lundi 1 septembre 2014

Paris, un regard au-dessus

L'appareil photo a beau être muni d'un objectif, il n'en est pas objectif pour autant. Il n'est que le prolongement du regard que le photographe porte sur les choses. Et ce regard est toujours sélectif. Une photo n'est jamais qu'un point de vue à un moment donné, selon une intention précise ou un état d'âme particulier. Ce jour-là, je m'étais simplement donné pour critère « Paris, un regard au-dessus », sans thème particulier. Je repensais alors au poème de Guillevic « Regarder » et j'étais comme lui, ne sachant pas ce que mon regard allait choisir dans cette masse de choses, ce qu'il allait retenir. Je l'ai donc laissé faire...

L'œil est frappé par la verticalité. L'obélisque, la tour Eiffel, les lampadaires...  Celui du premier plan évoque un cactus géant. Dans le ciel couvert s'est ouverte une clairière d'azur.

On imagine une station de métro en pleine forêt... Où est-elle vraiment ?

Émergeant de la verdure, la tour Saint-Jacques semble être celle de Saruman, le mage félon du Seigneur des Anneaux. Le gothique inspire un autre monde, plein de mystères, avec un côté parfois inquiétant...

L'on se sentirait presque hors du temps si n'étaient trois éléments : le lampadaire, les paratonnerres et le drapeau national. Encore cela donne-t-il un jeu d'au-moins un siècle, ce qui pour beaucoup équivaut à la préhistoire...

Cette tête de faune fait penser à l'Homme Vert. Son regard est bienveillant. Mais on pressent le côté facétieux qui ne demande qu'à se réveiller...

Tandis que celui-ci exprime toute la morgue du monde. À moins que ce soit l'affliction qui s'empare de soi quand on prend de la hauteur et que l'on considère l'absurde agitation des hommes...

Celui-ci exprime la sérénité. Il porte au-delà. Ailleurs en tous les cas.

L'habitant de ce logis est solidement gardé par ces deux sentinelles de pierre.

Il y a quelque chose de romain dans cette façade garnie de déesses ou de nymphes. Cela donne à sa sévérité une note joyeuse. 

La preuve : l'une égraine un raisin tandis que l'autre verse du vin dans une coupe. Le premier propriétaire de cet immeuble a dû être un disciple d’Épicure. Et peut-être même de Bacchus...

Sur la même façade, une femme-console se fait corne d'abondance. Elle exprime la prospérité répandue. Nous sommes sous le Second-Empire, dans sa phase libérale et florissante. 


On blasonne comme on plastronne... Ces armes surplombent la porte d'entrée d'un immeuble haussmannien de la rue Scribe, ouverte en 1860. 

Paris, c'est aussi une mer de toits jusqu'à perte de vue, un immense couvercle sur des millions  de destins croisés et d'histoires éphémères...

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