jeudi 7 août 2014

Un petit tour du monde en 1904

L'Exposition Universelle de 1900 - qui marqua l'apothéose de la Belle Époque et sur laquelle nous reviendrons ultérieurement – fut un grand rendez-vous planétaire à travers lequel les grandes puissances du moment et les pays d'influence d'alors ont su se promouvoir. Le monde s'était donné à voir à Paris à une échelle colossale : 7 mois d'exposition, 76112 compagnies exposantes et plus de 48 millions de visiteurs. À cette occasion et par la suite, d'innombrables chromolithographies seront distribuées par les grandes marques sur tous les thèmes imaginables, notamment sur le monde d'alors. Un véritable raz-de-marée d'images réalisées par une armée de dessinateurs allait inonder les maisons. Heureusement, ces images sortent des tiroirs et Internet leur permet d'avoir une seconde vie... à l'échelle planétaire. Les artistes de l'époque – d'illustres inconnus pour la plupart – pouvaient-ils s'imaginer que leur travail connaîtrait ce destin ? En tous les cas, le blog Héraldie participe activement à ce travail de mémoire. La série qui suit propose un petit tour du monde de l'année 1904, en douze images. D'autres séries suivront. Cerise sur le gâteau : j'ai le privilège de publier le 1000e billet de ce blog !

Berlin (Allemagne)
Fondée au XIIIe siècle, Berlin a été successivement capitale du royaume de Prusse (1701-1871), de l'Empire allemand (1871-1918), de la République de Weimar (1919-1933) et du Troisième Reich (1933-1945). Après 1945 et jusqu'à la chute du Mur de Berlin en 1989, la ville est partagée en quatre secteurs d'occupation. 

Blason et drapeau de Berlin

Pendant la Guerre froide, le secteur soviétique de la ville, nommé Berlin-Est, est devenu la capitale de la République démocratique allemande (R.D.A.), tandis que Berlin-Ouest était politiquement rattachée à la République fédérale d'Allemagne, devenant ainsi un bastion avancé du « Monde libre » à l'intérieur du Bloc communiste. Après la chute du mur, Berlin redevint, en 1990, la capitale de l'Allemagne alors réunifiée, et les principales institutions fédérales, quittant Bonn, y emménagèrent en 1999.

Saint-Pétersbourg (Russie)
Capitale de l'Empire russe de 1712 jusqu'en mars 1917 (ainsi que de la Russie dirigée par deux gouvernements provisoires entre mars et octobre 1917), Saint-Pétersbourg a conservé de cette époque un ensemble architectural unique qui en fait une des plus belles villes d'Europe. Deuxième port russe sur la mer Baltique après Primorsk, c'est un centre majeur de l'industrie, de la recherche et de l'enseignement russe ainsi qu'un important centre culturel européen. Saint-Pétersbourg est la deuxième ville d'Europe par sa superficie et la cinquième par sa population.

Blason et drapeau de Saint-Pétersbourg

Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par le tsar Pierre le Grand dans une région disputée depuis longtemps au royaume de Suède.



Moscou (Russie)
Le nom de la ville vient du nom de la rivière qui la traverse. Les scientifiques ont récemment émit l'hypothèse qu'il serait d'origine slave ou balte. Dans les deux cas, il signifierait « humide » ou « détrempé par la neige ». Moscou est mentionnée la première fois en 1147, sous le nom de Moskov, comme lieu de rencontre des princes Iouri Dolgorouki de Vladimir et Sviatoslav Olgovitch de Novgorod-Severski2. Le cœur de la ville se situe au confluent de deux rivières, la Moskova et la Neglinnaïa. Il est tout d'abord protégé d'une simple muraille en bois au XIIe siècle3. La superficie totale de la ville ne dépasse pas les 5 hectares aux XIe et XIIe siècles. C'est une petite ville.

Blason et drapeau de Moscou

Moscou cessa d'être la capitale de la Russie quand en 1703 Pierre le Grand fit construire Saint-Pétersbourg sur la côte de la Baltique.



Constantinople (Turquie) 
 
Appelée officiellement İstanbul depuis le 28 mars 1930, elle a porté d'autres noms durant son histoire : « Byzance », au moment de sa fondation ; puis « Constantinople » (à partir du 11 mai 330 en l'honneur de l'empereur romain Constantin Ier).

Sceau de l'ancienne Maison Impériale Lascaris Comnenus, Logo du Patriarcat œcuménique de Constantinople et logo actuel de la ville d'Istanbul. 

Appelée aussi la « Nouvelle Rome », Istanbul appartint d'abord à la Thrace, puis à l’Empire romain dont elle fut la seconde capitale après 395 (devenu l'Empire romain d'orient et appelé au XVIe siècle « byzantin » par Hieronymus Wolf4), ensuite à l’Empire ottoman depuis le 29 mai 1453, et enfin, juste après la chute de celui-ci le 10 août 1920, à la République de Turquie, dont elle fut capitale jusqu'au 13 octobre 1923, lorsque cette fonction administrative fut transférée à Ankara.

Le Caire (Égypte)
 
Le Caire est une francisation, à travers l'italien Il Cairo, du terme arabe Al-Qāhira, qui signifie « la conquérante » ou encore « celle qui nargue ou défait ». Ce nom vient du fait que la ville était une place forte qui nargue et défait (yaqhar) l'ennemi.

Logo, drapeau et emblème du Caire

La région autour du Caire contemporain, particulièrement Memphis a longtemps été un centre majeur de l'Égypte antique grâce à sa situation stratégique en amont du delta du Nil. Cependant, les origines de la ville moderne sont généralement reliées à une série de peuplements pendant le premier millénaire après JC. À l'aube du IVe siècle, alors que Memphis perdait continuellement de son importance, les Romains établirent une cité-forteresse le long de la rive Est du Nil. Cette forteresse, connue sous le nom de Babylone, reste le plus vieil édifice de la ville. Elle est également située au cœur de la communauté copte orthodoxe d’Égypte, qui se sépara des Églises Romaine et Byzantine à la fin du IVe siècle.


Gizeh (Égypte)
Gizeh est située sur la rive gauche du Nil, face à la vieille ville du Caire. La renommée internationale de Gizeh est due aux célèbres grandes pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos, ainsi qu'au Sphinx, témoins de la civilisation égyptienne antique, situés sur le plateau à quelques kilomètres de la ville.

C'est du pied de ces pyramides que Bonaparte, lors de la campagne d'Égypte, le 21 juillet 1798, avant une bataille décisive, aurait prononcé le célèbre « Soldats, songez que du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent. »



Bombay (Inde)
 
Lorsque les Portugais s'approprièrent les îles de Bahadur Shah en 1534, le premier gouverneur aurait utilisé le terme de « Bom Bahia » (« la bonne baie ») pour décrire la péninsule et la sécurité qu'apporte le port. Ce nom a évolué en « Bombais » qui est utilisé aujourd'hui en portugais moderne.Les Britanniques adoptèrent ce nom pour en faire « Bombay ». Bombay se nomme aussi Mumbai.

 Armes anciennes (empire britannique) et actuelles de Bombay


Calcutta (Inde)
La ville de Calcutta fut fondée le 24 août 1690 par Job Charnock, administrateur de la Compagnie anglaise des Indes orientales, pour devenir la nouvelle capitale des Anglais au Bengale. Elle fut le siège de la Compagnie anglaise des Indes orientales avant de devenir la capitale des Indes britanniques de 1773 à 1912. Centre du contrôle de la compagnie pour le Bengale depuis 1757, Calcutta profita d'une croissance industrielle rapide à partir des années 1850, particulièrement dans le secteur textile, malgré la pauvreté de la région environnante.

Drapeau de Calcutta avant l'indépendance et symbole de l'Inde. 


Colombo (Ceylan)
Le nom Colombo, attribué par les Portugais à leur arrivée sur l'île en 1505, dérive probablement du toponyme Kolon Thota (en cingalais classique : « port sur la rivière Kelani »). Une autre hypothèse le fait dériver du nom cingalais Kola-amba-thota (en cingalais : port de la mangue), qui aurait été altéré par les Portugais en l'honneur de Christophe Colomb.

Blason de Colombo, sceau de l'Université de Colombo et sceau de justice

Colombo était probablement connue des marchands romains, arabes et chinois dans l'Antiquité4. Des communautés musulmanes s'y installent au VIIIe siècle et prennent le contrôle des échanges marchands entre le monde cingalais et le reste du monde. Les Portugais s'y installent au XVIe siècle, y construisant un fort afin de protéger leur commerce d'épices. Les Néerlandais prennent la ville au XVIIe siècle, avant que les Britanniques ne fassent de Colombo, la capitale de leur colonie (alors nommée Ceylan) en 1802.

Bangkok (Siam)
Le Siam est l'ancien nom de la Thaïlande. C'est la transcription du nom donné au peuple thaï par les Khmers. Ce terme vient du sanskrit śyāma « sombre », qui fait référence à la couleur de la peau de ses habitants. Le royaume du Siam a été fondé en 1350 par le roi Ramathibodi Ier. Ses capitales successives furent Ayutthaya (1350-1767), Thonburi (1767-1782), puis Bangkok (à partir de 1782). Le pays a pris le nom de Thaïlande en 1939, après la prise du pouvoir par le général Plaek Phibunsongkhram.

Grandes armes et drapeau du Siam (1873-1910) 


Makassar (Java)
Makassar, anciennement Ujung Pandang, est une ville d'Indonésie et la capitale de la province de Sulawesi du Sud. Elle est située dans le sud de l'île de Sulawesi (Célèbes). Elle a le statut de kota (municipalité). 

Armes anciennes et actuelles de Makassar


Hong Kong (Chine)
Hong Kong, dont le nom signifie littéralement « port aux parfums » ou « port parfumé »), est la plus grande et la plus peuplée des deux régions administratives spéciales de la République Populaire de Chine, l'autre étant Macao. Hong Kong est située sur la rive orientale de la Rivière des Perles, sur la côte sud de la Chine et elle est baignée par la mer de Chine méridionale.

Anciennes armes de Hong Kong et sceau actuel

Colonie britannique à partir du traité de Nankin (1842), rétrocédée à la Chine en 1997 soit 155 ans plus tard, Hong Kong demeure radicalement différente du reste de la Chine. Une loi fondamentale particulière détermine son régime politique. Elle obéit au principe « un pays, deux systèmes », qui permet à Hong Kong de conserver son système légal, sa monnaie, son système politique, ses équipes sportives internationales et ses lois sur l'immigration. Selon les termes de la déclaration sino-britannique commune, la Chine a promis que Hong Kong garderait une relative autonomie jusqu'à au moins 2047, soit 50 ans après le transfert de la souveraineté.

Les anciennes armes de Hong Kong étaient basées sur l'insigne colonial utilisé depuis 1843.
Shanghai (Chine)
Shanghai est la ville la plus peuplée de Chine. Elle constitue aussi l'une des plus grandes mégapoles du monde avec plus de 23,5 millions d'habitants (en 2012). Elle est située sur la rivière Huangpu près de l'embouchure du Yangzi Jiang, à l'est de la Chine.

L'émergence de la ville comme centre financier de l'Asie-Pacifique, au XIXe siècle et au XXe siècle, s'est faite dans la douleur, avec l'occupation étrangère de la ville pendant plusieurs décennies. Dans les années 1920 et 1930, Shanghai a été le théâtre d'un formidable essor culturel qui a beaucoup contribué à l'aura mythique et fantasmatique qui est associée à la ville depuis cette époque.

Après la fondation de la République de Chine et la guerre sino-japonaise (1937-1945), l'avènement de la République populaire de Chine a muselé la ville économiquement et culturellement, considérée comme un foyer de bourgeois et de dépravation, jusqu'à ce que Deng Xiaoping en 1992 décide de promouvoir le développement de la ville.

Sceau de l'ancienne Concession française, sceau et drapeau de Shanghai



Tokyo (Japon)
Tokyo est la capitale administrative du Japon depuis 1868, en tant que lieu de résidence de l'empereur du Japon, du Premier ministre, du siège de la Diète (le parlement japonais), du Cabinet, de tous les ministères qui le constituent ainsi que de toutes les ambassades étrangères. Ce statut n'est toutefois pas défini par la Constitution de 1947. Elle constitue le principal centre politique de l'archipel depuis le XVIIe siècle.

Devenue deuxième place financière mondiale en 1990, derrière New York la ville est caractérisée par ses gratte-ciel, ses magasins de produits électroniques et de haute technologie, mais aussi par ses nombreux sanctuaires shintoïstes et temples bouddhistes, et ses quartiers et petites rues aux atmosphères particulières.

Sceau, emblème et drapeau de Tokyo


Yokohama (Japon)
Yokohama est une ville portuaire. C'est la deuxième ville du Japon derrière l'agglomération de Tokyo ; elle doit son développement à l'activité importante de son port et à ses contacts avec l'étranger avant même la fin de la période d'isolationnisme imposée par le shogunat Togukawa, qui se traduisent d'ailleurs par la présence d'importantes communautés étrangères, notamment chinoise. 

 Sceau et drapeau de Yokohama


Sydney (Australie)
C'est le navigateur britannique James Cook qui aperçut pour la première fois le site de l'actuelle Sydney, qu'il nomma Port Jackson, en 1770 en l'honneur de Sir George Jackson, un des Lords Commissaires de l'amirauté britannique. En 1788, le capitaine Arthur Phillip donna à l'endroit son nom actuel (en l'honneur du ministre de l'Intérieur britannique Thomas Townshend, premier vicomte de Sydney) qu'il avait choisi pour conduire les prisonniers et établir une colonie pénitentiaire destinée aux bagnards emmenés de Grande-Bretagne. Des colons libres les suivirent et, de 1800 à 1850, leur nombre augmenta régulièrement au fur et à mesure qu'étaient mises en valeur les richesses de la Nouvelle-Galles du Sud. En 1829, la ville compte 16000 habitants dont de nombreux militaires.

 Blason et drapeau de Sydney

Source principale : l'incontournable Wikipédia