vendredi 19 décembre 2014

Au portraitiste de la reine


Peintre, fais une image en forme d’élégie :
Soigne donc le tracé du sourire carmin,
Sois recueilli comme est un évêque romain,
Ajoute, si tu veux, ta touche de magie.

Peintre, n’hésite pas, brosse avec énergie
La toile qui vaut mieux que plus d’un parchemin ;
Et que soit cependant pacifique ta main,
Comme un roi reste calme au milieu d’une orgie.

Quand d’innombrables ans auront fui et passé,
Les foules croiront voir ton pinceau caresser
Ce portrait dans lequel on ne voit rien d’austère ;

Ce visage qui fut de larmes arrosé
Après de longues nuits, dans les matins rosés,
Peintre, tu as capté son émouvant mystère.


1 commentaire:

  1. Paléographe
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    Au bas d’un parchemin, je lis ton nom : Marie,
    Les lettrines y sont rehaussées d’un or fin.
    Le scribe fut payé par le Seigneur Dauphin,
    Homme d’érudition et de chevalerie.

    L’écrit parle d’un ange, et non de diablerie :
    Et d’amour, qui peut plus que la soif et la faim,
    Mais qui aux coeurs jaloux peut prendre triste fin,
    Ou bien par inconstance, ou par friponnerie.

    Marie, j’aime ces vers où tu ne fais affront
    À nul homme sur terre, où ta plume fait front
    Au destin menaçant, au malheur et aux drames.

    Tu contemples le ciel, d’étoiles ruisselant :
    C’est un spectacle fait pour raffermir ton âme,
    Jusqu’au matin, chargé de nuages sanglants.

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