vendredi 19 septembre 2014

God save the Queen !

Les résultats du referendum écossais sont tombés ce matin : le Royaume-Uni est sauf. God save the Queen ! Les Écossais ont donc décidé de demeurer dans l'Union. Ils ont peut-être eu de l'instinct après tout...  Car si le « oui » l'avait emporté, plus rien n'aurait été comme avant et les conséquences de cet événement auraient été lourdes des deux côtés. Certes, on eût pu se réjouir de la victoire du « oui » par quoi le peuple écossais était enfin rendu à lui-même, chose que l'on peut, par souci de cohérence, souhaiter à tous les peuples dont l'âme n'est pas morte. Les empires continuent de s'effondrer et l'Histoire est en train de se démailler. Mais on eût pu tout autant s'affliger de la chose dans la mesure où l'éclatement des pays entre tout à fait dans la logique ultralibérale de la liquidation des états souverains, au profit d'une redistribution géo-politique basée sur les régions réduites à des zones économiques, c'est-à-dire ramenées à une échelle plus flexible et idéalement transnationales. Certains y voient même comme un retour au patchwork territorial de l'époque féodale. Ce n'est pas tout d'être indépendant, encore faut-il être souverain. Or, c'est justement la souveraineté des états que le globalisme marchand et financier cherche à torpiller. Diviser pour régner, la recette est vieille comme le monde. L'éclatement des grands ensembles politiques en plusieurs pays est un facteur de fragilisation dans le contexte carnassier actuel. Les grands états sont endettés à un point tel que leur prétendue souveraineté n'est plus qu'une étiquette sur une boîte vide. Le château de cartes est à la merci du moindre éternuement et ceux qui s'imaginent que les choses vont aller en s'améliorant peuvent toujours rêver debout. Ils se retrouveront seuls au réveil et le choc sera brutal... Quand sonnera l'hallali, ce sera chacun pour soi. Yes, God save the Queen and our souls !