lundi 20 octobre 2014

Psychanalyse de la chaussure

Une surprenante étude Britannique menée auprès de 3000 femmes a montré qu’en moyenne celles-ci possèdent chacune pas moins de onze paires de chaussures qu’elles ne portent jamais ! Pourquoi ? Parce que la chaussure n’est pas qu’un simple accessoire de mode, elle représente un exutoire au mal-être, une thérapie. Cette même étude montre que un tiers des femmes interrogées avouent acheter des chaussures pour se remonter le moral. Pauvres de nous !

Les chaussures servent à marcher. Être bien chaussé est le meilleur moyen d’avancer sans douleur sur les chemins de la vie dont une grande partie de la mienne consiste à battre le pavé parisien (on marche beaucoup à Paris). Se sentir bien dans ses baskets est un présage positif dans les rêves. À l’inverse, avoir mal au pied, être blessé par ses chaussures, c’est endurer toutes les difficultés que l’on rencontre sur sa route, ressentir douloureusement jusqu’au moindre petit caillou (c'est-à-dire la moindre contrariété). Se voir dans un songe avec ses souliers d’enfant, trop petits évidemment, est une image pour signifier que l’on a conservé un comportement infantile qui nous empêche maintenant de nous conduire en adulte.


Freud a identifié la chaussure comme un symbole sexuel et le pied comme un symbole phallique. Or le pied se glisse dans la chaussure. On en déduit que la chaussure est un symbole du sexe féminin. « Trouver chaussure à son pied » prend alors tout son sens...

Voici ce que nous apprend le Dictionnaire psychanalytique des images et symboles du rêve :

Dans une vision psychanalytique traditionnelle, les chaussures ont une connotation sexuelle. C'est le creux que vient épouser parfaitement le pied (organe sexuel, mais pas uniquement masculin, contrairement à la vision freudienne réduite). D'une façon générale, les chaussures, comme tous les accessoires qui vont par paire, sont relatives au couple. La connotation sexuelle et l'aspect confortable sont les notions les plus présentes dans ce symbole.

Porter de belles chaussures, c'est être bien dans son couple. Ne pas trouver chaussure à son pied, c'est ne pas trouver le compagnon ou la compagne idéale. Des chaussures dépareillées stigmatisent le couple mal assorti.

 Les chaussures peuvent souvent être relatives à l'identité sexuelle. Chez une femme, par exemple, les chaussures symbolisent souvent le rapport avec elle-même. Ainsi, si elle est chaussée de jolies chaussures dans lesquelles elle se sent bien, ce rêve décrit un état de bien-être réel. Elle est bien dans sa peau de femme. C'est une façon d'être et de se mouvoir en accord total avec sa nature féminine. Si elle se voit avec des chaussures trop petites, elle se sent étriquée dans sa féminité. Si elle perd ses chaussures, obligée d'aller nu-pieds, elle ressent un profond malaise. Elle doute d'elle-même, de son apparence et de sa nature profonde. Ce type de rêve est révélateur d'une grande d'angoisse, celle d'être seule.

Chez un enfant, qu'il soit fille ou garçon, les rêves de chaussures sont en rapport avec son appartenance à l'un ou l'autre genre. Un garçon qui rêve de chaussures en se demandant si celles qu'il a choisies sont bien les bonnes est en interrogation sur son identification sexuelle. Il se demande si son apparence ou ses gestes sont bien ceux de son sexe. Si ce type de rêve est révélateur d'une inquiétude, il est néanmoins très sain, révélateur d'une transformation, principalement juste avant ou pendant la puberté.

D'une façon plus large encore, être bien dans ses chaussures, c'est être bien dans sa peau ou dans son identité sociale, bien positionné et protégé par cet accessoire. Ainsi, le type de chaussures évoqué dans le rêve renvoie à une identité précise, sport, ville, travail, spécialisation, loisir, campagne, marche, etc.



Voici ce qu'écrit Laurence Benaïm, du site Psychologie.com

Le pied comme la chaussure jouissent d’un étrange statut. Bien que situés à bonne distance de la ceinture, ce duo est couramment assimilé au sexe, à l’entente amoureuse, au plaisir sexuel. Des éléments de l’existence humaine aussi essentiels que délicats : nos bottes de sept lieues ne nous permettent pas à tous les coups d’accéder au septième ciel… Et les princes charmants finissent souvent par nous casser les pieds !
Pas étonnant que l’achat d’une paire de chaussures se révèle un exercice périlleux. Une paire de chaussures peut se montrer aussi trompeuse qu’un don Juan. Parfaite lors de l’essayage en magasin, on la découvre sous son vrai jour une fois rentré chez soi. D’où ces collections qui s’entassent dans les armoires et sont le signe de notre incapacité à savoir ce qui nous va et ce à quoi nous voulons ressembler. Elles sont, à leur manière, un témoignage supplémentaire de la difficulté, si répandue, à se repérer dans l’univers du désir et des apparences.

Voici un article du site Make up Médecine du Dr Bina-Polinski

Le symbolisme général du pied est souvent sexuel . Selon une croyance largement répandue, un pied anormalement petit chez la femme annonçait un petit vagin. Il ne s’agissait en fait que d’une extrapolation simpliste de la différence biologique de la dimension du pied selon le sexe. La chaussure a souvent été utilisée comme symbole des organes génitaux de la femme et c’est pourquoi, comme dans cette vieille comptine anglaise, la vieille femme qui vit dans une chaussure( en dans d’autres termes dont la vie est centrée sur le sexe) a tant d’enfants qu’elle ne sait qu’en faire. Cela explique également pourquoi on attache des chaussures à l’arrière des voitures des jeunes mariés et pourquoi les amants romantiques buvaient du champagne dans le soulier des belles. Une tradition exige que la mariée conserve les chaussures qu’elle portait à son mariage si elle veut espérer une vie conjugale heureuse. Et les Siciliennes qui qui cherchent un mari dorment avec une chaussure sous leur oreiller. Ces coutumes ainsi que de nombreuses autres confirment le lien existant entre le sexe et la chaussure.

Le choix de la chaussure sort le pied de sa fonction organique pour en faire un objet de désir, révéler notre personnalité.

Dans des contextes différents, les chaussures ont représenté d’autres symboles.Le fait d’ôter ses chaussures à l’entrée de certains lieux de culte est probablement un acte d’humilité.

Des théories plus récentes analysent le pied comme une terminaison de notre corps , et la chaussure est en quelque sorte une enveloppe destinée à compenser la fragilité et la représentation de soi. Les chaussures révèlent beaucoup de la personnalité de leur propriétaire. Elles en disent long sur notre façon de marcher dans la vie. L’Esthétique de la chaussure se fait instrument de séduction et outil d’affirmation de soi.

Les femmes qui privilégient le confort à l’Esthétique sont souvent des femmes dynamiques. Elles détestent la chaussure comme instrument de torture.

58% des femmes privilégient la mode, la séduction et l’Esthétique. Stilettos et escarpins à talons vertigineux deviennent armes de séduction, avec une silhouette allongée, chevilles et mollets sublimés, cambrure du pied ultrasexy. Elles se sentent l’âme d’une cendrillon des grands soirs. Quand Louboutin dessine, il imagine une femme nue. Pour lui, le soulier doit déshabiller et non habiller, un soulier réussi est un soulier qui laisse la femme nue à une certaine hauteur, l’oblige à rentrer le ventre pour que les abdominaux soutiennent le dos. Les fesses sont cambrées et les seins se font conquérants. Mais au delà du simple atout de séduction, les talons aiguilles révèlent la complexité de la femme entre force et fragilité : une femme capable de souffrir pour prouver sa complète maîtrise d’elle même, la femme qui exerce un job à responsabilité se sent plus forte, capable de regarder les autres, et surtout les hommes droit dans les yeux. Avec des talons hauts , les femmes veulent voir et être vues.

La mode des chaussures pointues a haut talons sont des ennemies du pied, mais la mode continue. Les femmes s’accrochent à ces chaussures inadaptées et inconfortables car la femme étant plus petite et plus mince que l’homme, il en découle naturellement que plus le pied est menu et plus il est féminin donc séduisant. La pointe effilée de la chaussure féminine crée un profil fuselé et le haut talon modifie la position du pied et le fait paraître plus court. Malheureusement, ces chaussures nuisent à l’équilibre du corps, provoquant des douleurs dans le dos et même des migraines. mais , la laideur rattachée aux grands pieds contribue à la persistance de cette mode, sans compter sur l’expression bête comme ses pieds, ne fait rien pour y remédier.




1 commentaire:

  1. La lutte
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    Un jour deux judokas ont décidé de prendre
    Des leçons d’aïkido, dans le but d’enrichir
    Leur science du combat, et puis de l’assouplir,
    Et les voici un soir, fort empressés d’apprendre…

    Ils étaient en avance, il leur fallait attendre.
    Ils se vautrent au sol, et, pour se divertir,
    Luttent, roulant, poussant et jouant sans faiblir,
    Car dans leur tradition on n’est pas toujours tendre.

    Ils prennent du plaisir au familier combat ;
    Mais le prof d’aïkido, dans son fier hakama
    Trouve qu’en son dojo c’est une salissure.

    Il pose la question, sur un ton dépité :
    « Messieurs, où avez-vous mis votre dignité ? »

    « Maître, dans le vestiaire, ainsi que nos chaussures. »

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