lundi 29 septembre 2014

Aux origines du commerce

Il est hors de doute que bien avant les temps historiques, les hommes ont pratiqué le commerce dans sa forme la plus élémentaire : l'échange d'un objet contre un autre. Les matières les plus diverses, comme le silex servant à confectionner les outils, le cristal de roche, le corail, des coquillages, etc., formaient la base de ces échanges. Dans les cités lacustres de la Suisse on a même découvert des coraux de la Méditerranée que le trafic seul a pu amener si loin de leur lieu d'origine. Les ateliers de fabrication d'outils en silex, que l'on sait avoir existé en masse dans l'île de Rugen, constituaient un centre important du commerce préhistorique.


Le sel, cet élément indispensable de la nourriture humaine, formait déjà à l'époque préhistorique un article commercial très recherché. Des trouvailles importantes, faites près de Hallstadt, dans la Haute Autriche, ont démontré que l'exploitation des riches dépôts locaux de ce minéral remonte au moins à la seconde période de l'âge du bronze. Un trafic des plus étendus devait exister déjà dans ces temps-là entre les habitants de cette contrée et les pays du littoral méditerranéen. Les objets métalliques qu'on y a mis à jour sont, en effet, des produits de l'industrie du sud de l'Europe que des marchands phéniciens, remplacés plus tard par des Grecs et autres méridionaux, amenèrent, pour les échanger contre des produits locaux, dans les régions situées plus au nord.

Les Égyptiens entretenaient déjà dans la plus haute antiquité des relations commerciales étendues avec les tribus nomades de la Libye, de l'Arabie et les pays du littoral avoisinant la Syrie. Les articles d'échange consistaient en sel, bestiaux, produits du sol, or et argent, tissus, bois précieux et objets artistiques. ces contrées fournissaient également aux Egyptiens leurs esclaves, considérés ni plus ni moins comme une marchandise de valeur déterminée. Les articles à vendre de part et d'autre étaient exposés et échangés dans des localités désignées à cet effet.

Les États babylonien et assyrien, formés dans les régions arrosées par le Tigre et l'Euphrate, ne tardèrent pas à nouer des relations commerciales avec l'Inde, l'Arabie, l'Asie Mineure et d'autres pays voisins. Ils firent des expéditions jusqu'à la côte orientale de l'Afrique, vers le fameux « pays de l'or », connu plus tard sous le nom de Sofala et qui se trouve comprise dans le Mozambique. De véritables flottes de navires marchands, encadrés et protégés par des bâtiments de guerre, partaient de l'Inde, quand les vents étaient favorables, pour se rendre dans cette région.

À Partir du 6e siècle avant notre ère, les Phéniciens furent refoulés par les colonies grecques dans la Mer Égée et, plus tard, par leur propre colonie de Carthage, forte position sur la Méditerranée qui s'était rendue indépendante. Enfin, la puissance macédonienne paracheva le déclin du commerce phénicien. Par contre, l'importance des Grecs, en tant que peuple marchand, s'accrut puissamment. Les villes de Milet, Egine, Rhodes et surtout Corinthe, devinrent des centres commerciaux influents qui fondèrent à leur tour de riches colonies. Marseille, entre autres, doit, comme on sait, son origine à une colonie de la ville grecque de Phocée. Les Corinthiens étaient passés maître dans l'art de la confection et de la teinture de tissus artistiques, dans la sculpture et le façonnage des métaux et des matières plastiques.

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