mardi 11 novembre 2014

Dans les bras de Morphée


Le temps est sable qui s'écoule de mes mains jointes  
En calice d'offertoire aux dieux des anciens jours ;  
La lumière du matin soude mes pensées disjointes ;  
L'ombre du soir les renvoie au nocturne séjour.  

La nuit est un océan, mon lit m'est un vaisseau ;  
Les rêves y sont îles promises et belles terres d'accueil ;  
Mais parfois les eaux déchaînées montent à l'assaut,  
M'entraînent vers d'hostiles rivages hérissés d'écueils.  

Les bras de Morphée ne sont pas toujours tendres ;  
Fils d'Érèbe, ses songes soufflés sont souvent obscurs ;  
Fils de Nyx, il apaise. Quel étrange Dioscure !  

J'ai vu tant de choses difficiles à comprendre ;  
J'ai entendu tant de mots qui se laissaient croire,  
Cru en bien des promesses, mais sans jamais déchoir.

La Nuit, par Auguste Raynaud, (1854-1937)

Nyx est la déesse de la Nuit personnifiée. Selon la Théogonie d'Hésiode, elle et son frère Érèbe (les Ténèbres) sont les premières divinités issues du Chaos primordial. Sa demeure se trouve au-delà du pays d'Atlas, à l'extrême Ouest.

Nyx, par Henri Fantin-Latour (1836-1904)

Érèbe est une divinité infernale née du Chaos, personnifiant les Ténèbres, l'Obscurité des Enfers. Il est le frère et époux de Nyx (la Nuit), dont il a engendré Éther (le Ciel supérieur) et Héméra (le Jour). Il est décrit dans la Théogonie d'Hésiode. Il est métamorphosé en fleuve pour avoir secouru les Titans, et donne ainsi son nom à une région des Enfers où passent les âmes des défunts, située entre le monde des vivants et l'Enfer.

 
The Night with the Genii of Study and Love, 1886
Pedro Américo (1843-1905)















La Nuit, 1883
par William-Adolphe Bouguereau (1825-1905)






















2 commentaires:

  1. Qui peut nous rapprocher de la lyre d'Orphée,
    Sinon ce dieu obscur, le bienfaisant Morphée ?

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    1. On conte que c'est la lyre d'Orphée qui endormit
      L'attention du dragon gardant la Toison d'or ;
      Mais c'est plutôt la princesse Médée qui remit
      A Jason le philtre le menant au trésor.

      Cette quête escamotée n'augura rien de sage :
      Jason, après avoir fait de Médée sa femme,
      L'abandonna avec ses enfants en bas âge ;
      Ainsi trahie, la magicienne châtia l'infâme

      En tuant de ses deux mains sa progéniture.
      Un jour que Jason se reposait à l'ombre
      De l'Argo, pauvre épave pleines de décombres,

      Une grosse poutre – ou était-ce la branlante mâture ? -
      Écrasa de tout son poids l'ancien argonaute.
      Des mortels, les dieux n'oublient jamais aucune faute

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