est déjà bien marquée en cette fin du mois d'août. De ce fait, les petits vendeurs d'éventaux vont devoir s'avancer sur les marrons chauds. Qu'à cela ne tienne et ne nous empêche pas de consacrer un petit billet à cet accessoire estival dont l'usage est attesté dès l'Antiquité.

Dans l'Egypte ancienne, l'éventail est généralement formé d'un manche réunissant des plumes ou des feuilles de végétaux. Un semblable objet fut retrouvé dans la tombe de Toutânkhamon. On peut supposer qu'il servait aussi à tenir éloigné tout moucheron importun attiré par l'odeur âcre de la transpiration.
Le roi de Perse s'entretient avec son vizir et le chef des gardes du palais. Il semble plutôt de bonne humeur si l'on en croit son air amusé. Lui a-t-on rapporté quelque histoire grivoise ou une anecdote ridiculisant un ennemi juré ? Toujours est-il qu'un éventail formé d'une superbe plume de paon contribue à alléger l'atmosphère.











Ces femmes arabes nomades utilisent un éventail en forme de petit drapeau formé avec des fibres végétales tressées. En Grèce antique, les éventails sont de simples écrans à manche, ordinairement en forme de feuille d'arum ou de palmier. Les Étrusques et les Romaines empruntèrent cet accessoire de mode aux femmes grecques.
En Inde, l'éventail prend une forme plutôt circulaire, fabriqué à la manière de l'osier tressé. Bien entendu, sous le climat tropical, on s'évente autant pendant la saison sèche à cause des fortes chaleurs que pendant la saison humide qui voit proliférer les insectes volants, tels les moustiques.
Imagine-t-on une Japonaise sans son ombrelle et son éventail ? Ces deux accessoires font partie intégrante de son équipage. Ce sont même des objets de coquetterie qui donnent un certain style et inspirent une tenue qui allie la grâce à la distinction. Les Japonaises actuelles ne sortent plus ainsi, mais la tenue demeure. Quand il m'arrive de voir une femme à ombrelle dans les rues de Paris, il s'agit toujours d'une asiatique. Souvent, elles utilisent leur parapluie. C'est charmant. 
L'éventail, accessoire aristocratique, avait pratiquement disparu durant la période révolutionnaire pour ne reparaître, bien timidement, que sous la Restauration à laquelle il manquait cruellement un certain tempérament baroque et toute la gestuelle qui l'accompagnait. La chose ventileuse eut pourtant droit à un second âge d'or : sous le Second Empire, justement.

Curieusement, l'éventail connait un regain de faveur, en ce début de XXIe siècle et divers créateurs réapparaissent, notamment en France.
Au Japon, l'éventail est un meuble héraldique très courant. Tout comme en Chine et en Corée, cet objet n'était pas uniquement le marqueur d'un certain rang social mais il avait également des fonctions rituelles.

L'ombrelle est un symbole de souveraineté en Asie, dans les régions de culture bouddhique. 
Dans le bouddhisme tibétain, l'ombrelle qui protège de la souffrance fait partie des huit signes auspicieux. 
L'ombrelle blanche était un attribut des souverains d'Inde et de l'Asie indianisée, notamment de ceux de Birmanie, du Royaume de Champā et du Laos (elle est représentée par exemple sur les armoiries du Cambodge et sur celles du Laos avant 1975). 


 
Armoiries anciennes du Cambodge et du Laos



Emblème pendant la vacance du Saint-Siège, au Vatican, où, à la place de la tiare est représentée l'ombrellino








Tableaux de Joseph Caraud (1821-1905)

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