jeudi 16 octobre 2014

Cogito ergo sum ?

Tout le monde connaît cette fameuse sentence de René Descartes qui pose l'évidence de la raison, si chère au philosophe, et qui marque, en quelque sorte, les débuts de l'intellectualisme, une doctrine qui affirme le primat de l'intelligence, de l'intellect, sur l'affectivité et sur la volonté, un courant de pensée qui s'oppose donc à l'émotivisme et au volontarisme. Bon, c'est intéressant, mais dans la proposition de Descartes, il s'agit bien plus d'exister que d'Être. En effet, traduire « cogito » par « je pense » est une erreur fondamentale de traduction. Plus les hommes cogitent, plus ils s’égarent et s'éloignent de la vraie pensée. Plus ils ont de savoirs, plus ils s’éloignent de la connaissance. De plus, conditionner l'être au fait de penser est immensément réducteur et irréaliste car, dans cette logique, un caillou ne serait pas puisqu'il ne pense pas. Or, toute chose participe de l'être, au sens « d'êtreté » (un néologisme emprunté à l'orientaliste Alexandra David Neel).

Interrogeons  l'étymologie : « Cogito » = co+agitare, ce qui signifie « remuer dans son esprit des choses ensemble (cum).

Le mot « penser » est issu du latin pensum, « poids » (pendere : pendre, suspendre, peser.)

Pensée = suspension dans le vide de ce qui pèse, de ce qui a du poids ou peut prendre de la consistance.

Poids : résultante de l’action de la pesanteur .

Pesanteur : propriété qu’ont les corps de tendre vers la Terre (Réa). Être appelé par la Terre.

La pensée est quelque chose qui est en suspens. Ce qui est suspendu se balance, il y a oscillation autour d’un centre. Serait-ce le centre de notre conscience ? tendant vers plus de réalisme tout en conservant sa nature subtile…

Penser est différent de cogiter, de s’agiter (être agi = passivité dans le chaos).

Penser, c’est relier le « haut » avec le « bas » mais sans toucher ce dernier.

Pendre c'est attacher un objet en haut, de manière qu'il ne touche point à la terre.
Pendre c'est être suspendu.

La pensée ne doit pas toucher terre.


Autrement, cela devient une pensée matérialiste. La pensée chute et descend trop bas, elle tombe ; par exemple : la pensée pragmatique (pragma : faire), la théorie des faits. Dès qu’elle s’exerce dans le monde d’en bas (et y reste), la pensée est alors pieuvrée par le mental qui la phagocyte.

Dans ce qui pend, il y a une notion de verticalité, et en même temps de souplesse puisqu’il y a oscillation (visualiser le mouvement du pendule).

Lorsqu’elle a conscience d’être reliée avec le « haut », elle reste en contact avec la Lumière : elle est alors pensée claire, pensée lucide (ce qui n’empêche pas qu’elle soit réaliste).

En astrologie : la pensée est symbolisée par la planète Mercure, messager des dieux, avec Prométhée et Épiméthée. L’observation de Mercure dans un thème permet de comprendre comment le natif met en mouvement sa pensée.


Illustration : le penseur du Jardin du Luxembourg à Paris (Photographie : M. Sinniger, septembre 2014)