vendredi 22 août 2014

Les grandes activités humaines

L'agriculture, l'industrie, le commerce, les sciences, les arts et la navigation vus à travers l'imagerie du 19ème siècle.

L'agriculture

L'agriculture, c'est le fait et l'art de cultiver la terre et d'en tirer les ressources alimentaires. On lui associe l'élevage. Les deux furent longtemps indissociables. Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France, aimait à répéter Sully, l'ami et le ministre du roi Henri IV qui lui confia le soin de réorganiser les finances de l’État. Sully favorise tout particulièrement le développement de l'agriculture, aux dépens des industries de luxe que souhaitait favoriser Henri IV. Dans ce but, il prend de nombreuses mesures en faveur des paysans : bétail et outils de travail deviennent insaisissables, construction de voies de communication, facilitation des acquisitions de biens communs et de l'exportation du blé et du vin. Toutefois, les paysans restent encore bien souvent misérables et peu ont le loisir de déguster chaque dimanche la fameuse poule au pot... Fénelon dit de l'agriculture qu'elle est le fondement de la vie humaine, la source de tous les vrais biens.

L'agronomie c'est la théorie de l'agriculture et l'agrologie la science qui a pour objet la connaissance des terrains dans leur rapport avec l'agriculture.


L'industrie

L'industrie c'est le nom sous lequel on comprend toutes les opérations qui concourent à la production des richesses : l'industrie agricole, l'industrie commerciale et l'industrie manufacturière ; l'industrie agricole s'applique principalement à provoquer l'action productive de la nature ou à en recueillir les produits ; l'industrie commerciale crée de la valeur en mettant les produits à la portée du consommateur ; l'industrie manufacturière est celle qui, en transformant les choses, leur crée de la valeur. (Littré)


Le commerce

Le commerce, c'est l'échange entre les hommes des différents produits de la nature ou de l'industrie, sur le principe du troc ou d'un équivalent monétaire. Les premiers grands commerçants connus furent les Phéniciens, qui allèrent jusqu'aux colonnes d'Hercule (l'actuel détroit de Gibraltar) et peut-être même au-delà. En France, c'est véritablement Colbert qui développa le commerce. Voltaire évoque son génie qui fut de se tourner principalement vers le commerce, qui était faiblement cultivé et dont les grands principes n'étaient pas connus. Dans son Charles IX, J.M. Chénier écrit : "Le besoin du commerce enfantera la paix." Certes, sauf qu'une société exclusivement marchande et mercantile - comme la nôtre par exemple - occasionne beaucoup de tensions et de rapports de force. Le monde commercial d'aujourd'hui est loin d'être paisible...


La navigation

La navigation est liée au commerce. Certes, elle s'est développée du fait de la curiosité humaine à découvrir des terres nouvelles. Mais une terre nouvelle c'est aussi et surtout de nouvelles ressources. L'économie demeure le motif foncier et la raison finale de toutes les entreprises.

Les sciences

Le terme allemand pour science est wissenschaft, c'est-à-dire "connaissance". C'est au singulier. Sauf qu'à partir de la Renaissance, la Science, affranchie peu à peu de la chape de plomb du dogmatisme religieux, s'est diversifié dans les sciences, au point d'en perdre la vision d'ensemble et d'unité de la nature et du réel et dont on sait où cela a mené...


Les arts

L'art c'est la manière de faire une chose selon certaine méthode, selon certains procédés. Jusqu'à récemment, dans l'Histoire, l'art servait à exprimer le beau ou l'idée du beau. Nous lui devons les splendeurs passées et... présentes car l'idée du beau (la splendeur du vrai) n'a pas déserté tous les esprits, loin s'en faut.

Le concept d'art n'existait pas chez les anciens Grecs. Ils distinguaient parmi certaines activités, appelées « tekhne », celles qui étaient parrainées par les Muses, dont le nombre a fini par se stabiliser à neuf : Calliope : la poésie épique ; Clio : l’histoire ; Érato : la poésie érotique et lyrique; Euterpe : la musique; Melpomène : la tragédie ; Polymnie : la pantomime, la rhétorique et les chants religieux ; Terpsichore : la danse et le chant choral ; Thalie : la comédie ; Uranie : l’astronomie et la géométrie.(Voir notre billet du 7 avril 2014 : les neuf Muses).

Au Moyen-Âge, on ne distinguait pas les arts des sciences. Les arts libéraux étaient au nombre de sept, classés en deux groupes :
 
- les sciences du langage : rhétorique, grammaire et dialectique ;
 
- les sciences des nombres : arithmétique, géométrie, astronomie et musique.

Les arts mécaniques (les activités manuelles) désignaient, outre les activités qui seront regroupées comme les Beaux-Arts (l’architecture, la sculpture, la peinture et l’orfèvrerie), toutes les activités qui transforment de la matière, celles qui relèvent des sept corps des marchands (qui n'étaient pas de simples négociants mais des fabricants) comme la draperie, l'épicerie dont relèvent les apothicaires, l'orfèvrerie, la mercerie, etc., ainsi que beaucoup d'autres qui relevaient d'autres catégories comme la sidérurgie, la verrerie, la coutellerie, etc.

Hugues de Saint-Victor, au XIIe siècle énumère les sept sciences mécaniques : filage, architecture, navigation, agriculture, chasse, médecine, théâtre. 

Les nobles arts (activités propres à la noblesse, à leur apprentissage et à leur perfectionnement) désignaient le maniement des armes, les arts martiaux, l'équitation, la chasse, les jeux nobles comme la paume, la danse, le cérémonial, la quintaine, la stratégie, les échecs, etc.

Au début du XIXe siècle, adoptant cette manière philosophique dans ses cours d’esthétique donnés entre 1818 et 1829, le philosophe Hegel distingue cinq arts. Il les classe en fonction de deux critères : l’expressivité et la matérialité. Ainsi il organise une double échelle allant de l'art le moins expressif mais plus matériel à l'art le plus expressif mais le moins matériel :
l’architecture ; la sculpture ; la peinture ; la musique ; la poésie.


Aux cinq arts communément cités au XIXe siècle, le XXe va en rajouter quatre autres pour arriver à un total de neuf arts sans pouvoir se mettre d’accord sur un 10e art.

À la fin du XXe siècle, la liste suivante se trouve bien établie et stabilisée à neuf, à l’image du nombre des Muses antiques :

1er art : l’architecture ;
2e art : la sculpture ;
3e art : les « arts visuels » regroupe peinture, dessin
4e art : la musique ;
5e art : la littérature, dont la poésie ;
6e art : les « arts de la scène » regroupe théâtre, danse, mime, et le cirque
7e art : le cinéma ;
8e art : la photographie.
9e art : la bande dessinée.

Prenant parti pour la tradition et le sens commun, des auteurs ajoutent à la liste du XIXe siècle la danse, qu’ils conçoivent de façon élargie, y incluant l’art du mime et tout art scénique, dont le théâtre.



 







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