dimanche 4 janvier 2015

Telle une sirène

Parfois, je m'imagine comme une sirène nageant dans un océan où les poissons seraient comme les mots du vaste lexique. Certains viennent se poser d'eux-mêmes dans mes mains ; d'autres, très vifs, me glissent entre les doigts ; beaucoup ne se laissent prendre qu'après une course poursuite à travers les flots écumants. Mais ceux que je préfère, ce sont les poissons volants : ils ont du poisson la frétillance et de l'oiseau la légèreté. Évoluant dans l’élément eau autant que dans l'élément air, ils ont double nature qui est d'émotion et de hauteur d'esprit. Ainsi voudrais-je mes mots, touchant autant le cœur que la raison. 

Toile de Herbert James Draper (1863-1920), Flying Fish



Mais souvent, je m'en reviens bredouille. Je me pose alors sur quelque rocher qui affleure, attendant l'heure propice, ou sur la plage, quand le découragement me gagne et que je me demande s'il ne vaut pas mieux manger du poisson en conserve...


Toile de Norman Prescott-Davies (1862-1915), Sea nymph