lundi 18 août 2014

La guerre des Deux-Roses (Angleterre, 1455-1485)

La guerre des Deux-Roses est une succession de guerres civiles ayant secoué l'Angleterre durant toute la seconde moitié du XVème siècle. Cette guerre opposait principalement les maisons de York et de Lancaster. Le nom de cette guerre provient des blasons des deux maisons royales, la rose rouge pour la maison Lancaster et la rose blanche pour la maison York. La guerre des Deux-Roses tire son origine d'un banal conflit de succession entre les deux maisons de Lancaster et de York qui sont toutes deux descendantes de la dynastie royale des Plantagenêt, respectivement par le troisième et le quatrième fils d'Edouard III. Elle se conclura par la fin de la dynastie Plantagenêt et le début de la dynastie des Tudor.

En 1422, le vainqueur d'Azincourt, Henry V, un Lancaster, meurt prématurément, laissant le trône à son fils Henry VI . Celui-ci, jeune encore, est entouré de conseillers et tuteurs qui se déchirent entre eux. Henry VI est un faible, facilement manipulable et souffrant de crises de folie à partir de 1453. Il est finalement destitué et renversé par le Duc d'York, Richard Plantagenêt, qui place sur le trône son fils qui régnera sous le nom d'Edouard IV de 1461 à 1470... Il est lui-même renversé par les partisans lancastriens qui remettent sur le trône le pauvre Henry VI (1470-1471) mais Edouard IV revient en force (grâce à l'aide des Bourguignons) et reprend le trône (en faisant assassiner au passage le pauvre Henry !).

Edouard meurt en 1483 et c'est son frère qui monte alors sur le trône sous le nom de Richard III (dont Shakespeare rapporte ces paroles : " My Kingdom for a horse !" ). Le parti lancastrien se dresse alors de nouveau sur le chemin des York, mais place maintenant ses espoirs en Henry Tudor, un cousin éloigné, les autres membres de sang (plus ou moins) royal ayant tous péri. En 1485, les lancastriens battent (et tuent) Richard III à la bataille de Bostworth Fields. Henry Tudor devient roi d'Angleterre sous le nom d'Henry VII, une nouvelle dynastie s'installe qu'il renforce encore en 1487 en battant un dernier sursaut yorkiste à Stoke...


1er juin 1453 : mort de John Talbot

Au lendemain du siège d'Orléans, le baron John Talbot, l'un des chefs anglais lors de la guerre de Cent Ans, commandait la garnison anglaise de Beaugency, forte de 500 hommes. Il devint commandant en chef des troupes anglaises après l'affaire de Jargeau, où Suffolk s'était laissé prendre (1429). Le 18 juin 1429, il combattit à Patay où il fut vaincu et capturé, puis échangé au bout de quatre ans contre Jean Poton de Xaintrailles ; il eut bientôt l'occasion d'user de la même courtoisie à l'égard de son libérateur. Il tenta de nombreuses petites batailles. Aux alentours de Rouen en 1436, il vainquit La Hire et Xantrailles, puis poursuivit plus au Sud et à l'Est en écrasant une force de Bourguignons. En 1439, sa victoire sur Richemont lui ouvrit les portes d'Harfleur qu'il prit un an plus tard. Mais ce ne fut que barouds d'honneur, actions retardatrices et occupations temporaires, car ses forces étaient bien maigres et les armées françaises réoccupaient tous les territoires temporairement perdus.
 

Il reçut successivement les titres de comte de Shrewshury, de Wexford, de Waterford en récompense de ses faits d'armes. Il reparut en Guyenne en 1452 à la tête d'une armée de secours et occupa rapidement toute la province, mais il perdit la victoire et la vie à la bataille de Castillon, près de Bordeaux (17 juillet 1453).

Cette chromo n'a, à proprement parler, rien à voir avec les épisodes de la guerre des Deux-Roses. Il ne s'agit pas réellement d'une erreur au sens que la série s'inspire directement de la trilogie Henri VI écrite par Shakespeare et dont la première partie met en scène, sur fond de guerre de Cent Ans, les débuts du règne d'Henri VI d'Angleterre, d'abord enfant puis jeune homme doux et pieux, mal préparé à faire face à la brutalité des mœurs politiques de son temps. Une partie de la pièce se joue donc en France, où les Anglais font face à la « sorcière » Jeanne d'Arc qui mène les troupes du dauphin, le futur Charles VII de France contre une armée anglaise affaiblie par les divisions de ses chefs.


Chronologie des principaux événements

22 mai 1455

Le duc Richard d'York défait l'armée du roi Henri VI à Saint Albans, au nord-ouest de Londres. Cette première bataille marque le début de la guerre des Deux-Roses qui oppose la maison de Lancastre, dont l'emblème est la rose rouge, à la maison d'York qui arbore une rose blanche, pour la possession de la couronne d'Angleterre. Cette guerre civile décimera l'aristocratie anglaise et affaiblira le royaume.



23 septembre 1459 : bataille de Blore Heath

Le 23 septembre 1459 est marqué en Angleterre par la bataille de Blore Heath, le premier affrontement majeur dans la guerre des Deux-Roses. La bataille oppose les Maisons de Lancastre et d'York, la deuxième remportant la victoire après un combat qui aura fait environ 3.000 victimes, alors que ses troupes étaient au départ deux fois moins nombreuses que celles de la Maison de Lancastre. 
12 octobre 1459 : bataille de Ludford Bridge


Cette bataille est un épisode de la guerre des Deux-Roses opposant la Maison de Lancastre et la Maison d'York, un conflit débuté en 1455 et qui se terminera en 1487. La bataille de Ludford Bridge verra la victoire de la Maison de Lancastre. La Maison d'York ne mettra cependant que peu de temps avant de prendre sa revanche lors de la bataille de Northampton.

10 juillet 1460 : bataille de Northampton 

Après la défaite lors de la bataille de Ludford Bridge, la Maison d'York tente de reprendre le dessus sur la Maison de Lancastre, toutes deux opposées dans un conflit baptisé guerre des Deux-Roses qui durera plus de trente ans. La bataille de Northampton, qui aura réuni près de 50 000 hommes, voit à son terme la maison d'York l'emporter.

Marguerite d'Anjou (1430-1482), princesse de Lorraine et de Bar, fut l'épouse du roi Henri VI d'Angleterre. Elle fut donc reine consort d'Angleterre de 1445 à 1461 puis de 1470 à 1471. Femme active, Marguerite d'Anjou fonda le Queen's College de Cambridge.

En 1461, quand Henri VI fut déposé par son cousin, le duc d'York (qui régna sous le nom d'Édouard IV), et enfermé dans une prison où il sombra définitivement dans la folie, Marguerite et son fils parvinrent à se réfugier en France en 1463. La mère et l'enfant furent accueillis sans chaleur par leur cousin Louis XI.


Henri VI restauré en 1470, la reine Marguerite et le prince de Galles rentrèrent en Angleterre. Le 13 décembre 1470, à Amboise, le jeune prince fut marié à Anne Neville, fille du comte de Warwick, ce qui détacha celui-ci des York. Le lendemain, ils partirent d'Amboise.

Marguerite joua un grand rôle politique et militaire pendant la Guerre des Deux-Roses. Elle combattit sans relâche son ennemi Richard, duc d'York, père d'Édouard IV (qui était soutenu par les armées du puissant duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, quand Louis XI de France se refusait à aider sa cousine), et essaya sans succès de faire monter sur le trône son fils, le prince de Galles Édouard.


Néanmoins, Henri VI fut définitivement détrôné après la défaite de Tewkesbury où son fils, âgé de 18 ans, fait prisonnier, fut abattu sommairement sur l'ordre du duc de Gloucester, le futur Richard III. Henri VI, enfermé dans la Tour de Londres, fut assassiné.

Marguerite fut emprisonnée au château de Wallingford. Son père, le bon roi René, devait payer une rançon de 50 000 écus pour la libération de sa fille, mais ses finances ne le permettait pas. Louis XI, son cousin qui avait favorisé son mariage, accepta de verser la rançon mais à condition que son oncle lui cède ses duchés d'Anjou, de Bar, de Lorraine et de Provence. Exilée en France, ayant perdu son trône, son mari et son enfant, elle rejoignit son père en 1476 à Aix-en-Provence.

30 décembre 1460 : bataille de Wakefield

En pleine guerre des Deux-Roses qui oppose la Maison de Lancastre à la Maison d'York, la bataille de Wakefield sera marquée par la mort du duc d'York, Richard d'York. La victoire de cette bataille reviendra à la Maison de Lancastre mais ne mettra pas fin à la guerre, puisqu'Edouard d'York sera proclamé roi et poursuivra les combats.
17 février 1461 : seconde bataille d'Albans

La seconde bataille de Saint-Albans voit la victoire des troupes d'Henri Beaufort, de la maison de Lancastre. Cette victoire aura permis à la Maison de Lancastre de libérer son roi Henri VI, détenu jusqu'alors par les Yorkistes.

28 juin 1461 : Couronnement d'Edouard IV d'Angleterre


Le 28 juin 1461, Edouard IV est proclamé roi d'Angleterre. Fils de Richard d'York et de Cécile Neville, il sera le premier roi d'Angleterre appartenant à la Maison d'York. Il mourra soudainement le 9 avril 1483.







Cette chromo illustre le troisième volet de la pièce Henri VI de Shakespeare qui évoque les vicissitudes de la guerre civile, avec la déposition d'Henry VI, puis sa restauration, et enfin son assassinat par Richard de Gloucester (futur Richard III) dans la tour de Londres.



Edouard V (1470-1483) est le fils aîné d'Édouard IV et d'Élisabeth Woodville. La régence est assurée par son oncle, le duc de Gloucester. Jamais sacré, il est déposé par le Parlement après moins de deux mois de règne sous prétexte d'illégitimité. Incarcéré à la Tour de Londres avec son frère cadet Richard de Shrewsbury, ils y sont probablement assassinés peu de temps après.






22 août 1485 : fin de la guerre des Deux-Roses

A la bataille de Bosworth, Richard III (de la maison de York) est tué, et le vainqueur, Henri Tudor (de la maison de Lancastre) est couronné roi d'Angleterre sous le nom d'Henri VII. Cette bataille met fin à la guerre des Deux-Roses (1455-85). Henri VII épousera Elisabeth IV d'York, nièce de Richard III, réunissant ainsi les deux Roses et fondant la dynastie des Tudor qui règnera en Angleterre jusqu'en 1603.






Armes de Henri VI (1421-1471)
Seul fils d'Henri V et de Catherine de Valois. Couronné le 6 novembre 1429 par l'archevêque de Cantorbéry Henry Chichele. Durant sa minorité, la régence est assurée par le duc de Bedford et le duc de Gloucester. Frappé de folie, il est déposé par son cousin Édouard d'York. Restauré par le comte de Warwick, il est à nouveau déposé après le retour d'Édouard IV en Angleterre. Assassiné à la Tour de Londres le 21 mai 1471, quelques jours après la mort de son seul fils, Édouard de Westminster, à la bataille de Tewkesbury. 


Armes d'Edouard IV (1421-1471)
Arrière-petit-fils d'Edmond de Langley, quatrième fils d'Édouard III, et descendant par sa grand-mère paternelle de Lionel d'Anvers, deuxième fils d'Édouard III. Sacré le 28 juin 1461 par l'archevêque de Cantorbéry Thomas Bourchier. S'enfuit d'Angleterre après la rébellion du comte de Warwick.


Armes d'Edouard V (1470-1483)


Armes de Richard III (1452-1485)
 
Frère cadet d'Édouard IV, il s'empare du pouvoir au détriment de ses neveux. Sacré le 6 juillet 1483 par l'archevêque de Cantorbéry Thomas Bourchier. Vaincu et tué à Bosworth par Henri Tudor, qui lui succède et met un terme à la guerre des Deux-Roses.


Armes de Henri VII (1457-1509)
Descendant de Jean de Gand, troisième fils d'Édouard III. Fils d'Edmond Tudor et de Margaret Beaufort, neveu d'Henri VI, il épouse Élisabeth d'York, la fille d'Édouard IV, en 1486. Sacré le 22 août 1485 par l'archevêque de Cantorbéry Thomas Bourchier. 

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