mercredi 22 octobre 2014

La chaise de Madame la Marquise est avancée

La chaise à porteurs est aussi ancienne que la litière. Les dames romaines et les magistrats en faisaient usage mais elle existe depuis la plus haute antiquité, voire la préhistoire. Elle était faite de matières précieuses et souvent plaquée d'ivoire rehaussé d'ornements d'or ou de bronze. Au XVIIe siècle, la chaise à porteurs fit sa réapparition. On prétend que ce fut la reine Margot, première femme de Henri IV, qui la remit à la mode. Sous le règne de Louis XIII, il y eut même des chaises de louage, comme il y a aujourd'hui des voitures publiques. 


La chaise à porteurs est une sorte de boîte oblongue contenant un siège et dans laquelle on entrait par une portière fermant la partie antérieure. Cette boîte était munie de grandes glaces à droite et à gauche et portée à bras à l'aide de deux longues traverses ou brancards.


Les dames de qualité et les hommes de quelque naissance eurent leur chaise et leurs porteurs. Son usage s'explique aussi en grande partie par le souci d'éviter de se crotter les chaussures et le bas des vêtements dans les rues pleines de souillures de la capitale. C'est surtout sous Louis XV que ces sortes d'équipage devinrent des objets de grand luxe. Les caisses se couvrirent d'ornements dorés dans le ton exquis du temps. Les glaces se garnirent de rideaux de soie, le ciel se couvrit de pompons et de plumes. On mit à contribution le talent des Boucher et des Watteau pour orner les panneaux de cœurs et d'amours. Les porteurs mêmes furent vêtus de riches livrées.


On voyait aux portes des églises et des théâtres les files interminables des chaises à porteurs, comme aujourd'hui les voitures. Le valet qui les annonçait portait le sobriquet d'aboyeur. Dans les rues étroites de Paris, la chaise à porteurs était souvent précédée par un crieur qui avertissait les passants et les invitaient à céder la place au noble équipage.

  


La chaise à porteurs, associée à l'Ancien Régime et à l'aristocratie, disparut avec la Révolution française. Elle restera cependant en usage jusqu'à la Belle Époque, notamment dans certaines stations thermales, pour le transport des curistes.

La chaise à porteur du Dauphin sous Louis XV

Tableau de  Henri-Victor Lesur

Toile d'Alonso Perez, 1891


Chromolithographies et cartes postales





























Planche de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert