mardi 18 novembre 2014

Blasonnement des sept péchés capitaux


D'orgueil, à la superbe en plissement de morgue sur une bouche carnassière,
Une carte noire d'exhibition brochant sur un torse bombé en enflure de soi-même.

D'avarice, à l'égocentrisme contourné de froideur et de sécheresse,
La tendresse mesurée à l'aulne du vide intérieur hanté de pensées troubles.

D'envie, à la convoitise cousue de détachement feint et de simplicité prétendue,
Un Veau d'or brochant sur le cœur accosté d'un camée gravé d'une Gorgone souriante.

De colère, à la langue armée de blessures, les lèvres bandées en arc de déraison,
Une psyché liquide retenue par un barrage fissuré par les accès d'hystérie.

De luxure, aux cuisses grandes ouvertes au plus offrant des amours vénales,
La concupiscence brochant sur une âme fuyante dévorée de soifs brûlantes.

De gourmandise, à l'appétence insatiable par nature et bridée par défaut, 
La pulsion consumériste battant tambour et sous-traitée par mercenaires interposés.

De paresse, au désir servile d'être entretenu en échange d'une soumission négociée,
La non-ingratitude jetée sur la balance faussée d'une duperie de complaisance.

Le tout de stuc et de carton-pâte émaillés d'or et de plaisir,
L'imposture en chef, la vanité en abîme et la flétrissure en pointe,
L'écu surmonté d'une Lilith impudique couronnée d'une corne lunaire.


C'est en méditant sur le mythe de l'Hydre de Lerne aux sept têtes qui repoussent sans cesse que s'impose le parallèle avec les sept péchés capitaux qui sont les branches maîtresses d'où naissent tous les maux de ce monde, personnels autant que collectifs. Hercule ne put venir à bout du monstre chtonien aux multiples régénérations céphaliques qu'en cautérisant au feu chacun des moignons. Mais quel feu est assez puissant pour venir à bout de l'hydre intérieure ? Un monstre tentaculaire autrement plus redoutable et d'autant plus invincible qu'il est nourri par la puissante énergie de Lilith, c'est-à-dire l'inconscient abyssal, directement relié au cerveau reptilien qui commande nos pulsions les plus basses. Oui, quel feu pour vaincre cette inclination au mal, sous couvert d'instincts irrépressibles auxquelles les nécessités de l'existence au sein d'un monde prédateur tiennent lieu, sinon de cautions morales, du moins de stratégies de légitimation ? Quelle force pour sortir du vide dans le tourbillon de la vanité ?

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