samedi 24 janvier 2015

Sagesse de Démocrite et d'Aphrodite

Toile de Diego Velasquez (1599-1660), Vénus avec le miroir

 Fugit irreparabile tempus (Le temps fuit irréparable) 

Bien souvent la beauté n'est que la gaine du vide 
Et le visage l'étui d'un cerveau démonté ; 
Les dires de Démocrite, qui n'ont pas pris une ride, 
Valent autant pour la catin la plus éhontée 

Que pour la dame de vertu ou de pudeur sage,
Et toutes celles que Dame Nature a favorisées. 
Las ! le temps emporte cet éphémère héritage ; 
Ce que l’œil admira en devient la risée.. 

C'est ainsi, toute rose finit toujours gratte-cul, 
Et bientôt elle ne vaudra plus même un écu. 
Aphrodite n'est point folle ; c'est une déesse jalouse ; 

Elle sait des humains l'orgueil et la vanité 
Et leur propension à la vouloir supplanter. 
Va, beauté, avant que son ire ne te découse ! 

- o -

Composé avec Marie-Louise la très sage 
(Le sujet l'amusa, elle n'en prit point ombrage) 
Un de ces soirs d'errance dans le Quartier Latin, 
En compagnie de la Muse jusqu'au clair matin.