vendredi 23 janvier 2015

Les jardins au cours des siècles

Les jardins romains ont inspiré ceux de la renaissance italienne qui à leur tour ont influencé les jardins à la française. Les Hollandais ont privilégié l'ornementation florale tandis que les Anglais calquaient leurs jardins sur la nature.


Les jardins romains antiques
L'horticulture est originaire de l'Orient auquel les Grecs et les Romains l'empruntèrent, mais en la modifiant considérablement pour la conformer à leurs besoins. Ce furent les premiers empereurs romains, et parmi eux Adrien, qui créèrent des jardins dont la splendeur n'a plus été égalée jusqu'ici. Pour ces jardins, que l'on fit souvent d'une étendue considérable, on choisissait de préférence un terrain accidenté situé au bord de la mer. On les ornait de temples, de pavillons, de terrasses et de colonnades , et le maître des lieux pouvait s'y promener dans une litière portée par des esclaves. L'arboriculture était l'objet des plus grands soins, tandis qu'au contraire, les fleurs restaient souvent négligées.

Jardin italien 1600
Les jardins romains ont servi de modèle à ceux de la renaissance italienne. Pour ces derniers, on choisissait également des terrains accidentés et on plaçait d'ordinaire la demeure sur le sommet d'une colline dont la pente permettait l'établissement de jeux d'eau, avec cascades, fontaines, etc., tandis qu'au bas se trouvaient généralement de grands étangs, avec fontaines jaillissantes. Des allées droites et symétriques traversaient les jardins, et les espaces qui les séparaient étaient couverts d'une haute végétation. À des endroits spécialement choisis, on érigeait de petits pavillons, des belvédères, etc ; les alentours étaient quelquefois, quoique assez rarement encore, ornés de fleurs.

Jardin hollandais 1600
Faute de place suffisante, les dessinateurs de jardins, en Hollande, durent renoncer au genre italien. Il n'était pas possible, non plus, d'établir des cascades et des jets d'eau dans un pays entièrement plat. On se mit donc à cultiver les fleurs, surtout la tulipe dont certains exemplaires rares se payèrent des milliers de florins. On ornait ces jardins de toute sortes d'objets rares et bizarres, tels que figurines chinoises d'animaux, globes en verre, coraux, coquillages, etc. Puis de petits arbres d'ornement, comme les genévriers et les ifs, étaient taillés systématiquement de façon à obtenir des berceaux de verdure. En un mot, toute forme naturelle fut bannie et tout se trouva forcément ramené à des lignes régulières et géométriques.

Jardin français 1700
Comme créateur de ce style, on cite le créateur français Le Nôtre. Les princes et les nobles français, disposant de terrains considérables, il leur était possible de reprendre le genre italien et avant tout les jets d'eau, les cascades, les fontaines, les étangs et les canaux. On emprunta aux Hollandais l'ornementation florale en établissant des parterres de leurs à des endroits choisis et des plates-bandes imitant des tapis, entre lesquels on plaça des statues, des arbres plantés en cuveaux et taillés, tels que les lauriers et les ifs. Ce qui caractérise surtout ces vieux jardins français, ce sont les ifs découpés en ligne droite, qui remplacent les arbres faisant complètement défaut, et se dressent comme des murailles des deux côtés des allées.

Jardin anglais 1800
Le style maniéré qui avait prévalu dans l'établissement des jardins français, provoqua en Angleterre une réaction dont la devise fut le retour à la nature. Les jardins ne furent plus désormais qu'un choix de charmes que présentent les bois et les champs. On y vit des prairies verdoyantes alternant avec de frais bocages, d'étroits sentiers serpentant à travers le gazon et se perdant dans les bosquets, de limpides ruisseaux formant de petits cascades et passant sous des ponts rustiques. Du gibier apprivoisé animait le paysage, et des ruines artificielles à moitié couverte de lierre et se dressant au somment de quelque tertre rocheux ou à l'ombre de la futaie, donnaient à ces lieux un aspect quelque peu mélancolique. Le château était bâti d'ordinaire sur une petite éminence.

Complément iconographique