vendredi 26 septembre 2014

Le mur de briques

Le dernier billet de Marie-Louise sur la céramique évoque, entre autres, la fabrication de la brique... Cela m'a curieusement renvoyé à la photo d'un mur que j'avais prise dans la cour de l'école Lacordaire, il y a de ça quelques années déjà, un mur de briques justement. Je me souviens avoir longtemps considéré chaque brique, imaginant les mains inconnues, sans doute déjà disparues de ce monde, qui les ont façonnées. Les mains et la personne. Si à ce moment-là, on lui eût dit : « Les briques que tu es en train de mouler serviront à construire un mur que quelqu'un prendra un jour en photo et cette photo fera le tour du monde. »... peut-être eût-elle haussé les épaules, se demandant quel pouvait bien être l'intérêt de photographier un mur en briques semblable à d'autres murs en briques... Mais est-ce bien un mur en briques que j'avais alors photographié ou l'image matérielle de mon état intérieur ? Avais-je perçu ce mur en tant que tel ou comme le symbole de l'obstacle, de l'isolement, de la séparation, de la limite... ? Comme quelque chose qui enferme ou quelque chose qui protège ? Ce mur de briques était-il un signe prémonitoire ? le point alpha d'un enchaînement de choses ? D'enchaînement ou de déchaînement ? Allais-je être mis au pied du mur ou dos au mur ? Allais-je me heurter à un mur ou faire le mur ?

Le mur ne retient ni la lumière ni la nuit, écrit le poète Georges Drano. Il est le corps de l’ombre. Il sépare ce que nous savons de ce que nous sommes.

Les murs de briques qui se trouvent sur notre chemin sont là pour une raison : nous pousser à nous dépasser pour obtenir ce que nous voulons vraiment. (Randy Pausch, Le dernier discours, 2008)



Mais peut-être est-ce aussi pour cette autre raison : nous signifier que s'obstiner, c'est aller droit dans le mur...

L'esprit des murs ressemble parfois à un miroir imaginaire où vacille le reflet éteint du passé. (Michèle Lesbre, La Petite Trotteuse, 2005)

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