lundi 5 janvier 2015

Sagesse des miroirs


Le miroir déformant altère et transfigure
La face des vivants, réels ou inventés :
Mais tu ne dois par lui te laisser démonter,
Ce n’est qu’une amusette où se plaît la nature.

Le miroir déformant peut bien, par aventure,
Offrir à nos regards l’illusion de beauté ;
Le plus souvent, pourtant, on en est mal traité,
Car de nos traits il brosse une ignoble peinture.

Donnons-lui hardiment les plus nombreux sujets
Dont il fabriquera les plus plaisants objets ;
Même d’un monument se rira son audace.

On lui trouve pourtant un rival sous les cieux,
Qui souvent vient nous voir quand nous nous faisons vieux :
C’est notre ami Chronos ; oui, c’est le temps qui passe.


En-tête : toile de Sir Frank Bernard Dicksee (1853-1928), The Mirror, 1896

Toiles de Jean-Étienne Liotard (1702-1789) et d'Estelle Meens, artiste belge contemporaine

5 commentaires:

  1. Sujet très intéressant et c'est une coïncidence car je suis en train de constituer un dossier sur le miroir dans la peinture. Partant, j'en prépare également un sur le miroir en héraldique, qui n'a pas encore été traité, ce me semble...

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    1. Le miroir n'a pas de rubrique dans la liste des meubles chez Wikipédia

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_meubles_héraldiques

      mais il est évoqué aux entrées "Serpent" et "Sirène".

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  2. Dis ma vie, raconte moi 1 légende !

    Ce bel amant erra sans but toute une vie
    Il s'approcha un temps d'une fleur en survie
    Qui vivait là au bord d'un trottoir parisien
    Il passait ce jour-là en chantant libérien

    Qu'il était entiché de lecture asservie
    A son érudition bercée par l'eau-de-vie
    Il testait tous les soirs son flegme cartésien
    Ce destin perdurait - Et puis 1 fleur n'est rien !

    Un amour déguisé en bonheur éphémère ?
    Son esprit survivrait, chaque fleur est chimère !
    Elle observa longtemps cet être au gré des jours

    Ses pétales enviaient sa vie née sans entaille
    Il errait de bonheur de plaisir en trouvaille
    Elle, à chaque printemps elle l'aimait toujours !

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    1. Fleur (Pays de Poésie 10-6-14)
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      Vois l’étrange oiseau qui passe,
      L’intrépide voyageur
      Qui traverse des espaces
      Pour découvrir une fleur.

      Il va, sur la terre pâle,
      Où la nuit a des lueurs
      Trompeusement matinales
      Qui lui font froid dans le coeur.

      La fleur n’est point assoupie ;
      Elle est peut-être en langueur,
      Elle se dit que sa vie
      A bien traîné en longueur.

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  3. Si une fleur n'est rien, alors une abeille n'est rien non plus ! Ni une larme de miel, ni un rayon de soleil, ni rien...

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