samedi 30 avril 2016

Le génie menteur ou les 7 miroirs de l’âme

Peinture de Glazer

Il y avait une fois un jeune prince qui trouvait les gens autour de lui méchants et égoïstes. Il en parla un jour à son précepteur qui était un homme sage et avisé et qui confia une bague au prince.
- Cette bague est magique. Si tu la tournes trois fois sur elle-même, un génie t’apparaîtra. Toi seul le verra. Chaque fois que tu seras insatisfait des gens, appelle-le. Il te conseillera. Mais fais attention : ce génie ne dit la vérité que si on ne le croit pas. Il cherchera sans cesse à te tromper.

Un jour, le prince entra dans une violente colère contre un dignitaire de la cour qui avait agi contre ses intérêts. Il fit tourner trois fois la bague. Aussitôt, le génie apparut:
- Donne-moi ton avis sur les agissements de cet homme, dit le prince.
- S’il a fait quelque chose contre toi, il est indigne de te servir. Tu dois l’écarter ou le soumettre.
À ce moment, le prince se souvint des paroles étranges de son précepteur.
- Je doute que tu me dises la vérité, dit le prince.
- Tu as raison, dit le génie, je cherchais à te tromper. Tu peux bien sûr asservir cet homme, mais tu peux aussi profiter de ce désaccord pour apprendre à négocier, à traiter avec lui et trouver des solutions qui vous satisfassent tous deux.

Double paon

Image de l’auteur

Le corps du double paon est comme une colline,
Comme une butte au loin qui serait faite d’or ;
Les étranges reflets que l’on voit sur ses bords
Confèrent à son être une allure divine.

Jamais ne va nageant dans la vague marine,
Jamais ne jurera par les mille sabords ;
Il est indifférent aux antiques décors,
Leur préférant l’éclat d’une cour anodine.

Ce paon, de mon jardin, est la plus belle fleur,
Car aucun végétal n’égale sa couleur ;
Un animal pareil, c’est extraordinaire.

Il aime ce jardin, il danse dans le vent,
Heureux d’être le paon, heureux d’être vivant ;
Sitôt mort, comme moi, il deviendra poussière.

Cochonfucius

Porte des six reines

Image de l’auteur

De ce monde s’en vont six reines
Pour trouver la planche et le pont
Par où des espoirs elles ont
Pour devenir jeunes sirènes.

Mais trop hermétique est la porte,
Nulle d’elles ne peut l’ouvrir ;
Jamais ne pourront découvrir
L’endroit d’où les sirènes sortent.

Cochonfucius

Maître Coq, Héraldien chevronné

Blason de Saint-Nicolas-lès-Cîteaux  (Côte-d'Or, Bourgogne)

Sur champ royal, un écusson brochant bordé
De gueules entoure d'ardeur trois rayons qui traversent
L'azur ; sur un ruban d'amour volent en cordée
Trois alérions d'argent vers le chef dextroverse.

Sur champ virginal, voici du grand chêne le fruit
Qui symbolise ici autant la force latente
Que l'endurance et la sagesse qui donne appui.
Voyez comme l'héraldique est une langue surprenante !

Je me fais ici fort d'en parler doctement,
Étant du reste rompu à la chose largement.
Cette leçon valait bien un blason, sans nul doute.

J'apprends qu'Héraldie fête aujourd'hui ses quatre ans ?
Ciel ! Comme le temps passe à courir sur le cadran !
Allons, voguons, car longue encore est la route !
_____

Écartelé : au premier d'azur semé de fleurs de lis d'or, à l'écusson bandé d'or et d'azur et à la bordure de gueules, brochant en abîme, au deuxième d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent (de Lorraine), au troisième d'or à la branche de chêne de sinople englantée d'une pièce d'argent, au quatrième d'azur au coq d'or barbé, becqué, crêté et membré de gueules.

Quatre années d'Héraldie


     Aujourd'hui même, Héraldie fête ses quatre années d'existence, après avoir connu bien des aventures et traversé bien des remous. Il est arrivé à la nef de rester en rade et même de frôler le naufrage, à maintes reprises, je vous le confie, mais la coque a toujours tenu bon et la voilure, cousue de cœurs et d'esprits sincères, n'a jamais cédé. L'équipage a varié en cours de route mais la navigation n'en a jamais souffert, bien au contraire. L'Océan est vaste et le large grand ouvert. Je nous souhaite à tous de voguer encore et encore. Ici ou ailleurs.

     Je salue tous nos auteurs qui, jour après jour, enrichissent la bibliothèque des recueils, avec des écrits souvent remarquables, autant par la hauteur que par la profondeur dont ils témoignent. Des milliers de compositions originales constituent ainsi un véritable corpus de textes sur tous les sujets. Un viatique ! Ce n'est pas rien. Bien-sûr, la poésie héraldique, initiée par Maître Cochonfucius, tient ici une place de choix puisque nous approchons des mille titres ! À cet effet, je salue Dame Pierrette d'avoir toujours bien veillé sur l'identité fondatrice du blog, l'héraldique, dont elle est une fervente passionnée et qu'elle a su transmettre à bon nombre de ses élèves avec beaucoup de bonheur. C'est aussi une conteuse dans l'âme à qui sa Muse, alias Cochonfucius, a inspiré quelques beaux contes héraldiques et héraldiens.

     Mais l'Ailleurs aussi s'est invité à bord, sous les traits de Dame Naïla, qui écrit avec une plume de mouette, depuis son Océan sans rivage et de bien plus loin encore. Je salue son immense travail, inédit et d'une rare intensité, indissociable de son vécu et c'est peu dire. 

     Comment oublierais-je l'inénarrable Vincent et sa grivoise vache Mirabelle qui donne parfois des sueurs froides à Maître Coq ! Et Dame Garance, montée à bord tout récemment, dont les compositions témoignent d'une sensibilité brodée de fils de soie ! Le Troll JR, qui veille à la lisière d'Héraldie, et dont les Mémoires et Récits de l'Ancien Monde sont aussi fabuleux que surprenants. Une belle plume s'est ici révélée ! Jean d'Armelin l'Hermétique, dont le précieux travail de recherche illustre l'une de mes visions initiales d'Héraldie : une nef laboratoire ! Enfin, je n'oublie jamais Esther Ling, la Dame de Hortus Closus, dont je sais la profonde et généreuse humanité. Je salue de même nos plus jeunes poétesses, Demoiselles Lisa, Ariane et Sabrine, dont les compositions sont étonnantes et qui n'ont que le défaut d'être trop rares. Dame Isabelle, une habituée des musées parisiens, la dernière arrivée en date, nous fait partager, de temps à autre, son regard sur les œuvres d'art. Je l'en remercie vivement.

     Une pensée spéciale me vient pour deux de nos plus fidèles lectrices, Luciole et Cielespoir. Leur contribution est ici appréciée de tous. Plus que des mots, elles déposent du baume. Je les remercie du fond du cœur.

     Je termine en saluant nos lecteurs, de France et de par le vaste monde aussi, de plus en plus nombreux à nous suivre régulièrement. Sans eux, ce blog n'aurait aucune raison d'être. Tout ce qui n'est pas partagé est perdu.

     Sans doute trouverez-vous que j'en fais un peu trop... Détrompez-vous ! Ma nature exaltée trouve simplement à s'équilibrer en un enthousiasme sobre et lucide. Je n'oublie jamais dans quels temps nous vivons. Notre réunion ici est une sorte de miracle quotidien. C'est aussi une arche. Oui, j'aime à le penser. Il en est d'autres ailleurs. Nous voguons de conserve et nous battons pavillon de Lumière. Vers la Convergence. Je ne connais et ne reconnais que ce mondialisme-là.

Marc

PS : un clin d'oeil à Marie-Louise et Justine.

vendredi 29 avril 2016

Méduse volante

Image de l’auteur

La méduse volante, issue du firmament,
Visite le jardin où pousse un fruit magique ;
L’ange double, auprès d’elle, un peu mélancolique,
Étend ses ailes d’or, et plane lentement.

Vers le sommet de l’arbre est le serpent qui ment.
Il voudrait proposer la pomme maléfique
Grâce au charme infini d’un discours diabolique,
Mais la méduse écoute, et n’y croit nullement.

— Que viens-tu faire ici, toi, l’incrédule bête ?
— Je vais de-ci de-là, j’explore ta planète,
Mais pas pour bien longtemps, je m’en irai demain.

(Excusons la méduse, elle n’a pas très faim ;
Tant pis pour le reptile, il ment parfois en vain,
Conclut notre bel ange, en son âme parfaite.)

Cochonfucius

Forteresse des Bouddhas

Image de l’auteur

Loin de nos villages boueux
Est la forteresse de brume ;
Loin du monde et de son écume,
Les Bouddhas ont un lieu pour eux.

Dans leur cellule, en méditant,
Même si l’heure est bien tardive,
De leurs perceptions, ils se privent :
Mais dans leur coeur, c’est le printemps.

Ils n’ont que de l’eau fraîche à boire,
Ils n’ont, pour jardin, qu’une cour ;
Mais c’est à eux qu’on a recours
Pour effacer les idées noires.

Pensées de Lumière


Il n'y a pas deux façons de vivre sa vie.
L'une c'est de faire comme si rien n'était un miracle ;
l'autre, comme si tout l'était.

Albert Einstein (1879-1955)
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Pour entretenir des amitiés solides,
il ne suffit pas d'apprécier nos ressemblances ;
il faut aussi célébrer nos différences.

James Frederick Ferrier (1808 -1864)
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Ce que Dieu murmure à la rose
Pour qu'elle éclose en toute sa beauté
Mille fois il le crie à mon oreille.

Rumi (1207-1273)
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Sur le chemin spirituel, il ne faut rien chercher qui serait extraordinaire.
L'extraordinaire est dans la profondeur de l'ordinaire.

Karlfried Graf Dürckheim (1896-1988)
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Le destin conduit celui qui veut, il traîne celui qui ne veut pas.

Sénèque (1er siècle)
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La vie n'est pas un problème à résoudre
mais une réalité à exprimer.

Bouddha (IVe siècle av. J. C.)
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Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit.

Khalil Gibran (1883-1931)
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La Vérité est un pays sans chemin.

J. Krishnamurti (1895-1986)
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L'Amour pousse à avoir envers la foi des autres
le même respect qu'on a envers la sienne.

Gandhi (1869-1948)
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La tendresse est plus forte que la dureté,
l'eau est plus forte que le rocher,
l'amour est plus fort que la violence.

Herman Hesse (1862-1977)

Du réel à l'imaginaire

Blason de l'Ordre Saint des Chevaliers Faydits de la Colombe du Paraclet

Mystères, vous n'avez probablement aucune
Autre explication que dans d'autres mondes. Une
Intuition de vos existences dans la vie
Et surtout dans l'art nous émeut. Vous êtes ainsi

La beauté du présent et la promesse de
L'avenir. Ciel, or, jour, soleil, lumière,
Divin, doré, beauté... Ces mots nous guident vers
L'Amour puisque toujours, Soleil, tu brilles de

Mille feux dans le ciel ! Tu verdoies toujours, Terre
Sacrée ! Et les Fleuves toujours, s'accouplent aux Mers
Tandis que les arbres ombreux murmurent. C'est là

Que tout en moi se tait pour écouter la joie
Que je verse devant toi, Bien-Aimé, car je
Ne fais qu'un avec tout ce qui vit avec toi.

jeudi 28 avril 2016

Tangerine Dream - Live in Lisbon 2010

D'or et d'hermine

Image de l'auteur

Le grand Bouddha-poisson nous prévient des tempêtes
En un cri que reprend la sirène en son chant ;
Le vent, fendant les flots comme on laboure un champ,
Fait déferler la vague ; il en blanchit la crête.

Le vent se sent chez lui, la mer est sa conquête,
Il danse avec l’écume, il va sur l’eau, marchant
Aux chemins qu’ont suivi les navires marchands
Dont les marins, ce jour, ne sont plus à la fête.

Ah, que l’on serait mieux dans une humble boutique,
Que la navigation est douteuse pratique !
Ainsi t’exprimes-tu, passager aux abois ;

L’an prochain, tu feras une course nouvelle,
Au loin t’emportera la frêle caravelle :
Plus que vivre, il te faut naviguer, c’est ta loi.

Cochonfucius

Rideaux d'hermine

Image de Cochonfucius

Je voulais rencontrer, dans son temple baroque,
La déesse d’argent, la licorne équivoque ;
Je voulais lui offrir le Livre des chrétiens,
Elle me l’a rendu, ça ne lui disait rien.

Je voulais réciter ces trois ou quatre strophes,
En versificateur, plutôt qu’en philosophe ;
Je voulais lui parler de mon bel univers,
Ça ne lui disait rien d’écouter tant de vers.

J'éprouvais cependant cette douce fraîcheur
Que lui a conférée la Nuit, dont elle est fille ;
Comparable à l’éclat de la lune qui brille,
Sous mes yeux éblouis, telle était sa blancheur.

Cochonfucius

Monde passant

L'alouette en son vol

Où sont les prés et les forêts de mon enfance,
Fendus par les rubans de fer et de bitume ?
La hâte nous a fait perdre notre innocence ;
Les pulsions ont remplacé les anciennes coutumes.

Où sont les ruisseaux où coulait l'eau cristalline
Et l'alouette qui chantait au-dessus des blés ?
Les Paroles anciennes sont devenues sibyllines,
Lors que le simple bon sens est à s'ensabler.

Nous sommes à courir partout de par la planète,
Ne rapportant que plates images de nos vaines quêtes,
Prenant toute sensation pour de l'intensité

Et confondant l'épaisseur avec la hauteur.
Le monde est à s'enfoncer dans sa pesanteur,
Lors que tout s'y démaille et perd sa densité.

Le blason du 17e arrondissement de Paris


D’or à la grenade de sable enflammée de gueules, surmontée de deux chevronels alésés de sables rangés en fasce; à la bordure engrelée de gueules; au chef d’azur chargé de trois fleurs de lis d’or surmontées d’un lambel d’argent, le chef brochant sur la bordure.

Les châteaux en héraldique : l'Allier


Le département de l'Allier (l'ancien Bourbonnais) appartient à la région Auvergne-Rhône-Alpes. L'INSEE et la Poste lui attribue le numéro 03. Sa préfecture est Moulins.

mercredi 27 avril 2016

Terre Mère et féconde


                              Terre Mère et féconde,

                              Chant de lumière sur le matin du monde
                              Nous sommes tes enfants
                              Nous sommes de tes aimants
                              En qui ton Printemps surabonde,
                              Chant de la Mère sur le matin du monde,
                              Victoire de la vie sur l’oubli de la tombe,
                              Ton Soleil mène sa ronde en nos cœurs renaissants.

                              C’est la Terre des vivants, c’est la Terre de jeunesse,
                              C’est la Terre de tendresse, la Terre au bois dormant.
                              Nous sommes des migrants, nous sommes voyageurs
                              Ici ou là allant, boussole d’amour au cœur.
                              Nous sommes des orants, nous sommes des chercheurs
                              Du levant au couchant, d’un rêve nous sommes porteurs.
                              Nous sommes des aimants, nous sommes des passeurs
                              De la Terre des vivants nous disons la splendeur.
                              Nous sommes des aimants, en quête du bonheur
                              Eveillant les dormeurs, les belles au bois dormant.

Chant bardique du rituel druidique d'Alban Eilir (Équinoxe de Printemps)

Retrouvailles

Clovis Trouille (1889-1975), Le confesseur

Un jeune homme pousse doucement un portail
Puis avance à pas feutrés dans la cathédrale.
Une nonne prie en cette heure matinale
Dans la lumière tamisée qu’offre un vitrail.

Passant à ses cotés il remarque un détail ;
Un naevus près d’une commissure labiale
Lui rappelant une histoire sentimentale.
Son coeur bat la chamade au fond de son poitrail.

Feignant de contempler la vitre colorée,
Il se rapproche de la femme agenouillée
Rentrée dans les ordres par dépit amoureux.

Quand à son tour elle reconnaît son visage,
Elle s’abandonne à ses lèvres sans ambages,
Reniant la promesse qu’elle a faite à Dieu.

Yes - Awaken

Marcheur printanier

Image de l’auteur

Le marcheur printanier traverse les hameaux.
Il va près de la Seine, il marche auprès de l’Oise,
Jamais un habitant ne lui cherche de noise
En ce temps de l’année où croissent les agneaux.

Il visite Limours, opulente et bourgeoise,
Il traverse Pontoise et vogue au fil de l’eau,
Il voit le bûcheron s’attaquer au bouleau
Et participe aussi aux fêtes villageoises.

Il regarde glisser les wagons sur les rails,
Puis il mange un morceau de bon pain frotté d’ail
Que vient de lui offrir une vive bergère ;

Le soir, il rêvera sous un vaste portail,
Revivant sa journée, s’amusant d’un détail :
L’existence, pour lui, est chaque jour légère.

Cochonfucius

Trois petits minotaures

Image de l’auteur

Ces trois minotaures sauvages,
Les enfants d’un dieu souverain
Et d’une génisse d’airain,
Jamais ne seront en servage.

Jamais ils ne font de victimes
Ni ne sèment le désespoir ;
Mais ils chantonnent, vers le soir,
Quelques polyphonies sublimes.

Or, s’ils mangeaient un jour des roses,
Ils deviendraient dragons fumants
Ou bien, carnivores juments,
Deux funestes métamorphoses.

Cochonfucius

Maître Coq, le recueil



Apparu dans les compositions héraldiques de Cochonfucius et baptisé Maître Coq par Marie-Louise, ce personnage récurrent et truculent allait connaître de nombreuses aventures sous les plumes les plus diverses : Cochonfucius, Marie-Louise, Naïla, Marc et Vincent pour l'écriture poétique et Pierrette pour les contes.


Manuel Göttsching & Ashra


Ashra for the Spanish television TVE, Musical Express "musica planeadora" Barcelona 1981

Le blason du 16e arrondissement de Paris


Coupé : au 1er parti au I de gueules au château de la Muette d'argent, ajouré du champ, accompagné en chef d'une fleur de lis d'or accostée de deux croisettes du même, au II d'argent à trois chevaux galopant de sable, bridés et sellés d'or, au 2e d'azur à trois arbres arrachés d'or, 2 et 1.

Le 16e arrondissement est essentiellement résidentiel, mais néanmoins visité par les touristes pour ses nombreux musées et ses lieux remarquables comme le Trocadéro ou le bois de Boulogne. Il abrite le plus grand nombre d'ambassades et de consulats de Paris ainsi que des installations sportives célèbres dans le monde entier, comme le Parc des Princes ou le stade Roland-Garros. Du fait de son éloignement du centre de Paris, son histoire est récente, pendant longtemps rurale et simplement fondée sur trois anciens villages. Il y reste peu d'immeubles à vocation historique. C'est aujourd'hui le plus vert de la capitale.

La Mesure des Choses

Peinture d'Illeana Cerato

Crois-tu que je sois venue pour peser tes actes ?
Ma balance se règle sur ta propre mesure ;
Chacune de tes intentions est comme un pacte ;
C'est par elles que tes œuvres sont pures ou impures.

Que vaut la lettre si tu n'en connais l'esprit ?
Et les lois si tu ignores sur quoi elles se fondent ?
Tu penses aimer sans être de l'Amour épris ?
Et vivre en répétant sans cesse la même ronde ?

Un voyage de mille lieues ne commence-t-il par un pas ?
Un arbre ne naît-il d'une toute petite racine ?
Chaque instant n'est-il point celui de ton trépas ?

Tu t'accroches à l'illusion pour sauver ton moi
Qu'en un cercle trop bien verrouillé tu confines
Et hors duquel nulle chose ne suscite ton émoi.

mardi 26 avril 2016

Le balancier du ciel

Peinture de Jeffrey G. Batchelor

                                         Les miroirs de l'Univers
                                         T'affolent
                                         Multiplient les images
                                         Multiplient les visages
                                         Multiplient les échos.
                                         Murmures
                                         Chants
                                         Cris
                                         Hurlements
                                         Ricanements

                                         Ici
                                         Là Là-bas
                                         Les démons t'assaillent de tous côtés
                                         Frappent tes yeux
                                         Trompent tes sens
                                         Tu bondis
                                         Mais les miroirs bondissent avec toi
                                         T'épient
                                         T'interrogent

                                         Combien sommes-nous ?
                                         Assurément des milliers
                                         Des millions
                                         Multitude infinie
                                         Un seul pourtant
                                         Pour tenter d'échapper à ce piège diabolique
                                         Ronde infernale

                                         Un seul pour troubler l'eau des miroirs
                                         Un seul à déchirer l'espace
                                         De sauts désordonnés
                                         Fuyant son reflet
                                         Répété à l'infini

                                         Arrête-toi
                                         Calme ton souffle
                                         Approche-toi du miroir
                                         Lentement
                                         Reste immobile
                                         A la frontière
                                         Toi et ces milliers d'autres
                                         Confondus en un seul
                                         Plus de reflet
                                         Plus d'ombre
                                         Rien qu'un miroir
                                         Sphérique comme un soleil
                                         Matrice de lumière

                                         Eternité en suspension
                                         Entre deux battements d'ailes
                                         Attente d'une respiration
                                         Appel d'une caresse
                                         Pour réveiller la musique
                                         Offrande au Prince
                                         Don de son corps
                                         A l'espace apaisé

                                         Prière d'amour
                                         Chant de beauté qui te porte
                                         T'emporte au-delà du rêve
                                         Vers le réel
                                         La danse se déploie
                                         Féconde l'espace

                                         Le Temps éclate en parcelles d'éternité
                                         Libérant la lumière
                                         L'Univers s'enfante de sa substance
                                         Lentement commence le mouvement essentiel
                                         Oscillations à l'infini
                                         Du balancier du ciel

Garance

Peinture de Jeffrey G. Batchelor

Un odorat infaillible

Peinture d'Aurelio Zingoni (Italien, 1853-1922)

Spéciale dédicace au Troll JR

« Le compte n'y est pas : pour sûr, il manque un poulet !
Que je sois rôti vif si jamais je me trompe !
Je m'en vais sur le champ enquêter, sans délai,
Mais fort discrètement, sans y mettre de pompe

Car il y va de ma réputation, pas moins.
L'on est, céans, à me fort soupçonner moi-même,
Lors que je suis un moine honnête, Dieu m'en est témoin.
Côté assiette, je ne suis pas à faire Carême,

Certes, mais pas au point de manger le blé en herbe ;
Chaque chose en son temps, je fais devise du proverbe. »
Cela dit, frère Eugène laisse là son marmiton

Et s'avise de la question. Passant près des caves,
Son nez en alerte hume un fumet des plus suaves ;
Il y descend et prend sur le fait le glouton.

Armand Amar - Premonition

Porteur de quatre cornes

Image de l’auteur

C’est le double taureau, qui jamais ne se trompe ;
Il a son tribunal en un sombre tripot
Dont les tapisseries ne sont que vieux drapeaux,
Où la bière est servie à grand renfort de pompes.

Les dons d’admirateurs jamais ne le corrompent,
Soit qu’ils viennent d’un barde aux tristes oripeaux
Ou d’un puissant évêque à l’étrange chapeau ;
Avec le juste droit, nul risque qu’il ne rompe.

Ne lui offre donc pas, dans sa cage, un beau merle,
Ni d’épingle à cravate adornée d’une perle,
Ni le pyrénéen et savoureux jambon.

À la rigueur, s’il vient honorer ta masure
Vers l’heure du berger, sers-lui avec mesure,
Sur une table basse, un verre de bourbon.

Cochonfucius

Trois taureaux justiciers

Image de l’auteur

Le taureau de pourpre s’enflamme
Dans le plus redoutable feu,
Cela lui importe assez peu :
Il n’a pas bien chaud, quand il crame.

Le taureau d’argent aux yeux clairs,
Règne sur la terre embrumée ;
Il a trois vaches bien-aimées
Qu’il honore, été comme hiver.

Mais le taureau d’or, sous son charme
Tient le ciel en toutes saisons ;
Il ne permet ni trahison,
Ni les combats, même sans armes.

Cochonfucius

Voie Océane, chemin de Lumière


Tangerine Dream - Quinoa

Voie Océane, chemin de Lumière, chevauche les ondes ;
Voguons de concert vers l'éternelle Aube du monde ;
Coeurs de chair en vaisseau de bois, voilure d'espoir ;
Caresse marine, brise câline, toute une mer à boire.

Ailleurs est là où l'on est en sa pleine conscience ;
Mille et mille Soleils d'or répandent leur radiance ;
Corne d'Abondance en cette Profusion de Douceur ;
C'est en la Voie Océane que s'épouse l'Âme Sœur.

Vents arrières, toutes voiles dehors, la proue est sourire ;
C'est en cet Illimité que le Ciel se mire ;
Qu'importe les vagues, elles ont leur creux et leur sommet.

Seul compte l'appel du Large qui se découvre encore ;
Un monde nouveau se fécond en chaque météore ;
Il est une Source où la soif s'étanche à jamais.


Cochonfucius - Poésie héraldique - Recueil 2


L'indexation des dernières compositions héraldiques de notre ami Cochonfucius m'offre l'occasion de saluer, enfin, son heureux retour. À la floraison généreuse du printemps s'ajoute celle de sa poésie qui nous manquait à tous. Le lecteur sensible et attentif aura noté la singularité de ces nouvelles compositions réunies en un second recueil. Avec un si bel équipage, vogue la nef Héraldie vers le Grand Large !


Chevalier-charcutier
Drac d'azur 
Hyménoptère 
Veilleur de nuit 
Tétracéros de sinople 
Maître des serpents 
Ambigrue 
Octopode en octobre 
Arvers (le feuilleton) 
Ambidromadaire 
Loi de l'oie 
Saint Patron-des-Pompiers 
Autre réponse aux vers d'Arvers 
Cheval tétracéphale 
Eglise des Trolls 
Porte-drapeau 
Ambirédacteur 
Hexacoq 
Moine-Porc 
Ours bipolaire 
Cuisiner en musique 
Planète des monotrèmes 
Chasseur d'insectes 
Monstrecoq 
Arbre sauvage 
Cracheur de flammes 
Monstrechat 
Nouvelle exoplanète 
Ambisirène 
Le Chevalier au Lion 
Deux fiers hippocampes 
Jean de La Ceppède et Cochonfucius en voyage 
Jean de La Ceppède et Cochonfucius: dialogue 3.
Jean de La Ceppède et Cochonfucius: dialogue 2. 
Jean de La Ceppède et Cochonfucius: dialogue 1. 
Singe de sinople 
Ambiphénix 
Trois danseuses 
Joli petit canard 
Saison des vendanges
Deux petits dragons verts
Gertrud Kolmar und Cochonfucius
Rimbaud à Ronceveauxl
Amborignal
Oiseaux querelleurs
Janus-Pie
Cour du dragon
Chevalier sans tête
Ambicoyote
Ambiméduse
Alcool de fruits
Le secret de Polichinelle de la licorne
Ambilicorne
Dragon d'Egypte
Fier céphalopode
Nef de bel azur
Arbre à démons
Lyre à chevrons
Vigne des anges 
Quadrivénusiens 
Tétralicorne
Tétragastéropode
Jumarts
Dispersion
Ambibonhomme









Petit oiseau rouge 
Autoportrait Liliana Negoi and  C.)
Planète des basilics 
Tripode bicéphale  
Deux saintes vaches
Trois sourires
 Un oiseau lacanien
Ambiphants cosmopolites 
 Adoption de Romulus et Rémus
 Terre du roi de sable
La papesse Jeanne 
 Pierre Cauchon
Trois nefs bizarres 
Cavalier aéroporté
Planète des danseurs bicéphales 
 Petite vestale
 Soleil vert
Nef des macaques 
Impératrice des salamandres 
Coq de jour et Coq de nuit 
L'oie de cause à effet 
 Diable-veau vert
 Lit
 Avec Francis Jammes
Lao-Tseu transmet la voie au douanier
 Vieux guide
Maître et papillon
 Lions océaniques
Nef de l'ange étrange 
Maîtresse des hérissons 
Deux grands sorciers 
La planète des rois 
Charlie-Schlingo 1955-2005 
Anachorète 
Aigles d'or et de sablel 
Echanson 
Planètes des tétracéphales 
 Fantôme d'Alésia
Hexapodologie nébuleuse 
Acrobate du temps jadis 
Seigneur des Trolls 
Empire aboli 
Aigle-lion 
Trollville 
Blasonner 
Sainte-Vache
Ambiphants