dimanche 12 octobre 2014

Après la pluie le beau temps... Ou est-ce le contraire ?

C'est quand tout va bien que ça va mal... (Marc, je t'emprunte cette phrase que tu répètes souvent.) Cette sentence m'avait paru sibylline quand je l'eus entendue pour la première fois. Comment cela peut-il aller mal quand ça va bien ??? C'est proprement antinomique ! Et pourtant... à y bien réfléchir, pas tant que cela. Rien ne dure, tout change tout le temps, selon la réalité de l'impermanence, un concept qui a déjà été traité sur notre blog. Et c'est la monade du Yin Yang qui exprime le mieux, ce me semble, cette loi universelle.
Tel le soleil qui monte vers son zénith pour redescendre vers son couchant, toute chose atteint son expression optimale avant de se défaire, naturellement ou incidemment, progressivement ou brutalement. L'apogée est à la fois une culminance et un point de basculement vers une transformation. Or, toute transformation est d'abord une altération, dont l'évolution peut être ascensionnelle ou descentionnelle, jusqu'à la décadence et à l'anéantissement. En convergence, il est dans la nature de l'homme de toujours tendre vers le plus, en intensité, en quantité, en qualité ou en durée. Une chose désirée et obtenue devient acquise, ce qui ouvre le champ à de nouvelles aspirations, de nouvelles obtentions, de nouvelles quêtes, de nouvelles poursuites... Le désir est comme le feu : il ne dit jamais "assez". C'est quand la chose acquise entre dans l'habituel, le normal, le routinier, que le verre à moitié plein devient à moitié vide... Ainsi, la satisfaction engendre-t-elle l'insatisfaction, cette zone trouble de tous les possibles, du meilleur parfois, du pire souvent. Dans les couples notamment. Il suffit, pour s'en convaincre, de considérer le nombre de mariages qui se soldent par un divorce (dont le ver est déjà dans le fruit dès le départ) et, d'une manière générale, le nombre sans cesse accru de ruptures d'unions qui tiennent de moins en moins dans la durée. Cela s'explique, en partie, par le consumérisme ambiant qui a transformé les mentalités, s'emparant du relationnel et jouant de même sur la loi de l'offre et de la demande. Beaucoup, croyant s'aimer, ne font en réalité que se consommer mutuellement. Ce quiproquo est à la fois au fondement de la plupart des unions et la source principale des ruptures inconsciemment programmées. Et faute d'en saisir toute la réalité et d'en prendre la mesure, on répète les mêmes schémas, soit à l'intérieur de la même relation, soit dans une relation transversale qui n'est souvent nouvelle que par sa forme (dont on sait qu'elle tient rarement la promesse du contenu).

J'ai conscience que mon propos n'est guère réjouissant. Mais bon, les chiffres sont, hélas, éloquents. Par ailleurs, il ne faut pas non plus se voiler la face. Le Père Noël est un personnage gigogne : il y en a un pour tous les âges et toutes les circonstances. Un sevrage n'est jamais chose facile. Mais j'ai aussi appris que les vertus de la lucidité et du détachement ne remplissent pas les coupes d'amertume, bien au contraire. Mais ceci est une autre histoire.



Cartes postales de 1903

La scène ci-dessus est très théâtrale. On ne croit pas un seul instant à cette scène de ménage quelque peu surjouée. Encore que, si l'on y réfléchit bien, les scènes de ménage, outre d'être puériles, ne sont jamais qu'une comédie plus ou moins tragique entre victimes ou comparses du même quiproquo.

 
On ne saura jamais pourquoi ce couple, pourtant si prometteur, en est venu à ces chamailleries infantiles qui font même pleurer Madame. Était-ce à cause d'un rôti mal cuit ? Peut-être aussi au sujet d'un contentieux financier (chose très sensible et courante dans les couples). Monsieur aurait-il refusé d'acheter une nouvelle robe à Madame, elle qui n'a plus rien à se mettre ? Je n'ose le croire ! Ou alors, est-ce à cause d'une belle-mère... trop belle-mère, justement ? La chose ne serait pas étonnante. Le Monsieur semble avoir eu le dernier mot, en tous les cas, à moins qu'il lui ait enfin annoncé ou avoué l'existence d'une maîtresse... Je sais, je suis atroce, ces choses-là n'arrivent que dans les films...

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