jeudi 8 janvier 2015

Récit du temps jadis

      Le monstre de sinople a le cœur plein de peine,
      Car, tout au long du jour, il s’abreuve de sang,
      Dont le goût, vers le soir, lui semble trop puissant,
      Lui qui voudrait laper l’eau des claires fontaines ;

      Mais il n’en peut rien faire, elles sont si lointaines !
      En rêve, il se transforme en cet ange d’argent
      Qui la distance peut franchir en voltigeant,
      Sans nul besoin de nef ou de noire poulaine.

      Or, bref est son sommeil, et s’il ouvre les yeux,
      Il voit le ciel peuplé d’étranges petits dieux
      En forme de goupils à la face rusée ;

                                                 Le plus rouge d’entre eux dit à celui d’azur :
                                            - Compagnon, veillons bien sur ce monstre au cœur dur.
                                                 Qui sait ce que seront ses prochaines visées ?
 
 Blason composé par l'auteur

4 commentaires:

  1. C'est extraordinaire, on ne distingue plus lequel des deux est le plus symbolique: le sonnet ou le blason? L'un et l'autre s'éclairent mutuellement, se renforcent alternativement, le sonnet pose des questions auxquelles le blason répond ou est-ce le contraire? La rencontre des mots et des couleurs crée un sens infini. Certes le propos des deux en est la source. Le sens maîtrisé par l'association de l'héraldique et de la poésie est ici réussi. Bravo et merci.

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    1. Pierrette, tu m'as devancé en m'ôtant presque les mots de la bouche... Je saisis l'occasion pour saluer à nouveau le travail de Cochonfucius qui, en jetant des ponts entre la poésie et l'héraldique, a de fait initié un genre nouveau et original. La convergence est ainsi opérée et nous avons là, en effet, une démonstration magistrale de la chose.

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  2. Merci à tudchentil.org (et à Héraldie!) pour les matériaux graphiques (ou meubles).

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