samedi 25 octobre 2014

La mesure du temps en héraldique

Rien n'échappe à l'héraldique, la chose fut assez répétée, je crois, sur ce blog. De fait, on a raison de dire qu'elle est un portail ouvert à tous les domaines dont elle est en même temps la croisée. Car tout commence et revient à l'image ; même les mots ont besoin de s'y incarner, de se donner cette enveloppe, mentale d'abord, visuelle ensuite. Qu'elle soit figurative ou symbolique, l'image cadre le regard qui garde d'elle une certaine impression. Il s'opère alors une sorte de métabolisme qui en extrait l'essentiel, une synthèse. Pour moi, le blason relève de cette opération ; il se situe en aval, près de l'embouchure. C'est une image-icône, un condensé de choses. D'où sa force, à la fois comme emblème et comme centre de suggestions. Certes, le blason est une forme arrêtée, figée pourrait-on dire. Mais pas tant que cela. C'est une image inspirante, pour peu de la considérer au-delà d'elle-même, derrière le bouclier qu'elle est toujours quelque part car tel est son acte de naissance. Cette double fonction de protection et de signe de reconnaissance crée, de fait, un équilibre. Le blason est une image rassurante, non seulement parce qu'elle s'inscrit dans la durée et donc une forme de continuité, de stabilité, mais aussi parce qu'elle réactive sans cesse le symbolisme. Or, l'être humain a besoin de symboliser les choses importantes pour lui, essentielles, de les marquer d'une empreinte. Le blason est une empreinte par excellence.

Enfin, selon l'usage, des chromolithographies anciennes, en lien avec le thème, viennent compléter cette petite étude inspirée par le prochain changement d'heure qui aura lieu dans la nuit du samedi 25 octobre au dimanche 26 octobre : à 3h du matin, il sera 2h. Nous perdons une heure de soleil mais gagnons une heure de sommeil.

Chauché
(Vendée, Pays de la Loire)

De sinople à la tour cousue de gueules, surmontée de l'inscription « CHAUCHÉ » en lettres capitales cousues de sable, au cadran solaire en triangle d'or mouvant de la pointe brochant sur la tour. 





Ce blason est lié à l'histoire du "Logis de la Boutarlière" de Chauché, ancienne seigneurie fortifiée du XVIème siècle qui possède un porche et un cadran solaire. 

Saint-Mars-du-Désert
(Loire-Atlantique, Pays de la Loire)

D'azur à trois cylindres horaires (clepsydres) d'or. 









Ces cylindres horaires (ou bornes des bergers) sont les armes de la famille de Cadaran de Saint-Mars,(Le chevalier de Cadaran était seigneur de Saint-Mars-du-Désert).



Badevel
(Doubs, Franche-Comté)

Écartelé, au premier d'or à trois ramures de cerf de sable, au deuxième de gueules à deux bars adossés d'or, au troisième d'azur à un sablier d'or, au quatrième d'or à la bande de gueules senestrée en chef d'un heaume de marquis. 




Le sablier représente le passé industriel du village marqué par l'usine d'horlogerie fondée à Badevel par Frédéric Japy


Lussac-les-Châteaux
(Vienne, Poitou-Charentes)

Parti d'argent à un sablier de d'azur et de gueules à un chêne de sinople fruité d'argent.
Saint-Nicolas d'Aliermont
(Seine-Maritime, Haute-Normandie)

De gueules, à la crosse d’argent, accostée à dextre d’un sablier d’or et à senestre d’une roue dentée du même. 







Attiré par ce savoir faire particulier, le premier horloger, Charles-Antoine Croutte s'installe à Saint-Nicolas en 1725 et forme de nombreux artisans. En 1789, une vingtaine d'ateliers d'horlogers sont installés dans la ville, ils fabriquent les mécanismes pour les horloges de Saint-Nicolas. Dès 1807, grâce à l'horloger Honoré Pons, la ville s'industrialise et se spécialise dans la fabrication d'ébauches de mécanismes de pendules de cheminée. De nombreuses manufactures sont alors créées parmi lesquelles on peut citer les fabricants de chronomètres de marine Aimé Jacob, Victor de Gannery ou Onésime Dumas, le fabricant de pendulettes Armand Couaillet ou les horlogers Villon, Duverdrey et Bloquel, futurs fondateurs des Réveils Bayard.

Maîche
(Doubs, Franche-Comté)

D'azur au chevron d'argent accompagné en chef à dextre d'une roue dentée, en chef à senestre d'un fer à cheval tourné en barre et en pointe d'une rose le tout d'or, à la bordure aussi d'azur chargée de dix-huit besants aussi d'or. 





Le blason reprend les armes de la famille Guyot-Malseigne de Maîche ; la roue dentée évoque l'activité horlogère de la cité et un fer à cheval symbole de l'élevage du célèbre cheval comtois, le cheval de Maîche.


Tassin-la-Demi-Lune 
(Rhônes, Rhônes-Alpes) 

D'or aux trois bandes d'azur, à l'horloge du lieu du champ brochant sur le tout, adextrée en chef d'une étoile du même chargeant la deuxième bande et senestrée d'un croissant tourné aussi d'or chargeant la première bande, au chef aussi d'azur chargé de trois roses d'or.





L'Horloge qui orne le centre du fameux « point de croisement » en demi-lune des routes royales. Inaugurée le 5 avril 1908 en présence d'Édouard Herriot, elle est construite d'après les plans de MM. Robert et Chollat, jeunes architectes lyonnais et du sculpteur Pierre Devaux, elle se trouve donc place Vauboin. Elle a été rénovée en 2003.