dimanche 7 septembre 2014

Grandes figures féminines des 17e, 18e et 19e siècles

Duchesse de Longueville, Madame de Lafayette, Marquise de Maintenon, Marquise de Sévigné, Mademoiselle Clairon, Sophie Arnould, Madame de Staël, Charlotte Corday, Madame Roland, Madame Récamier, Madame Emile de Girardin, George Sand... autant de femmes d'esprit qui ont marqué leur époque...

Les articles sont extraits des pages Wikipédia auxquelles renvoient les liens, à l'adresse des lecteurs désireux d'en savoir plus sur l'une des personnes citées.


Anne Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville est la seule fille d'Henri II de Bourbon, prince de Condé, et de son épouse Charlotte Marguerite de Montmorency, et la sœur du Grand Condé et du prince de Conti. Elle joua un rôle important parmi les frondeurs durant la minorité de Louis XIV. Après la mort de Richelieu et de Louis XIII, son père devient le chef du Conseil de régence pendant la minorité de Louis XIV. Son frère Louis remporte la bataille de Rocroi en 1643 et devient chef du Conseil de régence. La duchesse devient alors une interlocutrice politique importante. En 1648, associée à Gondi, elle pousse Armand de Bourbon-Conti, son second frère, et son mari à opter pour le parti des frondeurs et à s'enfermer dans Paris. Mais elle n'arrive pas à convaincre Condé de rallier le mouvement. Après l'arrestation le 18 janvier 1650 de Condé, Conti et de son mari le duc de Longueville, la duchesse s'enfuit en Normandie, mais échoue dans sa tentative de soulever la province. Poursuivie par les troupes royales, elle parvient à rejoindre La Haye sur un vaisseau hollandais, puis de là Stenay où elle se réfugie auprès de Turenne en mars 1650. Elle va rester un an à Stenay, négociant avec les Espagnols et poussant Turenne à se révolter contre le cardinal Mazarin. La chute de ce dernier au début de l'année 1651 est le résultat de l'alliance des deux frondes. Elle a conduit à la libération des princes, à la restitutions des honneurs, mais aussi à des accords matrimoniaux notamment entre Conti et Charlotte-Marie de Chevreuse, fille de la duchesse de Rohan. Anne-Geneviève use de son influence sur Condé pour casser cette promesse. À la fin de l'été, la situation de Condé se dégrade, Il quitte Paris à la veille de la majorité de Louis XIV et rejoint la Gascogne accompagné de sa famille et ses partisans. C'est au cours du voyage que la duchesse de Longueville serait devenue la maîtresse du duc de Nemours. 


 

 Armes de la duchesse de Longueville








Le 24 mars 1652, Condé se dirige vers Paris laissant la garde de Bordeaux à Conti, Anne-Geneviève et sa femme Claire-Clémence. La ville où sévit le parti de l'Ormée est en état d'insurrection. De plus des dissensions se produisent entre Conti et sa sœur. La ville se rend aux troupes royales en juillet 1653.



Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette (1634-1693) est une femme de lettres française. Établie de façon définitive à Paris en 1659, elle fait paraître anonymement La Princesse de Montpensier en 1662. De 1655 à 1680, elle sera étroitement liée avec La Rochefoucauld (l’auteur des Maximes), dont elle dira : « M. de La Rochefoucauld m’a donné de l’esprit, mais j’ai réformé son cœur. » La Rochefoucauld présente Marie-Madeleine de La Fayette à beaucoup de grands esprits littéraires du temps, y compris Racine et Boileau. 1669 voit la publication du premier tome de Zaïde, un roman hispano-mauresque édité sous la signature de Segrais mais presque certainement dû à Madame de La Fayette. Le deuxième volume paraît en 1671. Zaïde fut l’objet de rééditions et de traductions, notamment grâce à la préface de Huet.

L'œuvre la plus célèbre de Marie-Madeleine de La Fayette est La Princesse de Clèves, d’abord éditée par un de ses amis en mars 1678. Cette œuvre, dont le succès fut immense, passe souvent pour être un prototype du roman d'analyse psychologique.

La mort de La Rochefoucauld en 1680 puis du comte de La Fayette en 1683 la conduit à mener une vie sociale moins active dans ses dernières années. Elle s'est clairement retirée de la vie mondaine, afin de se préparer à la mort. 

Armes de la famille Motier de La Fayette

Trois de ses ouvrages ont été édités à titre posthume : La Comtesse de Tende (1723), Histoire d’Henriette d’Angleterre (1720) et Mémoires de la Cour de France (1731).







Marquise de Maintenon (1635-1719)

Madame de Maintenon est une dame française des XVIIe et XVIIIe siècles qui fut l'épouse puis la veuve de Paul Scarron. Par la suite, elle fut titrée marquise de Maintenon. Elle est la fondatrice de la Maison royale de Saint-Louis. Nommée secrètement - puis ouvertement après leur légitimation - gouvernante des enfants naturels de Louis XIV (1638–1715), roi de France et de Navarre, elle devint secrètement son épouse après la mort de la reine Marie-Thérèse en 1683, attirant à elle autant la flagornerie que la haine de la cour et de la famille royale.

Madame de Maintenon est une dame française des XVIIe et XVIIIe siècles qui fut l'épouse puis la veuve de Paul Scarron. Par la suite, elle fut titrée marquise de Maintenon. Elle est la fondatrice de la Maison royale de Saint-Louis. Nommée secrètement - puis ouvertement après leur légitimation - gouvernante des enfants naturels de Louis XIV (1638–1715), roi de France et de Navarre, elle devint secrètement son épouse après la mort de la reine Marie-Thérèse en 1683, attirant à elle autant la flagornerie que la haine de la cour et de la famille royale. Mme de Maintenon fait planer sur la cour à la fin du règne de Louis XIV une ère de dévotion et d'austérité. On lui prête une grande influence sur le roi et sur la Cour, notamment concernant la décision ayant conduit à la révocation, en 1685, de l’édit de Nantes, qui provoqua l’exode d'une grande partie des protestants, ou l’incitation au déclenchement de la guerre de Succession d'Espagne en 1701.

Madame de Maintenon est une d'Aubigné de naissance. Les armes de la famille sont de gueules au lion rampant d'hermine couronné et lampassé d'or.

En 1715, trois jours avant la mort du roi, Madame de Maintenon se retire à Saint-Cyr dans la Maison royale de Saint-Louis, maison d'éducation pour jeunes filles nobles et désargentées fondée en 1686, où elle reçoit la visite du tsar Pierre le Grand (qui était « venu voir tout ce qui en valait la peine en France »). Elle y meurt le 15 avril 1719.

En 1793, la Maison royale devint un hôpital militaire pour finalement accueillir, de 1808 à 1940, l’École spéciale militaire de Saint-Cyr et, depuis les années 1960, le lycée militaire de Saint-Cyr.


 

Marie de Rabutin-Chantal, épouse Sévigné, dite la marquise de Sévigné (1626-1690) est une épistolière française. La correspondance de Mme de Sévigné avec sa fille, Françoise-Marguerite de Sévigné, comtesse de Grignan, s’effectua à peu près pendant vingt-cinq ans au rythme de deux ou trois lettres par semaine. Les lettres de Mme de Sévigné firent d’abord l’objet d’une première édition clandestine en 1725, comprenant 28 lettres ou extraits de lettres. 
La seconde moitié du XVIe siècle et la première moitié du XVIIe siècle marquèrent un bouleversement au sein de l’identité de la noblesse française. Privée d’une série de privilèges politiques et sociaux et subissant une crise financière, la noblesse a cherché une forme de défense en faisant valoir sa « supériorité de lignage » ; mais elle chercha aussi à garder son identité à l’égard de la Cour et échapper ainsi aux griffes des projets absolutistes de Richelieu et de Mazarin.

C’est de cette manière que les « bienséances » sont devenues des valeurs pour cette aristocratie en pleine crise d’identité : le badinage, le naturel (ou négligence) et le divertissement leur ont fourni avant tout une certaine forme de liberté.


Mademoiselle Clairon (1723-1803)

Claire-Josèphe Léris, dite Mademoiselle Clairon (1723-1803) est une actrice française.

Si Mlle Clairon était d'une extrême vanité, elle n'en fut pas moins l'une des plus grandes actrices de son temps. Maltraitée par sa mère, qui voulait en faire une couturière, Mlle Clairon savait à peine lire à l'âge de onze ans. Elle quitta le domicile maternel pour se rendre à Paris et s'installa, par hasard, en face de la célèbre comédienne Dangeville, qui fit naître chez elle le désir d'entrer au théâtre. Elle débuta à la Comédie-Italienne le 8 janvier 1736, n'ayant pas encore atteint l'âge de treize ans. Au bout d'un an, elle fut engagée au théâtre de Rouen, où elle resta quatre années. Un soupirant dédaigné fit paraître un pamphlet grossier contre elle, intitulé Histoire de la vie et mœurs de Mlle Cronel, dite Frétillon, écrite par elle-même, actrice de la Comédie de Rouen (La Haye 1739). Elle quitta Rouen et s'en alla jouer à Lille, Gand et Dunkerque, où elle reçut un ordre de début pour l'Opéra et où elle parut en mars 1743.

Le jeune margrave d'Ansbach, Charles-Frédéric d'Anspach-Bayreuth, tomba éperdument amoureux d'elle et l'emmena dans sa principauté, où elle passa dix-sept années. Elle revint à Paris à la veille de la Révolution, sombra dans la misère et vint vivre auprès de sa fille adoptive, Marie-Pauline Ménard, veuve de La Riandrie, chez qui elle mourut à l'âge de 80 ans.


Madeleine-Sophie Arnould (1740-1802) est une actrice et cantatrice française. Elle débuta en 1757, et se retira en 1778. Elle se distinguait, selon ses contemporains, par la finesse de son jeu et l'agrément de sa voix1.. Elle acquit une grande célébrité par ses bons mots, dont Albéric Deville a fait un recueil intitulé Arnoldiana, ou Sophie Arnould et ses Contemporaines (1813), largement utilisé par les Goncourt.

Selon Élisabeth Vigée Le Brun, « Mademoiselle Arnould n’était point jolie ; sa bouche déparait son visage, ses yeux seulement lui donnaient une physionomie où se peignait l’esprit remarquable qui l’a rendue célèbre. On a répété et imprimé un nombre infini de ses bons mots ».




Madame de Staël (1766-1817)

Anne-Louise Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, connue sous le nom de Madame de Staël est une romancière et essayiste française d'origine valdo-genevoise.

Elle est surtout connue pour avoir popularisé en France les œuvres romantiques des auteurs de langue germanique, jusqu'alors relativement méconnues dans ce pays.

Sa réputation littéraire s'affirme avec trois ouvrages :
- Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau (1788) ;
- De l'influence des passions sur le bonheur de l'individu et des nations (1796) ;
- De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800).



Armes des Staël von Holstein


D'argent à huit tourteaux de gueules posés en orle.

Charlotte Corday ( 1768-1793)

Marie-Anne-Charlotte de Corday d’Armont, retenue par l'Histoire sous le nom de Charlotte Corday (1768 1793) est une personnalité de la Révolution française, célèbre pour avoir assassiné Jean-Paul Marat.

Un de ses parents, Frédéric de Corday, raconte dans une lettre : « Charlotte avait le feu sacré de l’indépendance, ses idées étaient arrêtées et absolues. Elle ne faisait que ce qu’elle voulait. On ne pouvait pas la contrarier, c’était inutile, elle n’avait jamais de doutes, jamais d’incertitudes. Son parti une fois pris, elle n’admettait plus de contradiction. Son oncle, le pauvre abbé de Corday m’en a parlé dans les mêmes termes, comme d’une personne qui avait un caractère d’homme. Elle avait, en outre un esprit assez railleur, assez moqueur… Elle était susceptible de sentiments nobles et élevés, de beaux mouvements. Avec l’énergie dont elle était douée, elle s’imposait et n’en faisait jamais qu’à sa tête. Quoique dans la famille les femmes soient toutes énergiques, il n’y en avait pas qui eussent un caractère aussi décidé, aussi capable. Si elle eût commandé un régiment, elle l’eût bien mené, cela se devine. » 



Madame Roland (1754-1793)

Manon Roland (1754-1793) plus connue sous le nom de Madame Roland fut une des figures féminines de la Révolution française. Elle joua un rôle majeur au sein du parti girondin, et poussa son mari, Jean-Marie Roland de La Platière, au premier plan de la vie politique de 1791 à 1793.

Elle tenait un salon qui était devenu le rendez-vous de nombreux hommes politiques influents, Brissot, Pétion, Robespierre et d’autres élites du mouvement populaire dont notamment Buzot. Il était presque inévitable qu’elle-même se retrouva au centre des inspirations politiques et présida un groupe des plus talentueux hommes de progrès.






Juliette Récamier (1777-1849)

Juliette ou Julie Récamier dite Madame Récamier est une femme d'esprit dont le salon parisien réunit, à partir du Directoire et jusqu'à la monarchie de Juillet, les plus grandes célébrités du monde politique, littéraire et artistique.

À partir de 1797, Juliette Récamier commença sa vie mondaine, tenant un salon qui devint bientôt le rendez-vous d'une société choisie. La beauté et le charme de l'hôtesse, l'une des « Trois Grâces » du Directoire, avec Joséphine de Beauharnais et Madame Tallien, lui suscitèrent une foule d'admirateurs. Le cadre de l'hôtel particulier de la rue du Mont-Blanc (hôtel de Jacques Necker ancienne rue de la Chaussée-d'Antin), acquis en octobre 1798 et richement décoré par l’architecte Louis-Martin Berthault, ajoutait à la réputation de ses réceptions. Elle fut l'une des premières à se meubler en style « étrusque » et à s'habiller « à la grecque » et joua de ce fait un rôle non négligeable dans la diffusion du goût pour l'Antique qui allait prévaloir sous l'Empire. L’hôtel Récamier acquit une renommée telle qu'il devint rapidement une curiosité parisienne que tous les provinciaux et étrangers de marque se devaient de visiter. 


Delphine de Girardin (1804-1855)

Delphine de Girardin est une femme de lettres et journaliste française. Elle publie ses premiers poèmes dans la Muse française. Elle est l'auteur de deux volumes de mélanges, des Essais poétiques (1824) et de Nouveaux Essais poétiques (1825). Lors d’une visite en Italie en 1827, elle est accueillie avec enthousiasme par le monde littéraire romain et se voit même couronnée au Capitole. De ce séjour italien elle rapporte diverses poésies, dont la plus ambitieuse est Napoline (1833).

Son mariage avec Émile Delamothe dit Émile de Girardin, en 1831, lui ouvre de nouveaux horizons littéraires. De 1836 à 1839, elle publie des chroniques spirituelles dans le journal La Presse, sous le pseudonyme de Charles de Launay. Ces chroniques, éditées sous forme de recueil en 1843 sous le titre de Lettres parisiennes, obtiennent un grand succès.

Parmi ses œuvres de fiction les plus connues, on peut citer le roman Le Marquis de Pontanges (1835), un recueil de récits, Contes d’une vieille fille à ses neveux (1832), La Canne de Monsieur de Balzac (1836) et Il ne faut pas jouer avec la douleur (1853).

On compte au nombre de ses drames en prose et en vers L’École des journalistes (1840), Judith (1843), Cléopâtre (1847), Lady Tartufe (1853), et les comédies en un acte : C’est la faute du mari (1851), La Joie fait peur (1854), Le Chapeau d’un horloger (1854) et Une femme qui déteste son mari, paru à titre posthume.

Delphine de Girardin a exercé une influence personnelle considérable dans la société littéraire contemporaine et dans son salon régulièrement fréquenté, entre autres, par Théophile Gautier, Honoré de Balzac, Alfred de Musset, Victor Hugo, Laure Junot d'Abrantès, Marceline Desbordes-Valmore, Alphonse de Lamartine, Jules Janin, Jules Sandeau, Franz Liszt, Alexandre Dumas père, George Sand et Fortunée Hamelin.


George Sand (1804-1876)

George Sand - qui est en fait le pseudonyme d'Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant – est une romancière, auteur dramatique, critique littéraire française et journaliste. Elle compte parmi les écrivains prolifiques avec plus de soixante-dix romans à son actif, cinquante volumes d'œuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques.

À l'image de son arrière grand-mère par alliance qu'elle admire, Madame Dupin (Louise de Fontaine 1706-1799), George Sand prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d'une société conservatrice.

George Sand a fait scandale par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine, dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin, qu'elle adopte dès 1829, et dont elle lance aussi la mode : après elle, Marie d'Agoult signe ses écrits Daniel Stern (1841-1845), Delphine de Girardin prend le pseudonyme de Charles de Launay en 1843.