dimanche 24 août 2014

Le signe de la Vierge

Le signe astrologique de la Vierge, qui concerne les personnes nées entre le 24 août et le 23 septembre, est lié à l’élément classique de la Terre, qu'il partage avec le Taureau et le Capricorne. Trois mots-clef synthétisent le signe de la Vierge : Analyse, Critique et Raison. Le signe de la vierge est réputé très observateur, efficace et utile mais il peut être parfois inflexible et têtu. Une Vierge se reconnaît à cette expression récurrente : « Oui, mais... » La mythologie grecque l’identifie à la déesse de la Justice, Thémis ou Astrée (fusionnant avec sa demi-soeur Artémis), qui aurait quitté la Terre par dégoût de la grossièreté des hommes (on la comprend...). Depuis lors, la Vierge est traditionnellement représentée portant la Balance, ainsi qu’un épi de blé. 


La Vierge selon Johfra Bosschart
artiste peintre hollandais (1919-1998)


La Vierge est un signe négatif, la terre en expansion. Le soleil entre dans le signe de la Vierge à la fin août, mois de la récolte, quand le blé mur est moissonné. C’est la planète Mercure qui le gouverne. Dans les six premiers signes, le « moi » est au centre du développement de la personnalité. Cette étape s’achève avec la Vierge. Ici tout est brisé aussi finement que possible (1) et ce grand amas est maintenant gouverné par l’homme. C’est la phase au cours de laquelle les détails sont examinés. Or, la capacité de fractionnement en atomes caractérise la matière. C’est pourquoi la Vierge représente la nature matérielle sous la forme de la Mère Fertile. Elle est la Déméter grecque avec l’épi de blé (2), la Cérès romaine, l’Isis égyptienne avec son voile vert signifiant la croissance (3) et la Vierge Marie, le pont des cieux et la médiatrice, l’âme du monde ou Anima Mundi. Dans le Livre des Morts égyptien, le signe de la Vierge est aussi représenté comme le « passage au royaume d’Osiris » (4). D’un point de vue macrocosmique, elle est la substance primordiale universelle à partir de laquelle le cosmos matériel est condensé (5). D'où l'ajout des quatre chérubins au cadre, ceux de la vision d’Ézéchiel ; ils représentent les quatre Évangélistes aussi bien que les quatre éléments. L’ange situé dans l’angle supérieur gauche, c’est Jean l’Évangéliste (l'élément eau) (6). L’aigle dans l’angle supérieur droite scorpion exalté de l’astrologie), c’est Matthieu (l'élément air) (7). Le lion, c’est Marc (l'élément feu) (8). Le bœuf représente Luc (l'élément terre) (9).


La vie qui inspire la matière - la fertilité, en d’autres termes - est symbolisée par l’œuf transparent, avec sa flamme ardente, que la Vierge tient dans la main (10). La Vierge porte une guirlande de blé et de bleuets (11). L’accent est ici placé sur le grain, le pain, symbole de la «Manne». Ses ailes blanches témoignent de son état de chasteté (les oiseaux sont un ancien symbole de l’âme) (12). Un pentagramme - le signe de la quintuple personne (les cinq sens) - rayonne au-dessus de sa tête (13). Tous les autres symboles, dans ce tableau, sont gouvernés par le maître de ce signe, Mercure. Hermès ou Mercure, sous sa forme gréco-romaine, est visible sur la gauche. Il essaie de mesurer l’univers - à l’arrière-plan - avec son intelligence (14). Sous sa forme égyptienne, en tant que Thot, le scribe des dieux, on peut le voir à droite sous l’aspect du cynocephalus hauradryes, le babouin d’ Abyssinie (15). Thot est surtout le juge des âmes. Il siège à la porte d’Osiris, que les morts doivent passer pour aboutir aux champs d’Amenti, nom donné par les Égyptiens au royaume de l’«autre côté». Thot pèse chaque âme sur sa balance : le cœur du mort est placé sur un plateau et la plume de Maat dans l’autre. La plume représente l’ordre universel et la mesure de toutes choses (la Vérité) (16). Les deux serpents du bâton de Mercure sont aussi présents comme facteurs sidéraux (17).

Les angles inférieurs du tableau portent des aspects de Mercure : à droite, la sagesse, figurée en Égypte par l’Ibis sacré (18) ; en face, pour représenter la tradition juive, un livre de la Kabbale ouvert sur la gravure de l’Arbre de Vie (19). La proposition de Pythagore figure sur un rouleau de papyrus (20) pour représenter la doctrine grecque de l’univers. Le livre fermé M (mater materia) se réfère au texte le plus sacré des Rosicruciens, celui qui contenait leur connaissance universelle (21). Ainsi se trouvent rassemblées trois importantes traditions de sagesse. Dans l’angle inférieur gauche, on voit des symboles qui se réfèrent à une autre fonction de Mercure, celle de transmutateur : le guide des morts vers le paradis, le Psychopompe (22). En Égypte, dans cette fonction, ce dieu a la forme d’un chacal, animal qui fréquente les lieux de sépulture. Selon l’interprétation alchimiste, cela signifie que si un initié dans les Mystères réussit à se dégager de son existence humaine à travers la mort, il sera ressuscité comme un être nouveau et éternel. C’est Hermès-Thot qui tient le rôle le plus important dans cette transmutation. Il est l’embaumeur qui donne au corps l’éternité. Il est la pensée qui, transmuée comme Mercurius sublimatus, conduit à une nouvelle conscience universelle. 


Ceci est un processus de distillation qui prend place dans l’Athanor, le fourneau alchimique (23 et 24), dans lequel le nouvel être humain est constitué. Nous en venons maintenant aux sceaux magiques et aux signatures. Le symbole astrologique de la Vierge est au-dessous des pieds de la Vierge, contenu dans une étoile à huit pointes ; ceci parce que Mercure, qui gouverne le signe, est associé avec Hod, la huitième Sephira sur l’arbre de vie (25). En haut, à gauche, en arrière du pied gauche de Mercure, est situé son signe planétaire (26). Au- dessus de sa tête est le sceau de son esprit planétaire : Ophiel (27). En haut, au centre, se trouve la signature attribuée à l’archange Michel sous lequel se tient Mercure (28). A droite se trouve le signe de l’esprit Thaf Thar Tharath (29) ; tout au-dessous du babouin se trouve le signe de l'intelligence planétaire Tiriel (30). Le sceau planétaire de Mercure figure sur le bouclier que Thot tient dans sa main (31). Les deux signes au-dessous sont des symboles alchimiques pour Mercurius sublimatus, le noble vif-argent (32).


Le tableau de Johfra est à la fois un concentré de symboles et une synthèse des grandes traditions.