jeudi 2 février 2017

La complexité du rire (2): le ridicule





Le véritable ridicule est celui qui
Se moque de l'humanité en oubliant
Qu'il en fait partie. La différence entre lui
Et les autres est pour lui une énigme tant

Qu'il regarde les autres en spectateur et il
Croit alors que, venant d'une autre planète, il
Serait tombé en terre étrangère alors que
Le monde est bien le chez-soi des hommes. Le

Ridicule veut être autre que ce qu'il est
Et tant qu'il y a assez de naïfs pour croire
A son jeu, ce système fonctionne mais

Dès qu'un vrai regard se pose sur lui, son
Elan se brise, il ne peut plus paraître ce
Qu'il n'est pas, sa fausse supériorité fond.

Pierrette

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D'or  au chef cousu de sable, au lion rampant armé de gueules et au soleil à 12 rais de l'un à l'autre

3 commentaires:

  1. Face à de faux absolus, un rire libérateur !

    S’il est vain de chercher dans la Bible le prétexte à des fous rires, à une explosion dionysiaque ou carnavalesque, on y trouve néanmoins, note B. SARRAZIN, « un rire de la moquerie et de la polémique, iconoclaste, rire militant d’un petit peuple qui détruit par le ridicule idoles et empires. » [2]

    Ce rire est d’abord attribué à Dieu lui-même, qui se moque plaisamment aussi bien des puissants révoltés contre Lui (Ps 2/4 ; Ps 59/9) que des monstres qui hantent l’imaginaire collectif, tel Léviathan (Ps 104/26). Le soleil et la lune, adorés comme des divinités par les peuples voisins d’Israël, deviennent de vulgaires lampions accrochés au firmament par le Créateur (Gn 1/14-19).

    Cette ironie, le psalmiste et les prophètes la feront leur pour mieux ridiculiser les idoles (Ps 135/16-18). Ainsi Elie jette un défi aux 450 prophètes de Baal puis se moque de leurs invocations rituelles : « Criez plus fort, car c’est un dieu ; il a des soucis ou des affaires, ou bien il est en voyage ; peut-être il dort et il se réveillera ! » (1 R 18/27).

    Des épisodes plutôt cocasses...

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  2. ( Suite ) Le rire de Sarah

    Mais on manquerait peut-être l’essentiel à ne voir dans l’Ancien Testament que cette ironie militante et mordante qui se moque des autres (dieux) pour mieux afficher sa différence.

    Comme l’écrit encore B. SARRAZIN, « le rire biblique a une autre envergure : dès les origines il sanctionne la conflagration du profane et du sacré dans la conception biblique ; si la centenaire Sarah éclate de rire (Gn 18/12) quand Dieu annonce qu’elle va enfanter Isaac - qui veut dire : Dieu rit -, c’est qu’elle a le sens de l’absurde. Il y a quelque-chose de farcesque dans la Bible... » [3]

    L’écart entre la pauvre réalité humaine et l’incroyable promesse divine provoque le rire... parfois celui de l’incrédulité (la première réaction de Sarah en Gn 18/12-15), mais parfois aussi celui d’un trop-plein de joie et d’action de grâce : ainsi est interprété le rire d’Abraham (Gn 17/17), celui de Sarah en Gn 21/6, et, plus tard, l’exultation joyeuse d’Anne (1 Sm 2) puis de Marie dans le célèbre Magnificat (Lc 1/46-55). « Il a fait descendre les grands de leur trône et monter les petits... » Le rire naît alors de l’écart entre un vrai Dieu qui apparemment n’est rien et des principautés qui se croient tout, entre la folie de Dieu et la prétendue sagesse du monde (1 Co 1/18-29).

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  3. Fin:

    Pas franchement la langue de bois !

    Une première surprise attend le lecteur peu familier des évangiles : Jésus n’est pas le personnage confit en dévotions, poli et bien élevé que l’idéologie du « religieusement correct » lui a présenté ! Au Pharisien qui l’a invité à déjeuner, Jésus ne se gêne pas pour dire son fait (Lc 11/37-46). D’une manière générale, il ne s’embarrasse d’ailleurs pas de précautions oratoires et n’y va pas par quatre chemins lorsqu’il est en présence de Pharisiens ou de docteurs de la Loi : « Guides aveugles, vous arrêtez au filtre le moucheron et avalez le chameau ! » (Mt 23/24). Au lieu de proposer vos services pour ôter la paille qui est dans l’œil de votre voisin, commencez donc par enlever la poutre qui est dans le vôtre ! (Lc 6/41-42). D’ailleurs, la pureté alimentaire dont vous vous targuez, c’est de la m... [censuré] (Mt 15/10-20).

    On comprend les réactions de son auditoire : « Sais-tu qu’en entendant cette parole, les Pharisiens ont été scandalisés ? » (Mt 15/12) ou encore : « En parlant ainsi, c’est nous que tu insultes ! » (Lc 11/45).

    Des quiproquos à la pelle !

    On les trouve chez Jean qui construit la plupart des dialogues de Jésus sur un quiproquo initial, ses auditeurs prenant au sens propre tout ce que Jésus dit en un sens figuré : Nicodème (Jn 3/3-4), la femme de Samarie (Jn 4/10-15), les Juifs (Jn 6/34-35 ; Jn 6/41-42 ; Jn 6/52 ; Jn 8/22), etc...

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